Le juste « prix » de la « terre promise » : Réflexion autour de la circoncision

3072009

« N’est-il pas étrange de nous voir défendre plus farouchement nos erreurs que nos valeurs ? »

Gibran Khalil Gibran – Le sable et l’écume

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Par Mohamed LOUIZI

Au commencement était la liberté …

Certains choix difficiles que l’on opère, à des moments précis de notre vie, impliquent tout naturellement, directement ou indirectement, l’avènement en avalanche d’autres choix coûteux, capitaux et déterminants pour notre devenir.   

Depuis quelques années maintenant, le choix du questionnement systématique, permanent et inaltérable, m’accompagne. Je m’en félicite par ailleurs pour cette chance qui m’est offerte à un moment précis de mon existence, lorsque que bien d’autres, une majorité sans doute, refusent de prendre ce risque et préfèrent se soumettre volontairement à des réponses toutes faites, consomment des fatwas à la demande et se passionnent, naïvement, devant un prêt-à-pratiquer pseudo-religieux infantilisant.

Ce choix de vie, en dehors des effets secondaires indésirables  qu’il a pu engendrer depuis, m’a permis, malgré tout, de reconquérir cette liberté de pensée concédée au fil des années précédentes, et d’être simplement moi-même, face à l’absurdité de certains dires et à l’intolérance de certains actes.    

La vie ainsi menée se refuse alors à la routine et à la désespérance. Pas un jour ne se lève sans son lot d’interrogations restées sans réponses. L’espace de l’Inconnu s’accroît sans fin, et certaines affirmations, religieuses particulièrement, qui paraissaient hier vraies et immuables, se montrent aujourd’hui, sous les projecteurs d’un raisonnement critique assumé, moins évidentes.

Combien de questions refusons-nous de nous poser car paraissant douloureuses ? Combien de sujets tabous n’osons-nous pas briser et approcher par manque de courage intellectuel, et par crainte du blâme ou de la réprobation ? Combien de compromis maladroits avons-nous conclu, au mépris de nos convictions les plus intimes, sous l’effet de la peur de ce « Que dira-t-on » communautaire terrifiant ?

Une des questions qui me tourmente l’esprit depuis quelques temps, est cette tradition que l’on insiste à perpétuer à coup de « paires de ciseaux » et de « couteaux » bien aiguisés, assez souvent sans en connaître l’origine et dont le sens religieux exact –  s’il y en a un –  nous échappe complètement : Il s’agit, vous l’avez compris, de la fameuse circoncision !

Circoncision : sixième pilier de l’islam ?

Cette question, qui au départ, me paraissait secondaire et subsidiaire face à d’autres questions, tenues pour prioritaires, remonte aujourd’hui à la surface de mes préoccupations religieuses et intellectuelles. Elle représente à mon sens, et de manière très profonde, l’occasion rêvée me permettant de cerner, relativement, le sens que l’on donne, au sein d’une religion ou d’une communauté de foi ou d’un système de valeurs quelconque, à l’être humain, à son intégrité physique et à sa dignité de manière générale.

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Il était une fois … un inféodé sur le chemin de Damas : histoire de Abou Hourayra (1)

5092008

Par Mohamed LOUIZI

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Introduction :

« Connaissez-vous l’origine du surnom donné au personnage de Abou Hourayra ? » demanda l’un de mes instituteurs quand j’étais encore à l’école primaire. « Et bien, il fut surnommé ainsi parce qu’il prenait soin de sa petite chatte, sa seule richesse qu’il possédait du vivant du prophète. Et c’est bien le prophète Mohammad qui l’a surnommé « Abou Hourayra » ! [ce premier terme « Abou » signifiant père, et « Hourayra » : petite chatte, en arabe « Abou Hourayra » signifie donc « père/ propriétaire de la petite chatte »], nous a-t-il expliqué il y a environ 18 ans !

Abou Hourayra est devenu, depuis, le surnom que j’ai le plus souvent entendu durant toute ma scolarité ! Encore mille fois plus que n’importe quelle autre personnalité marquante de l’histoire des religions, de la philosophie, des sciences, de l’art, du génie et même de la bêtise ! Il est aussi le surnom que j’ai entendu et lu des centaines de milliers de fois, sans exagération aucune, que ce soit durant les prêches dans les différentes mosquées, dans les journaux et les revues religieuses, les émissions audiovisuelles et les rassemblements de fête ou de deuil. Lorsque j’ai tâché d’étudier de plus près la biographie du prophète et le contenu de ses supposés Hadiths (ses récits, c’est-à-dire ce que le prophète « a dit »), Abou Hourayra restait l’éternel narrateur-accompagnateur à presque chaque page des recueils de ses Hadiths !

Une telle omniprésence, textuelle, pédagogique et audiovisuelle, laisse à supposer qu’il ait été de la partie depuis le premier jour de la prophétie de Mohammad, qu’il ait accompagné le prophète durant les 23 années de sa mission de façon constante et ininterrompue, qu’il ait été témoin des grands événements qui ont marqué cette période remarquable de l’histoire médiévale, qu’il ait été là, non pas seulement comme témoin oculaire passif ou vague participant mais comme acteur effectif et influant directement sur le cours même des événements, qu’il ait été apprécié et estimé unanimement par les historiens et spécialistes de cette période, au même titre que les 4 califes orthodoxes : Abou Bakr As-Seddik, Omar Ibn Al Khattab, Ottmane Ibn Affane et Ali Ibn Abi Taleb et au même rang que celui des compagnons dévoués supportant le coût fatidique, en termes de sacrifices, comme prix à payer à l’aune de leurs adhésions réfléchies aux enseignements coraniques, c’est-à-dire au même rang que tous ceux qui ont répondu présents en défendant, corps et âme, leurs libertés de conscience, de croyance et d’expression, durant les 13 premières années, dures et pénibles, de la vie du prophète et de sa petite communauté de foi à la Mecque !

À toutes ces premières suppositions que j’ose formuler, il convient d’ajouter un autre élément qui devrait lui aussi pouvoir nous instruire sans faute : il s’agit de la quantité astronomique de ces récits – présentés comme paroles prophétiques authentiques ou assimilées ainsi – que Abou Hourayra a pu diffuser après sa conversion qui, nous le verrons, intervint à un stade relativement tardif.

L’historien égyptien des Hadiths, le cheikh Mahmoud Abou Rayyah(1), a comparé le nombre de Hadiths rapportés par Abou Hourayra avec la quantité, relativement négligeable, de récits rapportés par d’autres personnalités, très proches du prophète de son vivant et pourtant plus influentes que Abou Hourayra à cette époque. Dans ses deux livres Lumières sur la tradition mohammadienne (édité en arabe pour la sixième fois en 1957) et Abou Hourayra, cheikh de la Madirah (édité aussi en arabe pour la quatrième fois en 1993), l’historien s’est mis à éclairer les nombreuses zones d’ombre de la vie de ce personnage et à analyser en profondeur ses récits. L’une des conclusions communes qui émerge de la lecture de ces deux ouvrages est qu’entre les milliers de Hadiths rapportés par Abou Hourayra d’un coté, et les quelques dizaines de Hadiths rapportés par d’autres personnalités emblématiques de l’autre , une évidence semble s’esquisser : y’a plus photo !  

En effet, Abou Bakr As-Seddik, deuxième homme à avoir reconnu la prophétie de Mohammad, devenu son compagnon intime durant toute sa mission puis premier calife après sa mort, n’a pu rapporter que 124 Hadiths dont 104 cités dans L’histoire des Califes de As-Sayyouti et seulement 24 Hadiths dans le recueil de Al Boukhari !(2)

Omar Ibn Al Khattab, après avoir rejoint les rangs des croyants six ans après l’annonce de la prophétie, devenu compagnon influent et très actif puis deuxième calife après la mort de Mohammad, n’a pu rapporter, lui non plus, que 50 Hadiths selon Ibn Hazm(3) sans même parler de son hostilité confirmée à l’égard de l’écriture des Hadiths. Car n’a-t-il pas usé de la violence physique, pendant son califat, pour empêcher des gens comme Abou Hourayra de publier des récits immortalisant les mensonges sur les comptes de Dieu et de son prophète ? (4)

Ottmane Ibn Affane, un des premiers à répondre à l’appel prophétique, deux fois gendre de Mohammad et troisième calife après sa mort, n’a pu rapporter, quant à lui, que 9 Hadiths compilés dans le recueil de Al-Boukhari et seulement 5 Hadiths dans celui de Mouslim!(5)

Ali Ibn Abi Taleb, cousin et gendre du prophète, premier mecquois témoignant de la foi en l’Unique et quatrième calife orthodoxe, estimé par ses talents littéraires et par ses connaissances étendues, n’a pu rapporter, lui, que 58 Hadiths selon As-Sayyouti, 50 selon Ibn Hazm et dont seulement quelques 20 Hadiths figurent dans le recueil de Al Boukhari ! (6)

Az-Zoubeir Ibn Al Awam, cousin du prophète et un des sept premiers à embrasser l’islam, n’a pu rapporter que 9 Hadiths retranscrits dans le recueil de Al-Boukhari et 1 seul – pas plus ! – récit dans celui de Mouslim ! (7) 

Abderrahmane Ibn Aouf, cousin de Mohammad, un des tous premiers, lui aussi, à reconnaître sa prophétie et une des personnalités providentielles et très influentes avant et après sa mort, n’a pu rapporter, lui, que 9 Hadiths cités dans le recueil de Al-Boukhari ! (8)

D’autres compagnons n’ont rapporté aucun Hadith, malgré la longue période qu’ils ont passé aux côtés du prophète. Et ils se comportaient d’ailleurs très majoritairement de la sorte !

