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Le mouton qui blasphème – Par Fethi Benslama*

6122008

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Il y a quelque temps, le caricaturiste algérien Dilem mettait en scène, le jour de la fête du sacrifice, un mouton fuyant à toute vitesse, poursuivi par un homme brandissant un couteau. Dans la bulle, le mouton dit : « Mais pourquoi veulent-ils m’égorger ? Pourtant, je ne suis ni une femme ni un intellectuel. »

Voyez-vous, mesdames, messieurs, chers amis, ce mouton blasphème : non seulement il veut se soustraire à la place que lui assigne Dieu dans ses saintes écritures, lorsqu’il a voulu le substituer au fils du prophète Abraham, mais, de plus, ce mouton parle et, ce faisant, il brouille les frontières de la création divine entre l’homme et l’animal. La bête parle et fait de l’humour avec les affaires religieuses : c’est ignoble…

Il y a plus grave encore : en courant plus vite que l’homme qui veut le trucider, il ridiculise ce paisible musulman sacrifiant et humilie l’ensemble de la communauté musulmane, sinon la totalité des milliards de musulmans morts et vivants. Mais le pire n’est-il pas que ce mouton fuyant de peur devant un musulman qui veut le manger est de toute évidence islamophobe !

Se fondant sur cette lecture, même des années après, ce mouton insoumis pourrait voir, ce soir, au Théâtre du Soleil de la dite « Cartoucherie », se lever un imam spontané qui le cartouche d’une fatwa.

Nous verrons alors le MROPP (Mouvement pour Ramener les Ovins chez les Prédicateurs Paranoïaques) intenter un procès pour diffamation de sacrifiants ; tandis que la République, par ses voix les plus autorisées, présenterait ses excuses à tous les pratiquants modérés de méchouis sacrés, et les assurerait de son respect.

Merci, cher Dilem, d’avoir dessiné un mouton blasphémant, car tu m’as fourni ce soir la première page de mon propos, pour tenter de faire parvenir, le plus simplement, l’étonnement de ton mouton à ceux qui, aujourd’hui, ne veulent pas savoir, ne veulent pas comprendre, que voici des années, au nom de l’islam, tout est prétexte non seulement à interdire, à condamner, à excommunier, mais à éradiquer ce qui peut représenter l’« ironie de la communauté », la critique de son mythe, la désidentification à ses saintetés viriles et carnivores.

Voici des années que la tonsure de l’esprit arme le censure qui tue. Car la censure au nom de l’islam tue, sacrifie, grille au feu de l’Enfer et dévore les insoumis, afin de les soumettre à la religion de la soumission.

Par où commencerai-je la visite de ce mémorial invisible du trucide islamo-spasmophile ? Comment ferai-je pour nommer tous ceux qui, pour une plaisanterie, pour un article, pour un roman, pour un essai, ou simplement pour avoir été la fille, le fils, la sœur ou le frère de l’auteur, ont été transformés, par l’édit d’un commandeur des croyants, par un émir pétrolifère ou barbifique, par un chef de potent-état, par un imam sporadique, ou un illettré coranique fatwatant, transformé, disais-je, en moutons traqués, quand le couteau ou l’acide sulfurique de l’exécuteur ne les a pas rattrapés et anéantis. Comment nommer tous les anonymes de la fabrique des apostats ? Hélas, je ne le pourrai pas, le temps manque et la liste n’est pas établie – le sera-t-elle jamais ?

Je presse le pas et je me souviens que, pour l’époque actuelle, quelques années avant l’affaire Rushdie, déjà en 1985, le tribunal des mœurs du Caire avait condamné à la prison l’éditeur et l’imprimeur des Mille et Une Nuits, et ordonné l’autodafé sur la place publique de la voix de Shéhérazade.

Je me souviens qu’en 1988 paraît en Arabie Saoudite un livre qui jette l’anathème sur plus d’une centaine d’écrivains arabes morts ou vivants : Salama Moussa, Shibli Shmmayyil, Naguib Mahfouz, Lofti as-Sayyid, Muhammad al-Jabiri, Shakir Shakir, Saïd Aql, Adonis, etc.

