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Le juste « prix » de la « terre promise » : Réflexion autour de la circoncision

3072009

« N’est-il pas étrange de nous voir défendre plus farouchement nos erreurs que nos valeurs ? »

Gibran Khalil Gibran – Le sable et l’écume

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Par Mohamed LOUIZI

Au commencement était la liberté …

Certains choix difficiles que l’on opère, à des moments précis de notre vie, impliquent tout naturellement, directement ou indirectement, l’avènement en avalanche d’autres choix coûteux, capitaux et déterminants pour notre devenir.   

Depuis quelques années maintenant, le choix du questionnement systématique, permanent et inaltérable, m’accompagne. Je m’en félicite par ailleurs pour cette chance qui m’est offerte à un moment précis de mon existence, lorsque que bien d’autres, une majorité sans doute, refusent de prendre ce risque et préfèrent se soumettre volontairement à des réponses toutes faites, consomment des fatwas à la demande et se passionnent, naïvement, devant un prêt-à-pratiquer pseudo-religieux infantilisant.

Ce choix de vie, en dehors des effets secondaires indésirables  qu’il a pu engendrer depuis, m’a permis, malgré tout, de reconquérir cette liberté de pensée concédée au fil des années précédentes, et d’être simplement moi-même, face à l’absurdité de certains dires et à l’intolérance de certains actes.    

La vie ainsi menée se refuse alors à la routine et à la désespérance. Pas un jour ne se lève sans son lot d’interrogations restées sans réponses. L’espace de l’Inconnu s’accroît sans fin, et certaines affirmations, religieuses particulièrement, qui paraissaient hier vraies et immuables, se montrent aujourd’hui, sous les projecteurs d’un raisonnement critique assumé, moins évidentes.

Combien de questions refusons-nous de nous poser car paraissant douloureuses ? Combien de sujets tabous n’osons-nous pas briser et approcher par manque de courage intellectuel, et par crainte du blâme ou de la réprobation ? Combien de compromis maladroits avons-nous conclu, au mépris de nos convictions les plus intimes, sous l’effet de la peur de ce « Que dira-t-on » communautaire terrifiant ?

Une des questions qui me tourmente l’esprit depuis quelques temps, est cette tradition que l’on insiste à perpétuer à coup de « paires de ciseaux » et de « couteaux » bien aiguisés, assez souvent sans en connaître l’origine et dont le sens religieux exact –  s’il y en a un –  nous échappe complètement : Il s’agit, vous l’avez compris, de la fameuse circoncision !

Circoncision : sixième pilier de l’islam ?

Cette question, qui au départ, me paraissait secondaire et subsidiaire face à d’autres questions, tenues pour prioritaires, remonte aujourd’hui à la surface de mes préoccupations religieuses et intellectuelles. Elle représente à mon sens, et de manière très profonde, l’occasion rêvée me permettant de cerner, relativement, le sens que l’on donne, au sein d’une religion ou d’une communauté de foi ou d’un système de valeurs quelconque, à l’être humain, à son intégrité physique et à sa dignité de manière générale.

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Le Coran revisité – Patricia Briel

25042008

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Une nouvelle édition du Coran paraît ces jours en français et en arabe aux éditions de L’Aire à Vevey. Elle est l’œuvre de Sami Awad Aldeeb Abu-Sahlieh, un Arabe chrétien naturalisé suisse, juriste spécialisé dans le droit musulman (lire ci-dessous). Elle fera certainement date. Car son approche et son appareil critique offrent la possibilité de remettre en question plusieurs tabous qui figent la lecture et l’interprétation du Coran, mais aussi d’ouvrir de nouvelles perspectives exégétiques. Nul doute qu’elle créera aussi le débat, bien que l’intention de son auteur ne soit aucunement polémique.

Cependant, la «grande rigueur scientifique» de ce Coran est d’emblée saluée dans un avant-propos signé par Rachid Benzine, chercheur musulman associé à l’Observatoire du religieux d’Aix-en-Provence et auteur de plusieurs ouvrages, et Christian Delorme, prêtre catholique du diocèse de Lyon respecté des musulmans et très engagé depuis une trentaine d’années dans le dialogue islamo-chrétien. «Sami Aldeeb a accompagné sa traduction de très nombreuses notes qui prennent en compte les plus récentes recherches historiques et linguistiques, écrivent-ils. Il s’agit donc d’un travail de type critique, mais cette approche n’en est pas moins fort respectueuse de tout ce que représente ce texte pour les musulmans.»

«Faciliter la lecture»

Le Coran de Sami Aldeeb se distingue à plusieurs égards. Mais sa singularité tient essentiellement au fait qu’il présente les chapitres du Coran dans l’ordre chronologique de la révélation faite à Mahomet. Comme l’écrit le juriste dans sa présentation, «l’ordre actuel du Coran pose un problème de compréhension. On peut dire que nous lisons aujourd’hui le Coran presque à l’envers puisque les premiers chapitres, les plus longs, sont d’une façon générale formés de révélations parvenues à Mahomet vers la fin de sa vie. L’ordre chronologique du Coran est important pour les historiens qui veulent comprendre les étapes de la révélation. Mais il l’est aussi pour les juristes. En effet, le Coran comporte des normes juridiques qui ont évolué, certaines en ayant abrogé d’autres. Afin de déterminer les passages abrogés et ceux qui les abrogent, il faut savoir lesquels ont précédé les autres.»