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Par comparaison, selon les recherches de Mahmoud Abou Rayyah, Abou Hourayra a 5374 Hadiths à son actif, dont 446 sont considérés authentiques par Al Boukhari ! (9) « Y’a donc vraiment plus photo ! » comme dirait Mahmoud Abou Rayyah ! Quant aux travaux de l’universitaire marocain Mustapha Bouhandi(10), résumés dans son livre Aktara Abou Hourayra et édité en arabe en 2002, ils remettent en question les récits de Abou Hourayra tant sur le plan quantitatif que sur le plan conceptuel et dogmatique ! Le chercheur dénombre plutôt 8740 Hadiths rapportés par celui-ci sur un total de 62169 récits compilés dans les neufs recueils reconnus comme références sacrées chez les sunnites. Ce qui représente tout de même plus de 12% du volume total des Hadiths retranscrits. Soit 26,25% du volume total des Hadiths dans le recueil de Al-Boukharai et, excusez du peu (!), tout de même 68,5% dans celui de Mouslim (!), comme le représentent les 3 graphiques suivants :

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Comment expliquer de telles disproportions à la lumière des données historiques ?

A travers l’histoire, Abou Hourayra a pu focaliser sur lui et sur l’ensemble de ses récits les contestations et les soupçons de plusieurs personnalités emblématiques, que ce soit de la part de ses compagnons (As-Sahabah), de leurs successeurs (At-Tabi’ines) ou même de la part des oulémas et de nos universitaires contemporains !

En effet, ces mises en garde ne nous parviennent pas seulement des chiites, bien que ces derniers le rejettent (pour des raisons politiques initiales devenues ensuite doctrinales), pour son acceptation/reconnaissance de la légitimité politico-religieuse des Omeyyades – en se mettant au service cupide de son leader Mouawiyah et en se refusant, par là même, par purs intérêts personnels, à soutenir la cause du pauvre Ali Ibn Abi Taleb ! Il semble bien que l’ambition rende aveugle !

Mais d’abord, qui est cette personne ? Comment se fait-il qu’il ait pu soulever un tel tollé historique ? Quelles relations entretenait-il avec Mohammad et avec son entourage ? Combien de temps a-t-il passé à proximité du prophète ? Quels étaient ses qualités et ses défauts visibles et nuisibles ? Quels rôles jouait-il au sein de la cité médinoise ? Quelles fonctions remplissait-il du vivant et après la mort de Mohammad ? Que lui a-t-on reproché depuis ? Comment expliquer son omniprésence écrasante dans les recueils des Hadiths ? Quels étaient ses sources d’information et ses réseaux de diffusion ? Pourquoi s’intéresse-t-on autant désormais à ce personnage et à ses récits ? Quels impacts, positifs ou négatifs, ont ses récits sur la compréhension du message coranique et sur l’image du prophète, 14 siècles après sa mort ?

En voilà des questions « qu’elles sont bonnes » et auxquelles je vais tenter de répondre, afin de permettre à tout lecteur francophone de découvrir la biographie d’un personnage qui, bien qu’il ne soit pas une figure nationale gauloise, s’impose néanmoins comme légende indispensable à la compréhension de ce que l’on nomme communément la religion musulmane – avec la pratique cultuelles, l’intégration de ses fidèles dans les sphères culturelles, sociales et juridiques de la société post-moderne… Plus encore, la référence aux récits théologiques de ce personnage est de rigueur quant à la formulation des revendications des protagonistes de l’islam de la représentativité – l’autre variante de l’islam politique !

Cette étude propose donc une approche critique de la biographie controversée de Abou Hourayra pour différencier les traits fondamentaux  de sa personnalité, de son passé antéislamique, de sa conversion, de son statut social et religieux au sein de la communauté de l’époque, de ses penchants idéologiques et politiques…

A la fin de cette série d’articles, une bibliographie présentera succinctement une liste non exhaustive de la littérature parue autour de ce personnage et qui reste relativement méconnue du grand public, même au sein de ladite communauté musulmane et cela pour 2 raisons essentielles : la sempiternelle censure d’un côté et la sempiternelle autocensure de l’autre côté !

En présentant une synthèse de l’ensemble des critiques historiques et contemporaines portées sur  Abou Hourayra et ses Hadiths, je ne vise surtout pas à dénigrer ce personnage ou à amplifier injustement ses défauts en profitant de sa disparition physique depuis 14 siècles -même si sa défense reste assurée par toutes ses « armées » d’héritiers, mais je compte remplir essentiellement un contrat à 3 clauses et 4 verbes à l’infinitif : Informer, inviter et faire rêver !

Informer d’abord le lectorat francophone des éléments historiques méconnus dudit héritage islamique qui sont désormais, idéologiquement amputés et théologiquement cachés sous haute surveillance et à grand renfort médiatico-juridico-politique. En conséquence, ce lectorat ne voit et ne lit, en vérité, qu’une image/littérature religieuse tronquée et biaisée de ce que l’on a permis de traduire, de produire et même de commercialiser. Il est ainsi réduit à se contenter, vu la barrière linguistique, de ce que l’on trouve habituellement dans les librairies « Halal » et dans les centres culturels islamiques ! Tel que : « Les 99 noms de Dieu » ; « Recueils des Hadiths » ; « Supplices de la tombe » ; « Comment faire la prière ? » ; « Signes de la fin des temps » ; « Iblîs fait-il partie des anges ? » ; « Dialogue avec un djinn musulman » ; « Ruses de Satan » ; « Mariage en Islam » ; « Horreurs de Géhenne » ; « Curation par la graine noir » ; « Dormir selon la tradition prophétique » ; « Sanction de l’apostasie » ; « voile islamique » ;… etc. Une littérature qui inonde le marché du livre dit islamique, au voisinage des rares essais critiques visant une élite universitaire bien particulière et en déphasage total avec la réalité des mosquées de proximité.  

Inviter ensuite, les consciences libres à procéder, par elles-mêmes, à une analyse critique et approfondie de l’ensemble des textes religieux – Hadiths entre autres – surtout ceux qui entretiennent la servitude ; qui justifient l’absolutisme et le totalitarisme et qui appellent à la haine, à la misogynie, aux discriminations, au racisme, à la violence, à la guerre, à la stupidité et à la subordination intellectuelle, à l’esclavage volontaire de tous nos cerveaux humains !(11)  

Faire rêver du jour où l’Humain, quels que soient son sexe, sa race, sa condition sociale, son âge, sa religion,… sera considéré, protégé, soutenu et surtout libéré de l’emprise de toute servitude au politique justifiée par le religieux – mollah et texte – et aussi de toute subordination au théologique protégée par le politique !

J’espère de tout mon cœur que cette étude pourra relancer les débats intra- et extra- communautaires sur les sujets occultés en partie par les héritiers/disciples inconditionnels de Abou Hourayra et par les institutions de l’islam officiel qui, au nom de cet héritage controversé et problématique, s’accaparent le droit – divin (12) paraît-il – en orchestrant la mise en musique idéologique d’une parole au nom de Dieu, en empêchant, par tous les moyens, toute autre personne de penser à haute voix, de penser à Dieu sans ses présumés saints !

Enfin, je remercie chaleureusement Abdelaziz  LAHOUAICHRI, Benjamin Yamine WEIL, Frank PETER, Joël MOUYSSET, Marie-Paule HEBLE, Mohamed Raouf RAHMANIA, Sami Awad ALDEEB ABU-SAHLIEH, Youssef BELGHEYATIYAH et aussi toutes les autres personnes qui ont relu, corrigé et suggéré d’utiles modifications afin d’assurer à cette étude fluidité, clarté et précision. En invitant ainsi le lecteur à se livrer par lui-même à la découverte d’un « continent » religieux ancestral et méconnu, face auquel l’intelligence collective semble être entrée – par la violence de l’histoire et du monde des hommes et par la volonté acharnée d’une caste de bien-pensants – en hibernation profonde et inquiétante pour notre futur immédiat.

Notes :

1- Cheikh Mahmoud Abou Rayyah ; égyptien ; né le 15/12/1889 et décédé le 11/12/1970 ; historien et spécialiste de l’histoire de l’écriture des Hadiths ; a publié, dans un climat très hostile, plusieurs ouvrages en arabe : Adwa’a Ala As-Sunna Al-Mohammadiah, Abou Hourayra cheikh Al MadirahSayhate Jamal Al-Dîne Al-AfghaniRassa’îl Ar-Rafi’î,  Histoire des Hadiths… (en arabe)

2- Mahmoud Abou Rayyah, Abou Hourayra cheikh Al Madirah, Al-Alamy Library, Beyrouth, 1994, p. 139 (en arabe)

3- Ibid., p. 140

4- Plus de détails dans le chapitre 7.

5- Mahmoud Abou Rayyah, op.cit., p.141

6- Ibid., p.140

7- Ibid., p.141

8- Ibid., p.141

9- Ibid., p.139

10-Mustapha Bouhandi ; universitaire marocain ; professeur de l’exégèse et des religions comparées à la faculté Ben Msik – Université Hassan II à Casablanca (Maroc), directeur de l’UFR « Avenir des religions et des doctrines religieuses » dans la même faculté ; auteur de plusieurs ouvrages en arabe : Aktara Abou Hourayra, Nahnou wa Al Coran, At-Ta’atire Al Massihi fi tafssir Al Coran,…

11-D’autres études et articles analysant certains de ces Hadiths viendront compléter et enrichir cette étude. A suivre sur ce blog très prochainement.