Je me souviens qu’en 1989 le roman de Salman Rushdie, les Versets sataniques, est déclaré blasphématoire par Khomeyni, qui appelle au meurtre de l’auteur ainsi que tous les éditeurs du roman. Salman Rushdie, dont la vie pendant des années a été celle d’une bête traquée, a eu la chance de bénéficier de la protection de la police de son pays européen d’adoption.

Je me souviens que ses traducteurs italien et japonais furent tués, respectivement, à Milan et à Tokyo ; que le recteur de la Mosquée de Bruxelles et son adjoint, qui ont voulu trouver une issue théologique à la fatwa, ont été frappés par les services secrets iraniens en mars 1989. Souvenez-vous des autodafés du livre au cœur de l’Europe, d’intellectuels turcs brûlés vifs dans une maison où ils se sont réunis pour défendre l’écrivain.

Souvenez-vous encore que la fatwa n’a jamais été abrogée, et qu’il y a quelques jours, le chef du Hezbollah libanais avait déclaré que si cette fatwa contre Rushdie avait été exécutée, il n’y aurait pas eu de caricatures danoises. Mais, en fait, l’appel au meurtre contre Rushdie a ouvert une jurisprudence par laquelle il est devenu loisible à n’importe quel imam spontané de prononcer une sentence de mort à l’encontre de n’importe quel intellectuel supposé musulman renégat, n’importe où dans le monde.

Je me souviens que le 8 juin 1992 l’écrivain Farag Foda, quarante-sept ans, a été criblé de balles, qui ont atteint également son fils Ahmad, quinze ans, et Wahid Rafaat Zaki, un ami de ce dernier. Une déclaration d’Al-Djamaa al-Islamiya a revendiqué l’assassinat de Foda, accusé d’être un apostat, de préconiser la séparation de la religion et de l’État et de préférer le système légal en vigueur à l’application de la charia. En décembre 1992, sur ordre d’Al-Azhar et « au nom de l’islam, religion de l’État », les œuvres de Foda, rééditées en hommage, sont interdites et saisies.

Je me souviens que le 3 septembre 1992, sur la grande place de la ville de Qatif, en Arabie Saoudite, le poète Sadiq Melallah a été décapité au sabre par les autorités de ce pays, pour crime de blasphème et d’abjuration.

Je me souviens qu’à partir de 1993 s’ouvre en Algérie l’hécatombe des intellectuels et artistes : assassinats de Djilali Liabès, sociologue, Tahar Djaout, écrivain, du psychiatre Mohammed Boucebci, président du comité de vérité sur la mort du premier, M’hammed Boukhobza, sociologue, Merzag Baghtache, journaliste et écrivain, Saad Bakhtaoui, journaliste, Abderrahmane Chergou, écrivain et journaliste, Youssef Sebti, poète et écrivain, Abdelkader Alloula, dramaturge et metteur en scène, Bakhti Benaouda, écrivain, Ferhat Cherkit, Youssef Fathallah, Lamine Lagoui, Ziane Farrah, etc. La liste est encore longue.

Je me souviens que le 24 septembre 1994 un groupe d’islamistes du Bangladesh prononce une fatwa contre Taslima Nasreen, la condamnant pour blasphème et mettant sa tête à prix, et que, sous la pression des manifestations islamistes, les autorités lancent un mandat d’arrêt contre elle, en juin 1994.

Je me souviens que le 14 octobre 1994 Naguib Mahfouz, quatre-vingt-trois ans, Prix Nobel de littérature, est poignardé à la gorge, au Caire, par un jeune intégriste.

Je me souviens que le 21 juin 1995 a été lancée l’accusation d’apostat contre Nasr Hamed Abu Zeid, professeur d’Université – ce qui signifie la mort – et qu’une cour d’appel du Caire avait conclu le 14 juin 1995 que cet homme avait insulté l’islam dans ses écrits, qu’il devait se séparer de son épouse car celle-ci, musulmane, ne pouvait rester mariée à un « apostat ». La cour de cassation du Caire a confirmé cet arrêt en août 1996. Un mois plus tard, le tribunal des référés de Guizeh a ordonné un « sursis à exécution », mais un avocat islamiste a interjeté appel de cette décision, qui a été confirmée en décembre 1996 par un autre tribunal.