Sami Aldeeb n’est pas le premier à proposer le Coran dans une version chronologique. L’orientaliste Régis Blachère avait publié en 1949-1950 une édition de ce type, mais selon ses propres critères. Pour couper court à d’éventuelles polémiques, le juriste suisse a préféré suivre une classification chronologique des sourates établie officiellement par l’Université d’al-Azhar au Caire, reconnue comme la plus prestigieuse du monde musulman sunnite. Le Coran d’Aldeeb est donc l’unique à ce jour comportant la version arabe et française par ordre chronologique.

 

«En traduisant le Coran dans l’ordre de la révélation, j’ai voulu faciliter sa lecture, explique l’expert. Cela permet de voir l’évolution de la pensée politique de Mahomet, et de la langue du Coran. Les chapitres de la période mecquoise de Mahomet, au nombre de 86, sont plus courts et plus poétiques que ceux de la période médinoise. Ces derniers, au nombre de 28, ont un caractère législatif et normatif. C’est sans doute une des raisons pour lesquelles ils ont été placés au début du Coran. L’Etat musulman qui prenait forme avait davantage besoin de normes que de poésie.»

L’édition de Sami Aldeeb est aussi la première à indiquer les versets abrogés et les abrogeants. Le droit musulman prévoit en effet l’abrogation de certains versets et prescriptions du Coran sur la base d’indications postérieures. Ainsi, l’usage général veut que les versets révélés tardivement abrogent ceux qui les précèdent. Les islamistes fanatiques se sentent ainsi légitimés à puiser la revendication de leurs crimes dans certains versets de la période médinoise, qui sont parmi les plus violents du Coran. Par exemple, le verset du sabre, qui préconise le meurtre des ennemis, abrogerait selon certains savants entre 124 et 140 versets tolérants, dont le célèbre «pas de contrainte en religion». Mais, souligne Aldeeb, «l’abrogation continue à soulever aujourd’hui de nombreuses controverses, et il n’y a pas d’accord à ce sujet entre les auteurs musulmans». C’est pourquoi le juriste se limite à indiquer les versets qui sont abrogés et ceux qui les abrogent selon ces sources contradictoires, sans porter de jugement. Il précise cependant que, selon certains penseurs, le véritable islam serait contenu dans les sourates révélées avant l’hégire (le départ de Mahomet pour Médine), et donc celles de la période mecquoise de Mahomet.

Autre caractéristique de la version d’Aldeeb: la présentation des variantes du Coran. Elle a le mérite de montrer que le livre saint des musulmans n’est pas un texte monolithique. Les premiers manuscrits du Coran ne contenaient ni voyelles, ni signes permettant de distinguer chaque mot et chaque lettre. Dès les débuts de l’islam, plusieurs lectures sont apparues. Elles ont progressivement été admises comme faisant partie de la révélation, et des savants islamiques les ont recensées. Par exemple, les éditions égyptienne, tunisienne et marocaine du Coran diffèrent entre elles. Plus de 10000 mots du Coran ont actuellement une ou plusieurs variantes. Celles indiquées par Sami Aldeeb touchent plus de la moitié des versets du Coran. Bien entendu, le sens de certains mots ou de certains versets change radicalement d’une version à l’autre. «Aucune édition du Coran en arabe ne mentionne ces variantes, affirme Sami Aldeeb. Même des universitaires ne savent pas qu’elles existent. Elles suscitent le malaise des autorités religieuses. Car même s’il est admis qu’elles font partie de la révélation, elles mettent en cause le dogme selon lequel le Coran est la parole inaltérée de Dieu.»

Faire évoluer l’islam

Enfin, le renvoi aux références juives et chrétiennes du texte questionne un autre tabou qui freine la recherche exégétique, celui de l’inimitabilité du Coran, preuve de son origine divine. Aux yeux des musulmans, les juifs et les chrétiens ont falsifié leurs propres Ecritures, et seul le Coran est l’authentique parole de Dieu. «Dire que le Coran a repris des écrits qui l’ont précédé signifie que Mahomet ne les a pas reçus de Dieu», écrit Sami Aldeeb dans son introduction.

Mais le spécialiste se défend cependant d’avoir voulu contredire le dogme de l’inimitabilité: «A l’instar d’autres traducteurs, j’ai voulu fournir au lecteur intéressé quelques éléments de comparaison. Certains passages du Coran ne s’éclairent qu’à la lecture de la littérature hébraïque et chrétienne, souligne le chercheur. Par exemple, certains mots ont été translittérés directement de l’hébreu à l’arabe. Si on en reste à l’arabe, on ne comprend pas le sens de certains passages.»

La démarche de Sami Aldeeb permet d’aborder le Coran comme un ouvrage contingent, rédigé et constitué par un ou plusieurs scribes. Ces affirmations sont en opposition avec la doctrine musulmane. Mais aujourd’hui, plusieurs intellectuels musulmans, comme le Tunisien Abdelwahab Meddeb, appellent leurs coreligionnaires à considérer le Coran comme l’œuvre d’un prophète inspiré par Dieu, et à replacer les textes fondateurs dans le contexte historique de leur apparition. Ils suggèrent aussi d’abandonner les dogmes du Coran éternel, incréé et inimitable. Ce n’est qu’à cette condition, disent-ils, que l’islam pourra évoluer. La version d’Aldeeb pourrait ainsi représenter une étape importante dans une telle évolution.