12- Le droit divin concerne la justification d’un pouvoir non démocratique par le choix de Dieu. Ce choix est souvent exprimé par l’affirmation d’une généalogie, d’une race choisie,…




Désacraliser les « sacrés livres »

17062008

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Par: Sami Awad ALDEEB ABU-SAHLIEH

Le problème avec l’évolution des normes et de la société provient de la conception qu’on a de la loi.

Il existe trois conceptions de la loi:

1) La conception démocratique de la loi: la loi est faite par le peuple pour le peuple. C’est la conception qui prévaut aujourd’hui chez les chrétiens. Elle provient du fait que Jésus n’était pas un législateur et n’a occupé aucune fonction étatique

2) La conception dictatoriale: un dictateur dicte une loi et l’impose, coupant la tête aux opposants. C’est le cas des lois de Staline.

3) La conception révélée de la loi: un « prophète » prétend recevoir une loi et l’impose, coupant la tête aux opposants. C’est la conception qui prévaut chez les juifs et chez les musulmans. Deux citations suffisent:

On lit dans la Bible:

« Tout ce que je vous ordonne, vous le garderez et le pratiquerez, sans y ajouter ni en retrancher » (Dt 13:1).

« Les choses révélées sont à nous et à nos fils pour toujours, afin que nous mettions en pratique toutes les paroles de cette loi » (Dt 29:28).

« C’est une loi perpétuelle pour vos descendants, où que vous habitiez » (Lv 23:14).

Invoquant ces versets, Maïmonide, le plus grand théologien et philosophe juif décédé au Caire en 1204, écrit: « C’est une notion clairement explicitée dans la loi que cette dernière reste d’obligation éternelle et dans les siècles des siècles, sans être sujette à subir aucune variation, retranchement, ni complément ». Celui qui prétendrait le contraire devrait être, selon Maïmonide, « mis à mort par strangulation ». Ce châtiment est prévu aussi à l’encontre de celui qui « abolit l’un quelconque des commandements que nous avons reçus par tradition orale », comme à l’encontre de celui qui en donne une interprétation différente de l’interprétation traditionnelle, même s’il produit un signe affirmant qu’il est un prophète envoyé par Dieu.

On lit dans le Coran:

« Ceux qui ne jugent pas d’après ce qu’Allah a fait descendre sont des mécréants, […] des injustes, [...] des pervers » (Coran 5:44, 45, 47).

« Il n’appartient pas à un croyant ou à une croyante, une fois qu’Allah et Son messager ont décidé d’une chose d’avoir encore le choix dans leur façon d’agir. Quiconque désobéit à Allah et à Son messager, s’est égaré certes, d’un égarement évident » (Coran 33:36).

« La seule parole des croyants, quand on les appelle vers Allah et Son messager, pour que celui-ci juge parmi eux, est: « Nous avons entendu et nous avons obéi » (Coran 24:51).

Le cheikh Al-Sha’rawi, personnalité religieuse et politique égyptienne, mort au Caire en 1998, professe pratiquement la même conception de la loi que son compatriote juif Maïmonide. Il explique que la révélation est venue trancher les questions sujettes à divergence, libérant ainsi l’homme de la peine de les résoudre par la discussion ou par des expériences répétitives épuisantes. Le musulman n’a pas à chercher en dehors de l’islam des solutions à ses problèmes, puisque l’islam offre des solutions éternelles et bonnes dans l’absolu. Il ajoute:

« Si j’étais le responsable de ce pays ou la personne chargée d’appliquer la loi de Dieu, je donnerais un délai d’une année à celui qui rejette l’islam, lui accordant le droit de dire qu’il n’est plus musulman. Alors je le dispenserais de l’application du droit musulman en le condamnant à mort en tant qu’apostat ».

J’estime que les pays arabes et musulmans ainsi qu’Israël ne connaîtront la démocratie que lorsqu’ils sépareront la religion de la loi, afin de remettre le pouvoir au peuple. Il faut à cet égard mettre l’Ancien Testament et le Coran au musée des vieilleries de l’histoire.

Et que faire avec le Nouveau Testament? Pour moi c’est un ouvrage comme tout autre ouvrage. Son avantage par rapport aux autres « sacrés livres » est qu’il n’est pas juridique et ne comporte qu’un nombre très limité de normes, comparé à l’Ancien Testament et au Coran.

Pour sortir du problème posé par l’Ancien Testament et le Coran, il faut commencer par les désacraliser, en les considérant comme des oeuvres humaines. Pour cela il faut redéfinir la révélation. Celle-ci n’est pas la parole de Dieu à l’homme, mais une parole de l’homme sur Dieu, avec tout ce que cette parole humaine comporte comme imperfections et faiblesses.

Source :

http://www.sami-aldeeb.com/articles/view.php?id=279




Information

22052008

 

 

 

Le Coran

Texte arabe et traduction française par ordre chronologique selon l’Azhar avec renvoi aux variantes, aux abrogations et aux écrits juifs et chrétiens

 

par Sami Awad ALDEEB ABU-SAHLIEH, est désormais en vente sur Amazon.fr

 

Pour le commander cliquer sur l’image suivante:

 

 

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Bonne lecture !




Traduction française du Coran chronologique par Sami Aldeeb

9052008

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Le Coran revisité – Patricia Briel

25042008

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Une nouvelle édition du Coran paraît ces jours en français et en arabe aux éditions de L’Aire à Vevey. Elle est l’œuvre de Sami Awad Aldeeb Abu-Sahlieh, un Arabe chrétien naturalisé suisse, juriste spécialisé dans le droit musulman (lire ci-dessous). Elle fera certainement date. Car son approche et son appareil critique offrent la possibilité de remettre en question plusieurs tabous qui figent la lecture et l’interprétation du Coran, mais aussi d’ouvrir de nouvelles perspectives exégétiques. Nul doute qu’elle créera aussi le débat, bien que l’intention de son auteur ne soit aucunement polémique.

Cependant, la «grande rigueur scientifique» de ce Coran est d’emblée saluée dans un avant-propos signé par Rachid Benzine, chercheur musulman associé à l’Observatoire du religieux d’Aix-en-Provence et auteur de plusieurs ouvrages, et Christian Delorme, prêtre catholique du diocèse de Lyon respecté des musulmans et très engagé depuis une trentaine d’années dans le dialogue islamo-chrétien. «Sami Aldeeb a accompagné sa traduction de très nombreuses notes qui prennent en compte les plus récentes recherches historiques et linguistiques, écrivent-ils. Il s’agit donc d’un travail de type critique, mais cette approche n’en est pas moins fort respectueuse de tout ce que représente ce texte pour les musulmans.»

«Faciliter la lecture»

Le Coran de Sami Aldeeb se distingue à plusieurs égards. Mais sa singularité tient essentiellement au fait qu’il présente les chapitres du Coran dans l’ordre chronologique de la révélation faite à Mahomet. Comme l’écrit le juriste dans sa présentation, «l’ordre actuel du Coran pose un problème de compréhension. On peut dire que nous lisons aujourd’hui le Coran presque à l’envers puisque les premiers chapitres, les plus longs, sont d’une façon générale formés de révélations parvenues à Mahomet vers la fin de sa vie. L’ordre chronologique du Coran est important pour les historiens qui veulent comprendre les étapes de la révélation. Mais il l’est aussi pour les juristes. En effet, le Coran comporte des normes juridiques qui ont évolué, certaines en ayant abrogé d’autres. Afin de déterminer les passages abrogés et ceux qui les abrogent, il faut savoir lesquels ont précédé les autres.»

Sami Aldeeb n’est pas le premier à proposer le Coran dans une version chronologique. L’orientaliste Régis Blachère avait publié en 1949-1950 une édition de ce type, mais selon ses propres critères. Pour couper court à d’éventuelles polémiques, le juriste suisse a préféré suivre une classification chronologique des sourates établie officiellement par l’Université d’al-Azhar au Caire, reconnue comme la plus prestigieuse du monde musulman sunnite. Le Coran d’Aldeeb est donc l’unique à ce jour comportant la version arabe et française par ordre chronologique.

 

«En traduisant le Coran dans l’ordre de la révélation, j’ai voulu faciliter sa lecture, explique l’expert. Cela permet de voir l’évolution de la pensée politique de Mahomet, et de la langue du Coran. Les chapitres de la période mecquoise de Mahomet, au nombre de 86, sont plus courts et plus poétiques que ceux de la période médinoise. Ces derniers, au nombre de 28, ont un caractère législatif et normatif. C’est sans doute une des raisons pour lesquelles ils ont été placés au début du Coran. L’Etat musulman qui prenait forme avait davantage besoin de normes que de poésie.»

L’édition de Sami Aldeeb est aussi la première à indiquer les versets abrogés et les abrogeants. Le droit musulman prévoit en effet l’abrogation de certains versets et prescriptions du Coran sur la base d’indications postérieures. Ainsi, l’usage général veut que les versets révélés tardivement abrogent ceux qui les précèdent. Les islamistes fanatiques se sentent ainsi légitimés à puiser la revendication de leurs crimes dans certains versets de la période médinoise, qui sont parmi les plus violents du Coran. Par exemple, le verset du sabre, qui préconise le meurtre des ennemis, abrogerait selon certains savants entre 124 et 140 versets tolérants, dont le célèbre «pas de contrainte en religion». Mais, souligne Aldeeb, «l’abrogation continue à soulever aujourd’hui de nombreuses controverses, et il n’y a pas d’accord à ce sujet entre les auteurs musulmans». C’est pourquoi le juriste se limite à indiquer les versets qui sont abrogés et ceux qui les abrogent selon ces sources contradictoires, sans porter de jugement. Il précise cependant que, selon certains penseurs, le véritable islam serait contenu dans les sourates révélées avant l’hégire (le départ de Mahomet pour Médine), et donc celles de la période mecquoise de Mahomet.