Je me souviens qu’en avril 2000 l’écrivain Haydar Haydar a été déclaré apostat et qu’il fut condamné à mort pour son roman Festin pour les algues marines, publié sept ans plutôt à Chypre, parce que l’un des personnages de son roman disait : « Les lois des divinités bédouines, l’enseignement du Coran, c’est de la merde. » Après la condamnation pour une fiction de blasphème, à quand le meurtre pour blasphème inconscient ?

Je me souviens, je me souviens, je me souviens… J’arrête cette litanie au début du IIIe millénaire, car je voudrais vous inviter à découvrir par vous-même le long rouleau des traqués, des apostasiés, des condamnés, des assassinés, pour peu que vous osiez taper sur la Toile ces quelques mots : islam, meurtre, fatwa, censure – dans n’importe quel ordre. Vous découvrirez peut-être que certains noms qui vous sont un peu familiers, dont quelques-uns sont parmi nous ce soir, sont promis au gibet, le jour de leur arrivée au pouvoir, par des chefs islamistes réfugiés politiques dans telle ou telle capitale européenne. Je vous prie alors de ne pas les appeler pour leur dire : Quel courage ! Car, c’est là que se produit cette attaque de panique où ils commenceront à avoir peur de leur peur.

Non, ce n’est pas de ce genre de soutien dont ils ont besoin aujourd’hui, mais de votre résistance au piège auquel collaborent tant de démocrates et hommes de gauche européens qui, dans leur lutte contre le racisme, en sont venus à oublier la censure qui tue. Car une nouvelle machine a été depuis inventée, celle du « musulman humilié » : une machine infernale, puisque alimentée par une réalité certaine de mépris et des droits bafoués ici et là, tendant à justifier et à armer le mythe identitaire qui veut, au nom du sacré, poursuivre l’éradication de tout écart à la communauté des croyants, et légaliser, par les descendants de la révolution des libertés, l’empêchement de parler, d’écrire, de dessiner.

Dans les périodes les plus sombres de leur histoire, quand le colonialisme faisait régner son ordre de mépris et de négation des droits les plus élémentaires, les musulmans n’ont jamais considéré que leur Dieu était « humiliable », ni que les figures idéales de leur culture pouvaient être facilement diffamées : leur lutte pour leur dignité faisait simplement appel à l’égalité des droits, et non à la fabrique de la vengeance aveugle de l’« humiliation » – une notion inventée en Europe, qui appartient au lexique ecclésiastique de l’abaissement, de la honte, de la mortification, bref, à l’imaginaire de l’orgueil. Quand on tue des civils en masse, quand on égorge des hommes devant la télévision au nom de l’islam, n’est-ce pas là l’atteinte la plus grave contre laquelle les musulmans devraient protester ? Combien l’ont-ils fait ?

Le combat antiraciste pour le droit et l’égalité est aujourd’hui détourné, par le faux aiguillage de l’humiliation, vers la défense des mythes identitaires les plus terrifiants, vers le soutien à la religiosité des paranoïaques criminels, dont il blanchit les méfaits, en faisant de ses prédicateurs des victimes de notre liberté de penser, de parler et d’écrire. Nous parvenons aujourd’hui à cette situation de ségrégation où un homme ou une femme de culture musulmane a moins de légitimité à critiquer l’islam que des Européens de le faire pour le christianisme ou le judaïsme. Les premiers seront soupçonnés ou accusés d’« islamophobie », d’être les alliés objectifs de la droite raciste, alors que les seconds ne feraient qu’exercer un droit évident. Certains descendants des Lumières sont devenus aveugles aux lumières des autres.

Profitant de la supposée humiliation par les caricatures du Prophète, du supposé blasphème de personnes qui ne partagent pas la croyance des musulmans (peut-il y avoir blasphème là ou il n’y a pas croyance ?), les cinquante-sept pays de l’Organisation de la conférence islamique (OCI) viennent de demander que le Conseil des droits de l’homme de l’ONU, voué à remplacer la Commission des droits de l’homme de Genève, d’inscrire dans son texte fondateur l’article suivant : « La diffamation des religions et des prophètes est incompatible avec le droit à la liberté d’expression. »

Ils proposent de donner mandat au nouvel organisme de « promouvoir le respect universel de toutes les religions et valeurs culturelles », et de « prévenir les cas d’intolérance, de discrimination, d’incitation à la haine et à la violence [...] contre les religions, les prophètes et les croyances ». L’amendement de l’OCI précise que les attaques contre les religions causent des « dissonances sociales qui conduisent à des violations des droits de l’homme ».