«Voile», nouvelle traduction : Le Coran de Sami Aldeeb propose une nouvelle traduction d’un célèbre verset qui intime aux femmes l’ordre de porter un voile: «Dis aux croyantes de baisser leurs regards, de garder leur sexe, de ne faire apparaître de leur ornement que ce qui est apparent et de rabattre leurs voiles sur leurs fentes.» «Fente» est ici un synonyme de «sexe» selon le chercheur. Le terme arabe «juyub» est utilisé dans une variante d’un verset du Coran «dans le sens de la fente du corps de la femme», précise la note qui accompagne la traduction. D’autres traductions du Coran proposent poitrine, échancrures, gorges, seins. «A l’époque du Prophète, les femmes portaient des vêtements flottants qui n’étaient pas fermés devant, explique Sami Aldeeb. En marchant, il arrivait qu’elles découvrent leur sexe. C’est pourquoi il m’a semblé plus vraisemblable que Mahomet ait demandé aux femmes de couvrir leur sexe plutôt que leur poitrine.» (Patricia Briel)

Sami Aldeeb : Chrétien arabe d’origine palestinienne, naturalisé Suisse, Sami Aldeeb a fait ses études universitaires en Suisse. Depuis 1980, il est responsable du droit arabe et musulman à l’Institut suisse de droit comparé à Lausanne. Il enseigne également cette matière aux Facultés de droit d’Aix-en-Provence et de Palerme. Il est aussi l’auteur d’une vingtaine de livres et de près de 200 articles. Sami Aldeeb lit le Coran depuis l’âge de 16 ans. Il précise qu’il publie sa version du livre saint des musulmans à titre privé. La réalisation de cet ouvrage lui a pris cinq ans. (Patricia Briel)

Source :
Le journal suisse « Le Temps » - Vendredi 25 avril 2008

(http://www.letemps.ch/template)




Lausanne: Une version extraordinaire du Coran paraît en Suisse

19042008

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Première mondiale, un Coran chronologique est édité à Vevey

Par Valérie Bory – Lausanne, Vevey, 4 mars 2008 (Apic)

C’est l’œuvre de ma vie, affirme Sami Aldeeb, chrétien d’origine palestinienne et de nationalité suisse. Cet universitaire auteur de nombreux ouvrages et articles, est l’auteur d’un Coran encore jamais réalisé : 600 pages des versets avec leurs variantes, non pas dans l’ordre canonique, mais chronologique de leur révélation, aux Editions de l’Aire, à Vevey.

Avant même sa parution, le 4 mars, le Coran chronologique fait déjà l’objet de centaines de commandes. Son auteur, Sami Aldeeb responsable du droit musulman et arabe à l’Institut suisse de droit comparé, à Lausanne, travaille depuis 5 ans à cette œuvre gigantesque. Mais pourquoi donc le Coran chronologique et avec toutes ses variantes n’avait-il pas été édité avant ? C’est un problème d’accès à l’information, répond Sami Aldeeb. Si vous dites qu il y a des variantes, ou que tel verset est abrogé ou abrogeant, les gens commencent à douter.

Sur 4000 versets, il n’y a pas une page du Coran qui ne comporte plusieurs variantes. Ces variantes existent et sont reconnues par les autorités religieuses, mais cela reste dans le domaine des spécialistes. « Je les ai mises dans les notes pour les chercheurs et pour que les gens se rendent compte que le texte n’est pas un texte monolithique. Et cela n’a jamais été fait, dans aucune langue« .

Cela donne-t-il une approche différente du Coran tel qu on le connaît ? a demandé l’Apic à Sami Aldeeb. « Exactement. Cela change même le sens de certains versets. En ce qui concerne l’ordre chronologique, on ne sait pas avec certitude comment le Coran a été révélé et dans quel ordre exact les versets ont été révélés. Mais on a tenté, a travers plusieurs indices, plusieurs témoignages, de faire des classifications des chapitres du Coran. Les musulmans eux-mêmes ne sont pas d’accord entre eux et les orientalistes non plus, sur le classement des chapitres du Coran. Il existe une classification faite par l’Université islamique Al-Azhar au Caire, le centre islamique le plus important dans le monde sunnite« , précise l’universitaire. « Dans leur édition du Coran, en tête de chapitre, ils précisent que ce chapitre porte tel numéro dans l’ordre chronologique, à l’exception de tel verset, qui appartient à une autre époque« .

Donc on a des versets qui se chevauchent. « Mon but n’est pas de falsifier le Coran« . Sami Aldeeb a donc pris cette classification, acceptée par la plupart des musulmans. Mais comme c’est la première fois que le Coran est publié par ordre chronologique il n’a pas voulu heurter les croyances des musulmans, et a ajouté à la fin de son édition une table des matières en indiquant les chapitres par ordre normal. « Celui qui veut suivre sa foi et lire le Coran selon l’ordre normal peut donc le faire« . Ce qui était très important pour Sami Aldeeb. Afin d’éviter les polémiques. « Mon but n’est pas de falsifier le Coran ou autre, mais de dire aux chercheurs et à ceux qui veulent le lire par ordre chronologique : voilà, vous pouvez le faire, et les croyants qui veulent le lire dans l’ordre normal le peuvent aussi« .

Le livre est accessible au simple musulman. « Avec les notes, on se forme. Même des universitaires musulmans ne savent pas qu’il y a des variantes du Coran. Ce n’est pas enseigné aux étudiants Je l’ai constaté avec des étudiants musulmans qui étudient dans des universités arabes« .

Quel est l’enjeu de cette nouvelle approche du Coran ? « Je laisse le lecteur libre de faire ce qu’il veut. Je lui fournis un instrument de travail. Mais avant tout c’était pour moi, reconnaît le chercheur, qui travaille beaucoup sur le droit musulman et avait besoin d’un instrument de travail. J’ai utilisé les traductions qui existaient. Or elles sont dans l’ordre normal. Et ne sont pas faciles à lire. Lorsque ces gens ont traduit le Coran, ils ne connaissaient pas l’ordinateur ! J’ai utilisé l’ordinateur pour que chaque mot, chaque phrase qui se répète, chaque verset, soit traduit toujours de la même manière, à moins que le contexte ne l’interdise« .