Autre caractéristique de la version d’Aldeeb: la présentation des variantes du Coran. Elle a le mérite de montrer que le livre saint des musulmans n’est pas un texte monolithique. Les premiers manuscrits du Coran ne contenaient ni voyelles, ni signes permettant de distinguer chaque mot et chaque lettre. Dès les débuts de l’islam, plusieurs lectures sont apparues. Elles ont progressivement été admises comme faisant partie de la révélation, et des savants islamiques les ont recensées. Par exemple, les éditions égyptienne, tunisienne et marocaine du Coran diffèrent entre elles. Plus de 10000 mots du Coran ont actuellement une ou plusieurs variantes. Celles indiquées par Sami Aldeeb touchent plus de la moitié des versets du Coran. Bien entendu, le sens de certains mots ou de certains versets change radicalement d’une version à l’autre. «Aucune édition du Coran en arabe ne mentionne ces variantes, affirme Sami Aldeeb. Même des universitaires ne savent pas qu’elles existent. Elles suscitent le malaise des autorités religieuses. Car même s’il est admis qu’elles font partie de la révélation, elles mettent en cause le dogme selon lequel le Coran est la parole inaltérée de Dieu.»

Faire évoluer l’islam

Enfin, le renvoi aux références juives et chrétiennes du texte questionne un autre tabou qui freine la recherche exégétique, celui de l’inimitabilité du Coran, preuve de son origine divine. Aux yeux des musulmans, les juifs et les chrétiens ont falsifié leurs propres Ecritures, et seul le Coran est l’authentique parole de Dieu. «Dire que le Coran a repris des écrits qui l’ont précédé signifie que Mahomet ne les a pas reçus de Dieu», écrit Sami Aldeeb dans son introduction.

Mais le spécialiste se défend cependant d’avoir voulu contredire le dogme de l’inimitabilité: «A l’instar d’autres traducteurs, j’ai voulu fournir au lecteur intéressé quelques éléments de comparaison. Certains passages du Coran ne s’éclairent qu’à la lecture de la littérature hébraïque et chrétienne, souligne le chercheur. Par exemple, certains mots ont été translittérés directement de l’hébreu à l’arabe. Si on en reste à l’arabe, on ne comprend pas le sens de certains passages.»

La démarche de Sami Aldeeb permet d’aborder le Coran comme un ouvrage contingent, rédigé et constitué par un ou plusieurs scribes. Ces affirmations sont en opposition avec la doctrine musulmane. Mais aujourd’hui, plusieurs intellectuels musulmans, comme le Tunisien Abdelwahab Meddeb, appellent leurs coreligionnaires à considérer le Coran comme l’œuvre d’un prophète inspiré par Dieu, et à replacer les textes fondateurs dans le contexte historique de leur apparition. Ils suggèrent aussi d’abandonner les dogmes du Coran éternel, incréé et inimitable. Ce n’est qu’à cette condition, disent-ils, que l’islam pourra évoluer. La version d’Aldeeb pourrait ainsi représenter une étape importante dans une telle évolution.

«Voile», nouvelle traduction : Le Coran de Sami Aldeeb propose une nouvelle traduction d’un célèbre verset qui intime aux femmes l’ordre de porter un voile: «Dis aux croyantes de baisser leurs regards, de garder leur sexe, de ne faire apparaître de leur ornement que ce qui est apparent et de rabattre leurs voiles sur leurs fentes.» «Fente» est ici un synonyme de «sexe» selon le chercheur. Le terme arabe «juyub» est utilisé dans une variante d’un verset du Coran «dans le sens de la fente du corps de la femme», précise la note qui accompagne la traduction. D’autres traductions du Coran proposent poitrine, échancrures, gorges, seins. «A l’époque du Prophète, les femmes portaient des vêtements flottants qui n’étaient pas fermés devant, explique Sami Aldeeb. En marchant, il arrivait qu’elles découvrent leur sexe. C’est pourquoi il m’a semblé plus vraisemblable que Mahomet ait demandé aux femmes de couvrir leur sexe plutôt que leur poitrine.» (Patricia Briel)

Sami Aldeeb : Chrétien arabe d’origine palestinienne, naturalisé Suisse, Sami Aldeeb a fait ses études universitaires en Suisse. Depuis 1980, il est responsable du droit arabe et musulman à l’Institut suisse de droit comparé à Lausanne. Il enseigne également cette matière aux Facultés de droit d’Aix-en-Provence et de Palerme. Il est aussi l’auteur d’une vingtaine de livres et de près de 200 articles. Sami Aldeeb lit le Coran depuis l’âge de 16 ans. Il précise qu’il publie sa version du livre saint des musulmans à titre privé. La réalisation de cet ouvrage lui a pris cinq ans. (Patricia Briel)

Source :
Le journal suisse « Le Temps » - Vendredi 25 avril 2008

(http://www.letemps.ch/template)




Lausanne: Une version extraordinaire du Coran paraît en Suisse

19042008

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Première mondiale, un Coran chronologique est édité à Vevey

Par Valérie Bory – Lausanne, Vevey, 4 mars 2008 (Apic)

C’est l’œuvre de ma vie, affirme Sami Aldeeb, chrétien d’origine palestinienne et de nationalité suisse. Cet universitaire auteur de nombreux ouvrages et articles, est l’auteur d’un Coran encore jamais réalisé : 600 pages des versets avec leurs variantes, non pas dans l’ordre canonique, mais chronologique de leur révélation, aux Editions de l’Aire, à Vevey.

Avant même sa parution, le 4 mars, le Coran chronologique fait déjà l’objet de centaines de commandes. Son auteur, Sami Aldeeb responsable du droit musulman et arabe à l’Institut suisse de droit comparé, à Lausanne, travaille depuis 5 ans à cette œuvre gigantesque. Mais pourquoi donc le Coran chronologique et avec toutes ses variantes n’avait-il pas été édité avant ? C’est un problème d’accès à l’information, répond Sami Aldeeb. Si vous dites qu il y a des variantes, ou que tel verset est abrogé ou abrogeant, les gens commencent à douter.

Sur 4000 versets, il n’y a pas une page du Coran qui ne comporte plusieurs variantes. Ces variantes existent et sont reconnues par les autorités religieuses, mais cela reste dans le domaine des spécialistes. « Je les ai mises dans les notes pour les chercheurs et pour que les gens se rendent compte que le texte n’est pas un texte monolithique. Et cela n’a jamais été fait, dans aucune langue« .

Cela donne-t-il une approche différente du Coran tel qu on le connaît ? a demandé l’Apic à Sami Aldeeb. « Exactement. Cela change même le sens de certains versets. En ce qui concerne l’ordre chronologique, on ne sait pas avec certitude comment le Coran a été révélé et dans quel ordre exact les versets ont été révélés. Mais on a tenté, a travers plusieurs indices, plusieurs témoignages, de faire des classifications des chapitres du Coran. Les musulmans eux-mêmes ne sont pas d’accord entre eux et les orientalistes non plus, sur le classement des chapitres du Coran. Il existe une classification faite par l’Université islamique Al-Azhar au Caire, le centre islamique le plus important dans le monde sunnite« , précise l’universitaire. « Dans leur édition du Coran, en tête de chapitre, ils précisent que ce chapitre porte tel numéro dans l’ordre chronologique, à l’exception de tel verset, qui appartient à une autre époque« .

Donc on a des versets qui se chevauchent. « Mon but n’est pas de falsifier le Coran« . Sami Aldeeb a donc pris cette classification, acceptée par la plupart des musulmans. Mais comme c’est la première fois que le Coran est publié par ordre chronologique il n’a pas voulu heurter les croyances des musulmans, et a ajouté à la fin de son édition une table des matières en indiquant les chapitres par ordre normal. « Celui qui veut suivre sa foi et lire le Coran selon l’ordre normal peut donc le faire« . Ce qui était très important pour Sami Aldeeb. Afin d’éviter les polémiques. « Mon but n’est pas de falsifier le Coran ou autre, mais de dire aux chercheurs et à ceux qui veulent le lire par ordre chronologique : voilà, vous pouvez le faire, et les croyants qui veulent le lire dans l’ordre normal le peuvent aussi« .

Le livre est accessible au simple musulman. « Avec les notes, on se forme. Même des universitaires musulmans ne savent pas qu’il y a des variantes du Coran. Ce n’est pas enseigné aux étudiants Je l’ai constaté avec des étudiants musulmans qui étudient dans des universités arabes« .

Quel est l’enjeu de cette nouvelle approche du Coran ? « Je laisse le lecteur libre de faire ce qu’il veut. Je lui fournis un instrument de travail. Mais avant tout c’était pour moi, reconnaît le chercheur, qui travaille beaucoup sur le droit musulman et avait besoin d’un instrument de travail. J’ai utilisé les traductions qui existaient. Or elles sont dans l’ordre normal. Et ne sont pas faciles à lire. Lorsque ces gens ont traduit le Coran, ils ne connaissaient pas l’ordinateur ! J’ai utilisé l’ordinateur pour que chaque mot, chaque phrase qui se répète, chaque verset, soit traduit toujours de la même manière, à moins que le contexte ne l’interdise« .

La mise en page optique, faite entièrement par Sami Aldeeb lui-même est en rouge et noir. Les annotations et les appels de note sont en rouge.  » Même si vous ne savez pas l’arabe, des chiffres en rouge vous indiquent que le verset à des variantes ou que tel terme a des variantes. Donc même sans savoir l’arabe, vous vous rendez compte optiquement que le texte, là, pose un problème de compréhension« .

Un grand travail a été réalisé pour faciliter la lecture du texte et indiquer que ce verset appartient à une autre époque. « Tout de suite vous allez passer du noir au rouge et vous dire. Ah, ce verset n’appartient plus au contexte. C’est un verset qui a été révélé 10 ans plus tard peut-être…« 

Une approche qui risque d’être mal reçue chez les musulmans intégristes ? « Disons, si j’avais touché le texte, oui, mais ce n’est pas le cas. J’ai suivi les instructions de musulmans eux-mêmes. Je n’ai fait que suivre des ouvrages qui sont reconnus par les autorités religieuses musulmanes. J’aurais pu faire plus et aller chercher des documents, disons, contestés. J’ai évité cela. Dans certaines traductions du Coran, certains passages sont parfois du pur chinois. J’ai recouru à 20 traductions françaises. Pour comparer. Dans mes notes en bas de pages, je donne plusieurs autres traductions en indiquant qui a traduit. Lorsque cela pose des problèmes de traduction, je donne la mienne. Je n’impose rien. C’est tout à fait neutre« .

Ainsi, bien des années après avoir acheté son premier Coran à Jérusalem à l’âge de 16 ans et l’avoir donné à un musulman faute d’y comprendre quelque chose, et après avoir fait sa thèse au Caire, Sami Aldeeb réalise une quête qui le poursuit depuis longtemps. « Lors de ma thèse, j’avais argumenté avec un intellectuel musulman, qui m’avait expliqué que le problème du Coran c’est qu’il n’est pas classé dans l’ordre chronologique. Et il faut le faire. Il en avait même parlé dans un long article. Aucun musulman ne s’y est attelé. J’ai pensé que peut-être les musulmans avaient peur de le faire. Alors je me suis dit c’est mon devoir. Je suis le seul « mécréant » respectueux des textes ! ». Sur le plan des sciences des religions, ce Coran va devenir un fait historique. Sami Aldeeb, amusé, commente : « Seul un fou pouvait faire cela. Je suis ce fou !« 

Bulletin de commande:

Coran, Texte arabe et traduction française par ordre chronologique selon l’Azhar, de Sami Awad Aldeeb Abu-Sahlieh, Préface par Rachid Benzine et Christian Delorme, 600 pages, Ed. de l’Aire, Vevey.

Pour commander ce livre cliquer sur le lien suivant:

http://www.sami-aldeeb.com/files/article/254/Nouvelle_traduction_du_Coran.pdf




L’abattage rituel et le droit suisse

28052007

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Sami Aldeeb Abu-Sahlieh

Responsable du droit arabe et musulman ISDC

saldeeb@bluewin.ch

www.sami-aldeeb.com

 

 

Remarque

Ce document a été rédigé à l’intention du Sénat belge et présenté aux Commissions des finan­ces et des affaires économiques et sociales lors de la séance du 25 janvier 2006.

Il est basé sur l’article de Sami Aldeeb: Faux débat sur l’abattage rituel en Occident: ignorance des nor­mes juives et musulmans, cas de la Suisse, Revue de droit suisse, 2003, pp. 247-267

(http://isdc.ch/d2wfiles/document/4447/4017/0/abattage%20rituel%20RDS.pdf).

Il est suivi de l’avis de droit sur l’étourdissement des ani­maux avant leur abattage, du 21 décembre 2001, établi par l’Institut suisse de droit comparé à l’inten­tion de la Société vaudoise pour la protection des animaux.

(http://isdc.ch/d2wfiles/document/4446/4017/0/abattage%20rituel%20avis%20de%20droit.pdf)

1. Remarques préliminaires

Pour qu’une viande soit licite (casher pour les juifs, et halal pour les musulmans), elle doit remplir plu­sieurs conditions. Certains animaux sont interdits. Ceux licites, exception faite des poissons, doivent être saignés, d’une manière particulière par une per­sonne appartenant à une religion particulière. Enfin, certaines parties de l’animal ne peuvent pas être consommées. Le débat en Occident se cristallise cependant autour de «l’abattage sans étourdissement préalable». La question qui se pose est la suivante: «Existe-t-il des normes juives ou musulmanes qui interdisent d’étourdir l’animal avant de le saigner, normes à respecter par le législateur au nom de la liberté religieuse?» Avant de répondre à cette ques­tion, nous esquissons le débat en Suisse.[1]

2. Le débat en Suisse

A) Normes suisses

Le 20 août 1893 fut adopté[2] en Suisse l’article consti­tutionnel 25bis qui énonce: «Il est expressé­ment interdit de saigner les animaux de boucherie sans les avoir étourdis préalablement.»

Cet article a été remplacé le 2 décembre 1973 par un nouveau texte qui donne à la Confédération la com­pétence générale de légiférer sur la protection des animaux. L’interdiction de l’abattage sans étourdis­sement préalable a été maintenue, provisoirement, par l’article 12 des dispositions transitoires de la Constitution, qui énonce: «Jusqu’à l’entrée en vigueur de la loi d’application de l’article 25bis, il est expressément interdit de saigner les animaux de boucherie sans les avoir étourdis préalablement; cette disposition s’applique à tout mode d’abattage et à toute espèce de bétail.»

L’interdiction de l’abattage sans étourdissement pré­alable fut maintenue par la loi sur la protection des animaux du 9 mars 1978, exception faite pour la volaille. Elle fut réaffirmée par l’ordonnance du 27 mai 1981, ordonnance modifiée le 14 mai 1997.

La Convention européenne sur la protection des animaux d’abattage de 1979, entrée en vigueur pour la Suisse le 4 mai 1994, n’a pas pu interdire l’abat­tage sans étourdissement préalable et a laissé à cha­que Etat contractant le droit de déroger à cette inter­diction.

B) Débat de fond en Suisse

Dans son message [travaux préparatoires] de 1972 relatif à la modification de l’article 25bis, le Conseil fédéral explique les divergences apparues lors des débats concernant l’abattage sans étourdissement pré­alable:

Les organisations protectrices des animaux et, avec elles, de larges milieux de la population exigent l’interdiction de saigner les animaux de toutes espè­ces sans qu’ils aient été préalablement étourdis. On veut ainsi épargner aux animaux, dont l’abattage est nécessaire à l’alimentation de la population, des souffrances pour le moins inutiles. En revanche, les prescriptions de la religion juive (d’ailleurs aussi celles de la religion islamique) interdisent d’étourdir les animaux avant la saignée, qui s’opère par inci­sion des parties molles du cou de l’animal (égorge­ment). Dans les milieux qui s’occupent de la pro­tection des animaux, cette manière d’abattre a de tout temps été ressentie comme particulièrement cruelle.[3]

Répondant à l’argument de la liberté religieuse, le Message fédéral de 1977 concernant la loi sur la pro­tection des animaux du 9 mars 1978, précise:

Nous convenons que cette interdiction comporte une certaine restriction à la liberté de croyance, d’opinion et de culte d’une minorité religieuse. Or, tout droit à la liberté est soumis aux limites impo­sées par la Constitution et la loi et il en va ainsi de la liberté de croyance, d’opinion et de culte [...]. Les débats au Parlement et l’issue du vote populaire concernant l’article constitutionnel sur la protection des animaux ne laissent subsister aucun doute quant au fait que les méthodes pour les abattages rituels utilisées jusqu’à présent constituent, pour le moins aux yeux de larges milieux de la population, une atteinte aux principes régissant la protection des animaux. Elles doivent donc être interdites.[4]

La doctrine en Suisse a soutenu généralement l’idée que l’interdiction de l’abattage sans étourdissement préalable est une atteinte à la liberté religieuse des juifs et des musulmans, dont les normes exigeraient, d’après eux, que l’animal ne soit pas étourdi avant d’être saigné (p. ex.: Favre[5], Kälin[6] et Fleiner[7]). Certains y voient une manifestation d’antisémitisme (p. ex.: Aubert[8] et Krauthammer[9]).