La mise en page optique, faite entièrement par Sami Aldeeb lui-même est en rouge et noir. Les annotations et les appels de note sont en rouge.  » Même si vous ne savez pas l’arabe, des chiffres en rouge vous indiquent que le verset à des variantes ou que tel terme a des variantes. Donc même sans savoir l’arabe, vous vous rendez compte optiquement que le texte, là, pose un problème de compréhension« .

Un grand travail a été réalisé pour faciliter la lecture du texte et indiquer que ce verset appartient à une autre époque. « Tout de suite vous allez passer du noir au rouge et vous dire. Ah, ce verset n’appartient plus au contexte. C’est un verset qui a été révélé 10 ans plus tard peut-être…« 

Une approche qui risque d’être mal reçue chez les musulmans intégristes ? « Disons, si j’avais touché le texte, oui, mais ce n’est pas le cas. J’ai suivi les instructions de musulmans eux-mêmes. Je n’ai fait que suivre des ouvrages qui sont reconnus par les autorités religieuses musulmanes. J’aurais pu faire plus et aller chercher des documents, disons, contestés. J’ai évité cela. Dans certaines traductions du Coran, certains passages sont parfois du pur chinois. J’ai recouru à 20 traductions françaises. Pour comparer. Dans mes notes en bas de pages, je donne plusieurs autres traductions en indiquant qui a traduit. Lorsque cela pose des problèmes de traduction, je donne la mienne. Je n’impose rien. C’est tout à fait neutre« .

Ainsi, bien des années après avoir acheté son premier Coran à Jérusalem à l’âge de 16 ans et l’avoir donné à un musulman faute d’y comprendre quelque chose, et après avoir fait sa thèse au Caire, Sami Aldeeb réalise une quête qui le poursuit depuis longtemps. « Lors de ma thèse, j’avais argumenté avec un intellectuel musulman, qui m’avait expliqué que le problème du Coran c’est qu’il n’est pas classé dans l’ordre chronologique. Et il faut le faire. Il en avait même parlé dans un long article. Aucun musulman ne s’y est attelé. J’ai pensé que peut-être les musulmans avaient peur de le faire. Alors je me suis dit c’est mon devoir. Je suis le seul « mécréant » respectueux des textes ! ». Sur le plan des sciences des religions, ce Coran va devenir un fait historique. Sami Aldeeb, amusé, commente : « Seul un fou pouvait faire cela. Je suis ce fou !« 

Bulletin de commande:

Coran, Texte arabe et traduction française par ordre chronologique selon l’Azhar, de Sami Awad Aldeeb Abu-Sahlieh, Préface par Rachid Benzine et Christian Delorme, 600 pages, Ed. de l’Aire, Vevey.

Pour commander ce livre cliquer sur le lien suivant:

http://www.sami-aldeeb.com/files/article/254/Nouvelle_traduction_du_Coran.pdf




L’abattage rituel et le droit suisse

28052007

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Sami Aldeeb Abu-Sahlieh

Responsable du droit arabe et musulman ISDC

saldeeb@bluewin.ch

www.sami-aldeeb.com

 

 

Remarque

Ce document a été rédigé à l’intention du Sénat belge et présenté aux Commissions des finan­ces et des affaires économiques et sociales lors de la séance du 25 janvier 2006.

Il est basé sur l’article de Sami Aldeeb: Faux débat sur l’abattage rituel en Occident: ignorance des nor­mes juives et musulmans, cas de la Suisse, Revue de droit suisse, 2003, pp. 247-267

(http://isdc.ch/d2wfiles/document/4447/4017/0/abattage%20rituel%20RDS.pdf).

Il est suivi de l’avis de droit sur l’étourdissement des ani­maux avant leur abattage, du 21 décembre 2001, établi par l’Institut suisse de droit comparé à l’inten­tion de la Société vaudoise pour la protection des animaux.

(http://isdc.ch/d2wfiles/document/4446/4017/0/abattage%20rituel%20avis%20de%20droit.pdf)

1. Remarques préliminaires

Pour qu’une viande soit licite (casher pour les juifs, et halal pour les musulmans), elle doit remplir plu­sieurs conditions. Certains animaux sont interdits. Ceux licites, exception faite des poissons, doivent être saignés, d’une manière particulière par une per­sonne appartenant à une religion particulière. Enfin, certaines parties de l’animal ne peuvent pas être consommées. Le débat en Occident se cristallise cependant autour de «l’abattage sans étourdissement préalable». La question qui se pose est la suivante: «Existe-t-il des normes juives ou musulmanes qui interdisent d’étourdir l’animal avant de le saigner, normes à respecter par le législateur au nom de la liberté religieuse?» Avant de répondre à cette ques­tion, nous esquissons le débat en Suisse.[1]

2. Le débat en Suisse

A) Normes suisses

Le 20 août 1893 fut adopté[2] en Suisse l’article consti­tutionnel 25bis qui énonce: «Il est expressé­ment interdit de saigner les animaux de boucherie sans les avoir étourdis préalablement.»

Cet article a été remplacé le 2 décembre 1973 par un nouveau texte qui donne à la Confédération la com­pétence générale de légiférer sur la protection des animaux. L’interdiction de l’abattage sans étourdis­sement préalable a été maintenue, provisoirement, par l’article 12 des dispositions transitoires de la Constitution, qui énonce: «Jusqu’à l’entrée en vigueur de la loi d’application de l’article 25bis, il est expressément interdit de saigner les animaux de boucherie sans les avoir étourdis préalablement; cette disposition s’applique à tout mode d’abattage et à toute espèce de bétail.»

L’interdiction de l’abattage sans étourdissement pré­alable fut maintenue par la loi sur la protection des animaux du 9 mars 1978, exception faite pour la volaille. Elle fut réaffirmée par l’ordonnance du 27 mai 1981, ordonnance modifiée le 14 mai 1997.

La Convention européenne sur la protection des animaux d’abattage de 1979, entrée en vigueur pour la Suisse le 4 mai 1994, n’a pas pu interdire l’abat­tage sans étourdissement préalable et a laissé à cha­que Etat contractant le droit de déroger à cette inter­diction.

B) Débat de fond en Suisse

Dans son message [travaux préparatoires] de 1972 relatif à la modification de l’article 25bis, le Conseil fédéral explique les divergences apparues lors des débats concernant l’abattage sans étourdissement pré­alable:

Les organisations protectrices des animaux et, avec elles, de larges milieux de la population exigent l’interdiction de saigner les animaux de toutes espè­ces sans qu’ils aient été préalablement étourdis. On veut ainsi épargner aux animaux, dont l’abattage est nécessaire à l’alimentation de la population, des souffrances pour le moins inutiles. En revanche, les prescriptions de la religion juive (d’ailleurs aussi celles de la religion islamique) interdisent d’étourdir les animaux avant la saignée, qui s’opère par inci­sion des parties molles du cou de l’animal (égorge­ment). Dans les milieux qui s’occupent de la pro­tection des animaux, cette manière d’abattre a de tout temps été ressentie comme particulièrement cruelle.[3]

Répondant à l’argument de la liberté religieuse, le Message fédéral de 1977 concernant la loi sur la pro­tection des animaux du 9 mars 1978, précise:

Nous convenons que cette interdiction comporte une certaine restriction à la liberté de croyance, d’opinion et de culte d’une minorité religieuse. Or, tout droit à la liberté est soumis aux limites impo­sées par la Constitution et la loi et il en va ainsi de la liberté de croyance, d’opinion et de culte [...]. Les débats au Parlement et l’issue du vote populaire concernant l’article constitutionnel sur la protection des animaux ne laissent subsister aucun doute quant au fait que les méthodes pour les abattages rituels utilisées jusqu’à présent constituent, pour le moins aux yeux de larges milieux de la population, une atteinte aux principes régissant la protection des animaux. Elles doivent donc être interdites.[4]

La doctrine en Suisse a soutenu généralement l’idée que l’interdiction de l’abattage sans étourdissement préalable est une atteinte à la liberté religieuse des juifs et des musulmans, dont les normes exigeraient, d’après eux, que l’animal ne soit pas étourdi avant d’être saigné (p. ex.: Favre[5], Kälin[6] et Fleiner[7]). Certains y voient une manifestation d’antisémitisme (p. ex.: Aubert[8] et Krauthammer[9]).

C) Avant-Projet avorté du 21 septembre 2001 et la nouvelle loi de 2005

Le Conseil fédéral a remis en question l’interdiction d’abattre les animaux sans étourdissement préalable dans l’avant-projet de loi sur la protection des ani­maux soumis à la consultation le 21 septembre 2001. L’alinéa 4 de l’article 19 de cet avant-projet dispose:

L’abattage de mammifères sans étourdissement avant la saignée ne peut être effectué qu’avec l’auto­risation de l’autorité compétente et dans des abat­toirs autorisés, titulaires de l’autorisation prescrite à l’article 16 de la loi fédérale du 9 octobre 1992 sur les denrées alimentaires et les objets usuels. Cet abattage est autorisé pour répondre aux besoins des communautés religieuses dont les règles contrai­gnantes prescrivent l’abattage sans étourdissement ou interdisent la consommation de viande issue d’animaux qui ont été étourdis avant la saignée.[10]

Le Rapport explicatif de l’avant-projet précise que l’interdiction de l’abattage sans étourdissement pré­alable

est considérée par certains comme une limitation disproportionnée de la liberté de conscience et de croyance garantie à l’article 15 de la Constitution. Le Conseil fédéral partage ce point de vue. Il estime que l’intérêt public consistant à protéger les ani­maux de boucherie des douleurs et des maux n’est pas suffisant pour maintenir l’interdiction en vigueur en Suisse depuis 1893.[11]

L’avant-projet du Conseil fédéral a suscité une vive opposition, notamment de la part de l’Office vétéri­naire fédéral, de la Société des vétérinaires suisses, de l’Union suisse des maîtres-bouchers et des asso­ciations pour la protection des animaux. Face à ces réactions défavorables, le Conseil fédéral a décidé de modifier son avant-projet, maintenant l’inter­diction de l’abattage avant étourdissement préalable. Dans un communiqué de presse du 13 mars 2002, il dit y avoir renoncé «dans l’intérêt de la paix confes­sionnelle», soulignant le fait que «les résultats de la consultation indiquent qu’une grande majorité des cantons et des organisations consultées refusent cette dérogation».[12] L’article 21 de la loi fédérale sur la protection des animaux adoptée par le Parlement le 16 décembre 2005 dispose désormais:

1) Les mammifères ne peuvent être abattus que s’ils sont étourdis avant d’être saignés.

2) Le Conseil fédéral peut prescrire l’étourdisse­ment pour l’abattage d’autres ani­maux.