C) Avant-Projet avorté du 21 septembre 2001 et la nouvelle loi de 2005

Le Conseil fédéral a remis en question l’interdiction d’abattre les animaux sans étourdissement préalable dans l’avant-projet de loi sur la protection des ani­maux soumis à la consultation le 21 septembre 2001. L’alinéa 4 de l’article 19 de cet avant-projet dispose:

L’abattage de mammifères sans étourdissement avant la saignée ne peut être effectué qu’avec l’auto­risation de l’autorité compétente et dans des abat­toirs autorisés, titulaires de l’autorisation prescrite à l’article 16 de la loi fédérale du 9 octobre 1992 sur les denrées alimentaires et les objets usuels. Cet abattage est autorisé pour répondre aux besoins des communautés religieuses dont les règles contrai­gnantes prescrivent l’abattage sans étourdissement ou interdisent la consommation de viande issue d’animaux qui ont été étourdis avant la saignée.[10]

Le Rapport explicatif de l’avant-projet précise que l’interdiction de l’abattage sans étourdissement pré­alable

est considérée par certains comme une limitation disproportionnée de la liberté de conscience et de croyance garantie à l’article 15 de la Constitution. Le Conseil fédéral partage ce point de vue. Il estime que l’intérêt public consistant à protéger les ani­maux de boucherie des douleurs et des maux n’est pas suffisant pour maintenir l’interdiction en vigueur en Suisse depuis 1893.[11]

L’avant-projet du Conseil fédéral a suscité une vive opposition, notamment de la part de l’Office vétéri­naire fédéral, de la Société des vétérinaires suisses, de l’Union suisse des maîtres-bouchers et des asso­ciations pour la protection des animaux. Face à ces réactions défavorables, le Conseil fédéral a décidé de modifier son avant-projet, maintenant l’inter­diction de l’abattage avant étourdissement préalable. Dans un communiqué de presse du 13 mars 2002, il dit y avoir renoncé «dans l’intérêt de la paix confes­sionnelle», soulignant le fait que «les résultats de la consultation indiquent qu’une grande majorité des cantons et des organisations consultées refusent cette dérogation».[12] L’article 21 de la loi fédérale sur la protection des animaux adoptée par le Parlement le 16 décembre 2005 dispose désormais:

1) Les mammifères ne peuvent être abattus que s’ils sont étourdis avant d’être saignés.

2) Le Conseil fédéral peut prescrire l’étourdisse­ment pour l’abattage d’autres ani­maux.

3) Le Conseil fédéral spécifie les méthodes d’étour­dissement autorisées.

4) Le Conseil fédéral fixe, après avoir consulté les orga­ni­sations professionnelles, les exigences aux­­quelles doivent satisfaire la formation et la forma­tion continue du personnel des abattoirs.[13]

Le délai référendaire court jusqu’au 20 avril 2006. Le Conseil fédéral fixe l’entrée en vigueur (ensem­ble avec l’ordonnance sur la protection des animaux, probablement pas avant 2007).

D) Remise en question du postulat de base

L’ancienne et la nouvelle position du Conseil fédé­ral, ainsi que la position de la doctrine juridique suisse qui considère l’interdiction de l’abattage sans étourdissement préalable comme contraire à la liberté religieuse ou comme manifestation de racisme, partent du postulat que les normes juives et musulmanes interdisent l’étourdissement des ani­maux avant de les saigner. Mais aucune source n’est avancée à l’appui de ce postulat.

La question qui se pose est donc la suivante: est-il exact que les juifs et les musulmans ont des règles religieuses contraignantes qui prescrivent l’abattage sans étourdissement ou interdisent la consommation de viande issue d’animaux qui ont été étourdis avant la saignée? Cette question a été posée à l’Institut suisse de droit comparé par l’Office vétérinaire fédé­ral ainsi que par la Société vaudoise pour la protec­tion des animaux. Après un examen des sources juives et musulmanes, l’Institut a répondu par la négative dans ses avis 01-150 et 01-162 (respecti­vement du 18 et du 19 décembre 2001). Il a conclu:

La Suisse, en exigeant l’étourdissement des ani­maux avant l’abattage, ne heurte pas des normes reli­gieuses juives ou musulmanes si l’étour­dis­sement ne provoque pas la mort de l’animal (pour les juifs et les musulmans) et ne le blesse pas (pour les juifs).

Cet avis a certainement contribué à la modification de l’avant-projet fédéral, en invalidant le postulat sur lequel il se basait. Les arguments avancés par l’Institut sont indiqués dans le point suivant.

3. L’abattage rituel en droit juif et musulman

A) Absence de normes contraignantes en droit juif et musulman

Le droit juif a deux sources: la Bible et le Talmud. Le droit musulman a aussi deux sources: le Coran et la Sunnah (tradition) de Mahomet. Ces sources ne comportent pas de règles contraignantes qui prescri­vent l’abattage sans étourdissement ou interdisent la consommation de viande issue d’animaux qui ont été étourdis avant la saignée. Cela s’explique par le fait que l’étourdissement est un procédé tardif lié à l’évolution des mœurs, notamment en ce qui concerne le respect dû à l’animal et au souci de ne pas lui causer une souffrance inutile. Les autorités religieuses juives et musulmanes discutent cepen­dant de l’étourdissement à partir de trois normes indirectes, à savoir:

– l’interdiction de consommer du sang;

– l’interdiction de manger de la viande d’un animal mort ou déchiré;

– le respect de l’animal.

B) Interdiction de la consommation du sang

La Bible interdit la consommation du sang (Genèse 9:4; Lévitique 17:12-14 et Deutéronome 12:23-24). Cette interdiction est également prévue par le Nou­veau Testament (Actes des apôtres 15:20 et 29) et par le Coran (2:173; 5:3; 6:145 et 16:115). En vertu de cette interdiction, l’animal doit être vidé de son sang après avoir été égorgé. On excepte de cette règle le poisson, lequel ne doit pas être vidé de son sang.

L’interdiction de consommation du sang est un des arguments utilisé par les autorités fédérales dans l’avant-projet pour justifier la levée de l’interdiction de l’abattage sans étourdissement. Si en effet l’étour­dissement de l’animal empêche l’écoulement du sang, on peut considérer l’étourdissement comme contraire aux normes religieuses juives et musulma­nes. Mais ceci n’est pas démontré. Le Docteur Samuel Debrot soutient même le contraire.[14]

C) Interdiction de la consommation de la viande d’un animal mort ou déchiré

La Bible interdit de manger de la viande de bête morte, déchirée par un fauve ou avariée (Exode 22:30; Deutéronome 14:21; Lévitique 17:15-16; Lévitique 22:8; Ézéchiel 4:14). Pour les juifs, l’ani­mal doit être vivant lorsqu’il est saigné. En plus, il faut qu’il ne soit pas blessé. Et c’est de ces deux exigences, que les milieux juifs opposés à l’étourdis­sement tirent leurs arguments. Pour cette raison, le Rabbin Levinger, autorité en la matière, écarte la possibilité de recourir à l’anesthésie chimique qui affecte la qualité de la viande et la rend dangereuse, ainsi que l’utilisation du dioxyde de carbone qui pourrait provoquer l’étouffement de l’animal.[15] En ce qui concerne l’étourdissement par électronarcose, il ne le rejette pas en soi, mais doute qu’il puisse être pratiqué en boucherie sans provoquer la mort de l’animal. Il avance aussi le fait que l’électronarcose pourrait être dangereuse en raison de l’utilisation de l’eau dans les abattoirs.[16] De même, il craint que l’étourdissement de l’animal ne l’expose à la blessure, ce qui rend sa viande inconsommable.[17] Comme on peut le constater, son opposition à l’étourdissement par électronarcose ne se base pas sur des normes religieuses juives mais sur des considérations prati­ques.

L’interdiction de manger de la viande d’un animal mort, prescrite aussi par le Nouveau Testament (Actes des apôtres 15:20 et 29) se retrouve égale­ment dans le Coran aux versets susmentionnés (sous B). Le verset 5:3 précise qu’il est interdit de consommer «la chair de la bête étouffée, de la bête tombée sous des coups, de la bête morte d’une chute ou d’un coup de corne, la chair de ce que les fauves ont dévoré – sauf si vous l’avez purifiée». Les légis­tes musulmans estiment que tant que l’animal donne signe de vie, il peut être saigné et sa viande est à considérer comme licite; en le saignant, on le puri­fie. Le gibier mort au cours de la chasse est licite même s’il n’a pas été saigné, sauf si l’opportunité de le saigner s’était présentée, mais n’avait pas été saisie (Coran 5:4). Plusieurs fatwas musulmanes affirment que l’étourdissement de l’animal n’aboutit pas nécessairement à la mort de l’animal.[18] Un auteur musulman va jusqu’à citer le Coran: «Quand le Seigneur se manifesta à la Montagne, Il la mit en miettes et Moïse tomba foudroyé» (7:143). Bien que foudroyé, Moïse n’en est pas mort. Si donc l’étour­dissement de l’animal n’aboutit pas à sa mort avant qu’il ne soit saigné, il est licite du point de vue du droit musulman.[19] Des sources musulmanes évo­quent l’expérience de la Nouvelle-Zélande, grand expor­tateur de viande halal vers les pays musul­mans. Le National Animal Welfare Advisory Com­mittee indique que, malgré la possibilité d’obtenir une dispense au nom de la liberté religieuse, les musulmans de ce pays ont accepté le recours à l’électronarcose par la tête (head-only electrical stun) qui rend l’animal temporairement inconscient. Cette méthode fut développée par ce pays dans les années 1980. L’animal électrocuté ne sent pas la souffrance ou le stress avant d’être saigné, et s’il est laissé non-saigné il se rétablit complètement.[20]

D) Respect de l’animal

La consommation de la viande implique la mise à mort de l’animal dont elle provient. Si toute mort est cruelle, cette cruauté peut avoir différents degrés et il convient de réduire cette cruauté au minimum et de ne pas faire souffrir l’animal inutilement. Or, juifs et musulmans sont d’accord pour affirmer que l’ani­mal ne doit pas être exposé à des souffrances inuti­les.