3) Le Conseil fédéral spécifie les méthodes d’étour­dissement autorisées.

4) Le Conseil fédéral fixe, après avoir consulté les orga­ni­sations professionnelles, les exigences aux­­quelles doivent satisfaire la formation et la forma­tion continue du personnel des abattoirs.[13]

Le délai référendaire court jusqu’au 20 avril 2006. Le Conseil fédéral fixe l’entrée en vigueur (ensem­ble avec l’ordonnance sur la protection des animaux, probablement pas avant 2007).

D) Remise en question du postulat de base

L’ancienne et la nouvelle position du Conseil fédé­ral, ainsi que la position de la doctrine juridique suisse qui considère l’interdiction de l’abattage sans étourdissement préalable comme contraire à la liberté religieuse ou comme manifestation de racisme, partent du postulat que les normes juives et musulmanes interdisent l’étourdissement des ani­maux avant de les saigner. Mais aucune source n’est avancée à l’appui de ce postulat.

La question qui se pose est donc la suivante: est-il exact que les juifs et les musulmans ont des règles religieuses contraignantes qui prescrivent l’abattage sans étourdissement ou interdisent la consommation de viande issue d’animaux qui ont été étourdis avant la saignée? Cette question a été posée à l’Institut suisse de droit comparé par l’Office vétérinaire fédé­ral ainsi que par la Société vaudoise pour la protec­tion des animaux. Après un examen des sources juives et musulmanes, l’Institut a répondu par la négative dans ses avis 01-150 et 01-162 (respecti­vement du 18 et du 19 décembre 2001). Il a conclu:

La Suisse, en exigeant l’étourdissement des ani­maux avant l’abattage, ne heurte pas des normes reli­gieuses juives ou musulmanes si l’étour­dis­sement ne provoque pas la mort de l’animal (pour les juifs et les musulmans) et ne le blesse pas (pour les juifs).

Cet avis a certainement contribué à la modification de l’avant-projet fédéral, en invalidant le postulat sur lequel il se basait. Les arguments avancés par l’Institut sont indiqués dans le point suivant.

3. L’abattage rituel en droit juif et musulman

A) Absence de normes contraignantes en droit juif et musulman

Le droit juif a deux sources: la Bible et le Talmud. Le droit musulman a aussi deux sources: le Coran et la Sunnah (tradition) de Mahomet. Ces sources ne comportent pas de règles contraignantes qui prescri­vent l’abattage sans étourdissement ou interdisent la consommation de viande issue d’animaux qui ont été étourdis avant la saignée. Cela s’explique par le fait que l’étourdissement est un procédé tardif lié à l’évolution des mœurs, notamment en ce qui concerne le respect dû à l’animal et au souci de ne pas lui causer une souffrance inutile. Les autorités religieuses juives et musulmanes discutent cepen­dant de l’étourdissement à partir de trois normes indirectes, à savoir:

– l’interdiction de consommer du sang;

– l’interdiction de manger de la viande d’un animal mort ou déchiré;

– le respect de l’animal.

B) Interdiction de la consommation du sang

La Bible interdit la consommation du sang (Genèse 9:4; Lévitique 17:12-14 et Deutéronome 12:23-24). Cette interdiction est également prévue par le Nou­veau Testament (Actes des apôtres 15:20 et 29) et par le Coran (2:173; 5:3; 6:145 et 16:115). En vertu de cette interdiction, l’animal doit être vidé de son sang après avoir été égorgé. On excepte de cette règle le poisson, lequel ne doit pas être vidé de son sang.

L’interdiction de consommation du sang est un des arguments utilisé par les autorités fédérales dans l’avant-projet pour justifier la levée de l’interdiction de l’abattage sans étourdissement. Si en effet l’étour­dissement de l’animal empêche l’écoulement du sang, on peut considérer l’étourdissement comme contraire aux normes religieuses juives et musulma­nes. Mais ceci n’est pas démontré. Le Docteur Samuel Debrot soutient même le contraire.[14]

C) Interdiction de la consommation de la viande d’un animal mort ou déchiré

La Bible interdit de manger de la viande de bête morte, déchirée par un fauve ou avariée (Exode 22:30; Deutéronome 14:21; Lévitique 17:15-16; Lévitique 22:8; Ézéchiel 4:14). Pour les juifs, l’ani­mal doit être vivant lorsqu’il est saigné. En plus, il faut qu’il ne soit pas blessé. Et c’est de ces deux exigences, que les milieux juifs opposés à l’étourdis­sement tirent leurs arguments. Pour cette raison, le Rabbin Levinger, autorité en la matière, écarte la possibilité de recourir à l’anesthésie chimique qui affecte la qualité de la viande et la rend dangereuse, ainsi que l’utilisation du dioxyde de carbone qui pourrait provoquer l’étouffement de l’animal.[15] En ce qui concerne l’étourdissement par électronarcose, il ne le rejette pas en soi, mais doute qu’il puisse être pratiqué en boucherie sans provoquer la mort de l’animal. Il avance aussi le fait que l’électronarcose pourrait être dangereuse en raison de l’utilisation de l’eau dans les abattoirs.[16] De même, il craint que l’étourdissement de l’animal ne l’expose à la blessure, ce qui rend sa viande inconsommable.[17] Comme on peut le constater, son opposition à l’étourdissement par électronarcose ne se base pas sur des normes religieuses juives mais sur des considérations prati­ques.