Les autorités religieuses juives opposées à l’étour­dissement de l’animal estiment que la méthode juive d’abattre les animaux est plus appro­priée pour réduire la souffrance de l’animal, et que l’étourdis­sement ne provoquerait qu’une souffrance inutile supplémentaire.[21] Ce point de vue juif est loin d’être partagé par les différentes sociétés de protec­tion des animaux[22], la Société des vétérinaires suis­ses[23], l’Union suisse des maîtres-bouchers[24], le Conseil fédéral, l’Office fédéral vétérinaire[25] et les législa­teurs des pays occidentaux qui imposent l’étour­dissement des animaux avant la saignée pour réduire la souffrance de l’animal. Les autorités reli­gieuses musulmanes favorables à l’étourdissement admettent que celui-ci réduit la souffrance de l’animal et, de ce fait, il répond à l’injonction de Mahomet: «Dieu a prescrit la bonté en toute chose. Si vous tuez, faites-le avec bonté, et si vous saignez un animal, faites-le avec bonté». C’est la raison pour laquelle ces auto­rités ne s’opposent pas à l’étourdis­sement de l’animal à condition qu’il ne provoque pas la mort de celui-ci avant d’être saigné.

4. Respect des convictions des juifs et des musulmans et … des autres

Comme indiqué sous le chiffre 2.b, les professeurs de droit et le Conseil fédéral invoquent le respect de la liberté religieuse des minorités juive et musul­mane en faveur de la levée de l’interdiction de l’étourdissement malgré l’absence de règles religieu­ses contraignantes qui s’opposent à un tel étourdis­sement. Il est cependant un aspect dont il faut tenir compte également, celui de la liberté de conviction des adversaires de l’abattage sans étourdissement.

Il faut en effet savoir que les juifs abattent plus d’animaux qu’ils ne consomment de viande.[26] Ceci pour deux raisons: d’une part, les animaux saignés peuvent être déclarés comme non casher après avoir été abattus; d’autre part, les juifs ne mangent pas la partie inférieure, en raison de l’interdiction de consommer le nerf sciatique (Genèse 32:33), qui est difficile et coûteux à enlever entièrement. La viande des animaux abattus sans étourdissement, et classi­fiée comme inconsommable par les juifs, est vendue sur le marché, généralement sans indication.[27] Or, si les professeurs de droit et le Conseil fédéral ont le souci de respecter les convictions religieuses des minorités juive ou musulmane (malgré l’absence de règles religieuses contraignantes), il est tout aussi important de respecter les convictions de ceux qui refusent l’abattage sans étourdissement et qui récla­ment que les emballages indiquent la manière dont l’animal a été abattu.


 

 

[1] Nous nous limitons dans les notes à quelques référen­ces essentielles. Pour plus de références et de détails, voir Sami A. Aldeeb Abu-Sahlieh: Faux débat sur l’abattage rituel en Occident: ignorance des normes juives et musulmanes, cas de la Suisse, Revue de droit suisse, 2003, pp. 247-267, et l’avis sur l’étour­dissement des animaux avant leur abattage, du 21 dé­cem­bre 2001, établi par l’Institut suisse de droit comparé à l’intention de la Société vaudoise pour la protection des animaux

 

(http://www.svpa.ch/images/magazine/avisdedroit.doc)

 

[2] Arrêté fédéral du 22 décembre 1893, in: Recueil offi­ciel, vol. XIII, 1894, p. 1015-1018.

 

[3] Feuille fédérale 1972 II 1479.

 

[4] Feuille fédérale 1977 I 1108-1109.

 

[5] Favre, Antoine: Droit constitutionnel suisse, Editions universitaires, Fribourg, 2ème édition, 1970, p. 284.

 

[6] Kälin, Walter: Grundrechte im Kulturkonflikt, Freiheit und Gleichheit in der Einwanderungsgesellschaft, Zurich, 2000, p. 192 ss.

 

[7] Fleiner, Thomas: Article 25bis, in: Commentaire de la Constitution fédérale de la Confédération suisse du 29 mai 1874, Helbing et Liechtenhahn, Bâle, état: 1989, par. 16, 19 et 21.

 

[8] Aubert, Jean-François: Traité de droit constitutionnel suisse, Editions idées et calendes, Neuchâtel, 1967, vol. 2, par. 2067.

 

[9] Krauthammer, Pascal: Das Schächtverbot in der Schweiz 1854-2000, Die Schächtfrage zwischen Tierschutz, Politik und Fremdenfeindlichkeit, Schult­hess, Zurich, 2000, p. 274.

 

[10] Texte de l’avant-projet dans:

 

http://www.bvet.admin.ch/tierschutz/00701/?lang=fr

 

[11] Révision de la loi sur la protection des animaux: rap­port explicatif de l’avant-projet, 21.9.2001, p. 7. Texte du rapport dans:

 

http://www.bvet.admin.ch/tierschutz/00701/?lang=fr

 

[12] http://www.evd.admin.ch/evd/news/02188/index.html?lang=fr.

 

Voir le Rapport sur les résultats de la procédure de consultation relative à l’avant-projet de la révision de la loi sur la protection des animaux dans: http://www.bvet.admin.ch/tierschutz/00701/?lang=fr.

 

[13] Texte de la loi dans: http://www.parlament.ch/f/se-schlussabstimmung-02-092.pdf

 

[14] Debrot, Samuel: L’opinion d’un directeur d’abattoir, in: Das sogenannte Schächtverbot, Schriftenreihe des Schweizerischen Tierschutzverbandes, no 6, Bâle, 1971, p. 20-21. La Fondation Brigitte Bardot dit que «la viande d’un animal vidé de son sang et préalable­ment anesthésié contient autant de sang que celle d’un animal égorgé sans anesthésie»

 

(http://www.fondationbrigittebardot.fr/fr/journal/10_98/10_3.html).

 

[15] Levinger, Israel Meir: Schechita im Lichte des Jahres 2000, Zentralrat der Juden in Deutschland, Bonn-Bad Godesberg, und Machon Maskil L’David, Jerusalem, 1996, p. 133-135.

 

[16] Ibid., p. 139, 140 et 142.

 

[17] Ibid., p. 142; Levinger, Israel Meir: Die Jüdische Schlachtmethode, in: Schächten, Religionsfreiheit und Tierschutz, herausgegeben von Richard Potz, Brigitte Schinkele und Wolfgang Wieshaider, Plöchl, Frei­stadt; Kovar, Elging, 2001, p. 2-3.

 

[18] Voir ces fatwas et les références dans Aldeeb Abu-Sahlieh: Faux débat, op. cit, p. 258-261.

 

[19] Abd-al-Hadi, Abu-Sari Muhammad: Ahkam al-at’imah wal-dhaba’ih fi al-fiqh al-islami, Dar al-jil, Beyrouth; Maktabat al-turath al-islami, le Caire, 2ème édition, 1986, p. 216-217.

 

[20] Discussion paper on the animal welfare standards to apply when animals are commercially slaughtered in accordance with the religious requirements, Welling­ton, avril 2001, p. 13, par. 7.2. in:

 

http://www.maf.govt.nz/biosecurity/animal-wel­fare/nawac/papers/religious-requirements.pdf.

 

[21] Levinger: Schechita im Lichte des Jahres 2000, op. cit., p. 134. et 142-143.

 

[22] Voir par exemple la lettre de Bernard Lavrie, secré­taire de la Coordination intercommunautaire contre l’antisémitisme et la diffamation, qui cite le rabbin Levinger et la réponse à cette lettre in Acusa, 1998, 1: www.acusa.ch/an1998-1/01-lutte.html. Voir aussi

 

Massacres sans anesthésie, in:

 

http://www.ragecoeur.itgo.com/rituel3.html;

 

Abatta­ges rituels autorisés, in:

 

http://www.svpa.ch/evenements.html

 

[23] La Société des Vétérinaires Suisses ne veut pas d’une autorisation de l’abattage rituel, in:

 

http://www.gstsvs.ch/cug/gst_vet/index.nsf?Open

 

[24] Union suisse des maîtres-bouchers, 28.9.2001, in:

 

http://www.qualiteduboucher.ch/pages/francais/polit.htm#p151

 

[25] Office vétérinaire fédéral: Informations de base sur l’abattage rituel, 20.9.2001, par. 5.

 

[26] Loc. cit.

 

[27] Gellatley, Juliet: Going for the Kill: A Viva! report on religious (ritual) slaughter: Do supermarket chains sell religiously slaughtered meat? in:

 

http://www.viva.org.uk/Viva!%20Campaigns/Slaughter/goingforthekill3.htm#Stunning%20Abroad;

 

Voir aus­si Hartinger, Werner: Das betäubungslose Schächten der Tiere in unserer Zeit, Conférence du 8 sep­tembre 2000, Berlin, in:

 

http://www.vgt.ch/news/000926.htm.

 




Monstre du « qu’en-dira-t-on ? » communautaire ! Phobies islamistes

1042007

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Par : Mohamed LOUIZI 

            Dans sa chronique dans le magazine Le Monde des Religions (1), intitulé « Où sont passé les intellectuels musulmans ? », Jean Mouttapa (2) lance un appel à ceux résignés parmi ces intellectuels, leurs invitant de se libérer de l’emprise du « qu’en-dira-t-on communautaire ?», de libérer l’expression de leurs pensées en se livrant tout d’abord, à l’exercice de l’autocritique et de « penser contre soi-même ». Et ensuite, d’exprimer celle-ci « haut et fort en penseurs affranchis ». Jean Mouttapa reconnaît que dans les pays « musulmans », les intellectuels sont tous, plus ou moins soumis à « une terrible censure politico-religieuse ». Mais, il estime anormale, que d’autres intellectuels vivant sur le sol européen et français n’arrivent pas à se dégager définitivement de cette emprise monstrueuse qui les maintient silencieux, voire peureux et effrayés, de la réaction de je ne sais quelle « communauté musulmane » !  

 

Il est vrai que ladite « communauté musulmane » a, depuis des siècles, définit son territoire et ses lignes rouges, supposées sacrées et intransgressibles.  Elle a définit aussi les critères que tout membre, intellectuel ou pas, se doit d’observer pour avoir la paix communautaire, sinon, le rejet et bien d’autres sorts, lui seront réservés s’il ne renonce pas à ses dépassements pernicieux.

Les pouvoirs politiques, en alliance avec des religieux, ont joué un double rôle dans ce sens. D’abord, ils ont déterminé ce qu’est l’identité de ladite « communauté musulmane », qui se résume, selon la conception dominante de cette même alliance, en une et une seule appartenance hégémonique, à savoir : l’appartenance religieuse, et en l’occurrence « l’islam du pouvoir »  en place. Et ensuite, ils ont mis à disposition tout un arsenal juridico-religieux de maintien de l’ordre établit. Et dans ce cadre, même les pires moyens illégaux et inhumains ont été sollicités, depuis des siècles, pour que soient respectées ces frontières et pour que tout le monde, y compris les intellectuels, ne quittent pas leurs carcans claniques et adhèrent, bon gré mal gré, par allégeance ou par crainte de l’anathème, à l’idée d’une « communauté musulmane » sacrée, une et indivisible et surtout au-dessus de toute mise en question et de toute critique ! 

De ce point de vue, la supposée « communauté musulmane » ne diffère guère de ses semblables. Elle est à l’image de toutes les communautés qui se définissent, principalement ou exclusivement, comme fondée sur la seule appartenance religieuse. Elle reproduit de manière systémique et symétrique tout ce que celles-ci ont pu expérimenter et mis en place, depuis qu’il y a une communauté d’humains qui s’est construite autour d’une religion.

Amin MAALOUF (3)  nous fait part de ses réflexions autour de cette question. Son livre « les identités meurtrières » est totalement consacré à l’étude des différentes représentations et risques de cette mono-appartenance qui forme à un moment donné une communauté et qui peut représenter un danger, à la fois pour ses membres et aussi à l’égard de son entourage considéré comme « autre », et surtout comme un ennemi hostile à surveiller, sans baisser la garde.

Par rapport au traitement que réserve une quelconque communauté religieuse à ses siens, MAALOUF écrit la chose suivante : « Ceux qui appartiennent à la même communauté sont les nôtres, on se veut solidaire de leur destin mais on se permet aussi d’être tyrannique à leur égard ; si on les juge tièdes, on les dénonce, on les terrorise, on les punit comme traîtres et renégats.. » (4). Une telle punition n’est rien d’autres que la désignation public, dans un premier temps, comme ennemi de la communauté, et par extrapolation comme hérétique et apostat de la religion. Et dans un deuxième temps, le pouvoir plotitico-religieux qui autoproclame une certaine légitimité communautaire procède à l’élimination pure et simple de cet élément gênant.

De ce point de vue, toute communauté se soumettant à l’ordre d’une oligarchie politico-religieuse adopte le même comportement totalitariste face à toute opinion ou expression d’opinion libre et pacifique. Dans de tel condition, l’opinion devient un délit passible de la peine capitale car assimilée, par certains, à la haute trahison. Et même après l’exécution ou la mort, le cadavre de la personne jugée ennemie ou hérétique sera sujet à un traitement de faveur ! Dans le cas de ladite « communauté musulmane », l’apostat « ne sera ni lavé, ni mis dans un linceul, ni donné au gens de sa nouvelle religion, car le faire signifie qu’on lui rend honneur alors qu’il n’en n’est pas digne. L’apostat sera jeté dans une fosse comme on jette un chien. Et s’il a un parent musulman, il serait préférable de le lui remettre pour le laver comme on lave une robe impure et l’enrouler dans un habit usé » (5).   

En effet, c’est ce genre de traitement maintenant une majorité d’intellectuels sous l’emprise de la peur qui leurs impose de garder le silence et de se consacrer à des sujets annexes et secondaires qui ne font que confirmer les pratiques autoritaristes des oligarchies politico-religieuses visant à effacer toute opposition légitime au nom de Dieu !

Ce climat de « phobies » n’est pas sans conséquences. Des « intellectuels » refusent toute mise en question de l’héritage religieux, car une telle aventure peut être perçue par les gardiens du temple et du palais présidentiel comme atteinte à la vérité officielle. Certains préfèrent se diminuer en dessous des ancêtres pour être reconnus, acceptés et entendus par la masse. D’autres se dissimulent en réformateurs critiques à l’égard des connaissances ancestrales, mais en réalité, ils pratiquent tout le contraire, ils disent ne pas pouvoir sortir dans leurs recherches et écrits des normes « immuables ! » reconnues par les « savants et les sciences islamiques ». Pour certain, cela se traduit par « la rigueur académique » que ces intellectuels observent minutieusement.

Mais toute fois, une autre lecture est aussi plausible : le fait de se définir fidèle aux cadres normatifs, tracés par les anciens et à ce qu’on désigne habituellement par « sciences islamiques », ne traduit-il pas une sorte de continuité non dérangeante là où il faut assumer la rupture ? La réforme ne commence-t-elle pas par l’évaluation, au premier abord, des normes ancestrales ? Lesdites « sciences islamiques », sont-elles « sciences » au sens propre du terme, c’est à dire un ensemble cohérant de connaissances concernant des phénomènes obéissant à des lois vérifiables ? Ou sont-elle tout simplement des compilations de pseudo connaissances, d’impressions et d’humeurs et qui n’obéissent à aucune loi si ce n’est la loi/passion des régimes politiques en place ?  

Car ce sont bien ces « sciences islamiques » qui ont engendré entre autres, la sanction d’apostasie et celle de la lapidation. Et se sont ces mêmes « sciences » aussi qui sont enseigné actuellement dans les universités de théologie, même en France, et qui représentent, en partie, l’assise théorique de « l’islam politique » et de ses variantes extrémistes et violentes.

En assumant cela, ces intellectuels ne jouent-ils pas le jeu des pouvoirs ? L’intellectuel ne devient-il pas asservi à la cause des religieux qui limitent, en amont, le champ de ses réflexions et des politiques qui répriment, en aval, tout dépassement des lignes rouges ? Quelle est donc la responsabilité de l’intellectuel dans ce cas là ?

Jean Mouttapa dans sa chronique se pose les questions suivantes : Qui empêche nos intellectuels musulmans de s’exprimer haut et fort en penseurs affranchis ? Qui leur défend de se dégager définitivement d’une prétendue solidarité communautaire comprise comme « réflexe, instinct, principe de survie et d’être » ? Qui les retient de s’élever contre une diabolisation délirante d’Israël, de calmer leurs refus que des jeunes dévoyés revendique l’islam comme arme contre la France et l’Occident, de faire l’analyse critique de l’idéologie de la victimisation ?…

Ces questions bien qu’elles soient engagées du côté du combat que mène Jean Mouttapa au quotidien comme militant de l’interreligieux et surtout du rapprochement entre « juifs » et « musulmans », elles restent tout de même secondaires par rapport à l’ensemble des interrogations prioritaires et fondamentales posaient à l’ensemble de l’intelligentsia contemporaine, et non pas seulement musulmane même si cette dernière est la plus concernée par ces questions. A commencer par la place de l’humain dans la société, la place de la religion, les libertés fondamentales, le vivre ensemble, la justice, la paix, l’environnement,…

Tant que les intellectuels ne dénoncent pas, par crainte d’être dénoncés et dévorés par ce monstre communautaire, ce qu’on a fait, et aussi ce qu’on est entrain de faire au nom de Dieu, le qualificatif même d’intellectuel serait à revoir. Je pense qu’il est temps que la supposée intelligentsia « musulmane » lève la tête enfin, pour s’exprimer librement sur tous les sujets qui rongent l’ère contemporaine en commençant, tout d’abord, par la remise en question de cette idéologie limitative des libertés individuelles qui se définit comme représentante de « l’islam ». Pour cela, il n’y a que la clarté dans les positions qui fera bouger les lignes. Toute forme de dissimulation, même partielle, ne fera que retarder les échéances d’une renaissance tant attendue de la pensée et des libertés, dans l’ensemble des pays soumis aux régimes politico-religieux, comme dans des pays laïques comme la France !

En effet, si la liberté se construit à chaque instant dans la douleur et dans la lutte,  les atteintes aux libertés au nom de Dieu, elles aussi, ne cessent de gagner du terrain et elles s’enracinent simultanément davantage, dans le paysage religieux « musulman », avec subtilité et arrivisme à outrance ! De ce point de vue, tout intellectuel qui se respecte se doit de faire en sorte que les acquis en matière de libertés individuelles, ne soient pas bafoués et mise en danger par  ce monstre qu’on désigne sous l’expression du « qu’en dira-t-on communautaire? ». 

Notes : 

(1)- Le Monde des Religions, n° 15, Janvier Février 2006.

(2)- Jean Mouttapa, chrétien engagé dans le dialogue interreligieux, est écrivain et éditeur. Auteur de Un arabe face à Auschwitz (Albain Michel – 2004)

(3)- Amin MAALOUF écrivain libanais résident en France depuis 1976. Romancier, essayiste et historien reconnu. Il était également journaliste. Il est l’auteur des Croisades vues par les arabes (1983), Samaracande (1988), les identités meurtrières (1998)…

(4)- Amin MAALOUF, Les identités meurtrières, Grasset, Paris 1998, p 39.

(5)- Sami A. Aldeeb Abu-Sahlieh, Cimetière musulman en occident, L’Harmattan, Paris 2002, p 62.

  







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