L’interdiction de manger de la viande d’un animal mort, prescrite aussi par le Nouveau Testament (Actes des apôtres 15:20 et 29) se retrouve égale­ment dans le Coran aux versets susmentionnés (sous B). Le verset 5:3 précise qu’il est interdit de consommer «la chair de la bête étouffée, de la bête tombée sous des coups, de la bête morte d’une chute ou d’un coup de corne, la chair de ce que les fauves ont dévoré – sauf si vous l’avez purifiée». Les légis­tes musulmans estiment que tant que l’animal donne signe de vie, il peut être saigné et sa viande est à considérer comme licite; en le saignant, on le puri­fie. Le gibier mort au cours de la chasse est licite même s’il n’a pas été saigné, sauf si l’opportunité de le saigner s’était présentée, mais n’avait pas été saisie (Coran 5:4). Plusieurs fatwas musulmanes affirment que l’étourdissement de l’animal n’aboutit pas nécessairement à la mort de l’animal.[18] Un auteur musulman va jusqu’à citer le Coran: «Quand le Seigneur se manifesta à la Montagne, Il la mit en miettes et Moïse tomba foudroyé» (7:143). Bien que foudroyé, Moïse n’en est pas mort. Si donc l’étour­dissement de l’animal n’aboutit pas à sa mort avant qu’il ne soit saigné, il est licite du point de vue du droit musulman.[19] Des sources musulmanes évo­quent l’expérience de la Nouvelle-Zélande, grand expor­tateur de viande halal vers les pays musul­mans. Le National Animal Welfare Advisory Com­mittee indique que, malgré la possibilité d’obtenir une dispense au nom de la liberté religieuse, les musulmans de ce pays ont accepté le recours à l’électronarcose par la tête (head-only electrical stun) qui rend l’animal temporairement inconscient. Cette méthode fut développée par ce pays dans les années 1980. L’animal électrocuté ne sent pas la souffrance ou le stress avant d’être saigné, et s’il est laissé non-saigné il se rétablit complètement.[20]

D) Respect de l’animal

La consommation de la viande implique la mise à mort de l’animal dont elle provient. Si toute mort est cruelle, cette cruauté peut avoir différents degrés et il convient de réduire cette cruauté au minimum et de ne pas faire souffrir l’animal inutilement. Or, juifs et musulmans sont d’accord pour affirmer que l’ani­mal ne doit pas être exposé à des souffrances inuti­les.

Les autorités religieuses juives opposées à l’étour­dissement de l’animal estiment que la méthode juive d’abattre les animaux est plus appro­priée pour réduire la souffrance de l’animal, et que l’étourdis­sement ne provoquerait qu’une souffrance inutile supplémentaire.[21] Ce point de vue juif est loin d’être partagé par les différentes sociétés de protec­tion des animaux[22], la Société des vétérinaires suis­ses[23], l’Union suisse des maîtres-bouchers[24], le Conseil fédéral, l’Office fédéral vétérinaire[25] et les législa­teurs des pays occidentaux qui imposent l’étour­dissement des animaux avant la saignée pour réduire la souffrance de l’animal. Les autorités reli­gieuses musulmanes favorables à l’étourdissement admettent que celui-ci réduit la souffrance de l’animal et, de ce fait, il répond à l’injonction de Mahomet: «Dieu a prescrit la bonté en toute chose. Si vous tuez, faites-le avec bonté, et si vous saignez un animal, faites-le avec bonté». C’est la raison pour laquelle ces auto­rités ne s’opposent pas à l’étourdis­sement de l’animal à condition qu’il ne provoque pas la mort de celui-ci avant d’être saigné.

4. Respect des convictions des juifs et des musulmans et … des autres

Comme indiqué sous le chiffre 2.b, les professeurs de droit et le Conseil fédéral invoquent le respect de la liberté religieuse des minorités juive et musul­mane en faveur de la levée de l’interdiction de l’étourdissement malgré l’absence de règles religieu­ses contraignantes qui s’opposent à un tel étourdis­sement. Il est cependant un aspect dont il faut tenir compte également, celui de la liberté de conviction des adversaires de l’abattage sans étourdissement.

Il faut en effet savoir que les juifs abattent plus d’animaux qu’ils ne consomment de viande.[26] Ceci pour deux raisons: d’une part, les animaux saignés peuvent être déclarés comme non casher après avoir été abattus; d’autre part, les juifs ne mangent pas la partie inférieure, en raison de l’interdiction de consommer le nerf sciatique (Genèse 32:33), qui est difficile et coûteux à enlever entièrement. La viande des animaux abattus sans étourdissement, et classi­fiée comme inconsommable par les juifs, est vendue sur le marché, généralement sans indication.[27] Or, si les professeurs de droit et le Conseil fédéral ont le souci de respecter les convictions religieuses des minorités juive ou musulmane (malgré l’absence de règles religieuses contraignantes), il est tout aussi important de respecter les convictions de ceux qui refusent l’abattage sans étourdissement et qui récla­ment que les emballages indiquent la manière dont l’animal a été abattu.


 

 

[1] Nous nous limitons dans les notes à quelques référen­ces essentielles. Pour plus de références et de détails, voir Sami A. Aldeeb Abu-Sahlieh: Faux débat sur l’abattage rituel en Occident: ignorance des normes juives et musulmanes, cas de la Suisse, Revue de droit suisse, 2003, pp. 247-267, et l’avis sur l’étour­dissement des animaux avant leur abattage, du 21 dé­cem­bre 2001, établi par l’Institut suisse de droit comparé à l’intention de la Société vaudoise pour la protection des animaux

 

(http://www.svpa.ch/images/magazine/avisdedroit.doc)

 

[2] Arrêté fédéral du 22 décembre 1893, in: Recueil offi­ciel, vol. XIII, 1894, p. 1015-1018.

 

[3] Feuille fédérale 1972 II 1479.

 

[4] Feuille fédérale 1977 I 1108-1109.

 

[5] Favre, Antoine: Droit constitutionnel suisse, Editions universitaires, Fribourg, 2ème édition, 1970, p. 284.

 

[6] Kälin, Walter: Grundrechte im Kulturkonflikt, Freiheit und Gleichheit in der Einwanderungsgesellschaft, Zurich, 2000, p. 192 ss.

 

[7] Fleiner, Thomas: Article 25bis, in: Commentaire de la Constitution fédérale de la Confédération suisse du 29 mai 1874, Helbing et Liechtenhahn, Bâle, état: 1989, par. 16, 19 et 21.

 

[8] Aubert, Jean-François: Traité de droit constitutionnel suisse, Editions idées et calendes, Neuchâtel, 1967, vol. 2, par. 2067.

 

[9] Krauthammer, Pascal: Das Schächtverbot in der Schweiz 1854-2000, Die Schächtfrage zwischen Tierschutz, Politik und Fremdenfeindlichkeit, Schult­hess, Zurich, 2000, p. 274.

 

[10] Texte de l’avant-projet dans:

 

http://www.bvet.admin.ch/tierschutz/00701/?lang=fr

 

[11] Révision de la loi sur la protection des animaux: rap­port explicatif de l’avant-projet, 21.9.2001, p. 7. Texte du rapport dans:

 

http://www.bvet.admin.ch/tierschutz/00701/?lang=fr

 

[12] http://www.evd.admin.ch/evd/news/02188/index.html?lang=fr.

 

Voir le Rapport sur les résultats de la procédure de consultation relative à l’avant-projet de la révision de la loi sur la protection des animaux dans: http://www.bvet.admin.ch/tierschutz/00701/?lang=fr.

 

[13] Texte de la loi dans: http://www.parlament.ch/f/se-schlussabstimmung-02-092.pdf

 

[14] Debrot, Samuel: L’opinion d’un directeur d’abattoir, in: Das sogenannte Schächtverbot, Schriftenreihe des Schweizerischen Tierschutzverbandes, no 6, Bâle, 1971, p. 20-21. La Fondation Brigitte Bardot dit que «la viande d’un animal vidé de son sang et préalable­ment anesthésié contient autant de sang que celle d’un animal égorgé sans anesthésie»

 

(http://www.fondationbrigittebardot.fr/fr/journal/10_98/10_3.html).

 

[15] Levinger, Israel Meir: Schechita im Lichte des Jahres 2000, Zentralrat der Juden in Deutschland, Bonn-Bad Godesberg, und Machon Maskil L’David, Jerusalem, 1996, p. 133-135.

 

[16] Ibid., p. 139, 140 et 142.

 

[17] Ibid., p. 142; Levinger, Israel Meir: Die Jüdische Schlachtmethode, in: Schächten, Religionsfreiheit und Tierschutz, herausgegeben von Richard Potz, Brigitte Schinkele und Wolfgang Wieshaider, Plöchl, Frei­stadt; Kovar, Elging, 2001, p. 2-3.

 

[18] Voir ces fatwas et les références dans Aldeeb Abu-Sahlieh: Faux débat, op. cit, p. 258-261.

 

[19] Abd-al-Hadi, Abu-Sari Muhammad: Ahkam al-at’imah wal-dhaba’ih fi al-fiqh al-islami, Dar al-jil, Beyrouth; Maktabat al-turath al-islami, le Caire, 2ème édition, 1986, p. 216-217.

 

[20] Discussion paper on the animal welfare standards to apply when animals are commercially slaughtered in accordance with the religious requirements, Welling­ton, avril 2001, p. 13, par. 7.2. in:

 

http://www.maf.govt.nz/biosecurity/animal-wel­fare/nawac/papers/religious-requirements.pdf.

 

[21] Levinger: Schechita im Lichte des Jahres 2000, op. cit., p. 134. et 142-143.

 

[22] Voir par exemple la lettre de Bernard Lavrie, secré­taire de la Coordination intercommunautaire contre l’antisémitisme et la diffamation, qui cite le rabbin Levinger et la réponse à cette lettre in Acusa, 1998, 1: www.acusa.ch/an1998-1/01-lutte.html. Voir aussi

 

Massacres sans anesthésie, in:

 

http://www.ragecoeur.itgo.com/rituel3.html;

 

Abatta­ges rituels autorisés, in:

 

http://www.svpa.ch/evenements.html

 

[23] La Société des Vétérinaires Suisses ne veut pas d’une autorisation de l’abattage rituel, in:

 

http://www.gstsvs.ch/cug/gst_vet/index.nsf?Open

 

[24] Union suisse des maîtres-bouchers, 28.9.2001, in:

 

http://www.qualiteduboucher.ch/pages/francais/polit.htm#p151

 

[25] Office vétérinaire fédéral: Informations de base sur l’abattage rituel, 20.9.2001, par. 5.

 

[26] Loc. cit.

 

[27] Gellatley, Juliet: Going for the Kill: A Viva! report on religious (ritual) slaughter: Do supermarket chains sell religiously slaughtered meat? in:

 

http://www.viva.org.uk/Viva!%20Campaigns/Slaughter/goingforthekill3.htm#Stunning%20Abroad;

 

Voir aus­si Hartinger, Werner: Das betäubungslose Schächten der Tiere in unserer Zeit, Conférence du 8 sep­tembre 2000, Berlin, in:

 

http://www.vgt.ch/news/000926.htm.

 







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