Croyez-moi, même si cette proposition ne sera pas retenue, il en restera quelque chose. Elle est, en tout cas, le symptôme de la perversion, à l’œuvre aujourd’hui, qui veut que les droits de l’homme et le combat anti-raciste deviennent les défenseurs de l’idéologie islamiste et de sa censure qui tue.

« Le Manifeste des Libertés » à la Cartoucherie de Vincennes, Théâtre du Soleil, Mars 2006. Fethi Benslama est professeur de Psychopathologie à l’Université Paris-VII

Source : http://www.manifeste.org

Cette intervention* date du mois de mars 2006. Son contenu reste hélas d’actualité.

Je l’ai choisi pour vous, pour introduire à mon prochain article qui sera intitulé « Le stalinisme mystique tisse sa toile à Villeneuve d’Ascq« .

A suivre sur ce blog après la fête du sacrifice. Cette journée durant laquelle des centaines de millions de moutons seront égorgés de manière quasi-mécanique en livrant à ces centaines de millions de  sacrifiants, une quantité considérable de viande à congeler.

Cependant, le sens d’un tel acte continuerait à échapper à la majorité de ceux qui l’observent. Le jour où l’on comprendra  mieux sa signification et où l’on cernera davantage sa profondeur, ce jour-là, on cessera, je le pense, d’égorger ces centaines de millions de bêtes et on célébrera, sans égorger aucun mouton, et tous les jours de l’année, l’authentique valeur ajoutée de cette fête.  

En attendant, joyeuse fête à toutes et à tous !




De la caricature censurée (3)

25032007

La violence terroriste est-elle inhérente à l’islam ?

Ma réponse est OUI et NON. Tout dépend de quel « islam » on parle !

Premièrement, si on parle de l’islam tel qu’il se définit dans le Coran et dans les Livres révélés, ma réponse est NON. La violence n’est pas inhérente à cet islam. Puisque cet islam même se définit essentiellement comme antidote à toute forme de violence et donc comme solution pacifique dont bénéficie, et bénéficiera, tout un chacun. Et ce, quelque soit sa religion, son sexe, son statut social et son ethnie.

Le Coran, à l’image des autres Livres révélés et les sagesses philosophiques qui ont traversé le temps et l’espace, prêche le dialogue, le pardon, la miséricorde, la rencontre, la liberté de conscience, de pensée et d’expression, le partage, la solidarité, la fraternité, l’esprit de médiation et non pas celui du conflit,… (À suivre sur ce blog un article qui détaillera cela). Et pour prendre un exemple qui est celui de la liberté de conscience, de pensée et d’expression, le Coran nous dit :

Dieu dit : « Point de contrainte en religion maintenant que la vérité se distingue nettement de l’erreur » (sourate 2 – 256).

 

Dieu dit : « Et si ton Seigneur l’avait voulu, tout ceux et celles peuplant la Terre auraient sans exception embrassé Sa foi ! Est-ce à toi de contraindre les gens à devenir croyants ? » (Jonas – 99).

 

Dieu dit : « Quiconque choisit la bonne voie le fera à son propre avantage et quiconque préfère l’égarement le fera à son propre détriment car tu- en s’adressant au Prophète- n’es point pour eux un répondant » (Les groupes – 41).

 

Dieu dit : « Dis : la Vérité émane de votre Seigneur, Croira qui voudra et niera qui voudra ! » (La Caverne – 29).

 

Dieu dit : « Nous savons fort bien ce que disent les gens, mais tu n’as pas mission d’exercer sur eux une quelconque contrainte, contente-toi d’avertir, par ce Coran, ceux qui redoutent la menace de Mes rigueurs » (Qäf – 45).

 

Dieu dit : « Rappelle-leur tout cela ! Car ton rôle se limite à le leur rappeler et tu n’as sur eux aucune autorité » (L’Epreuve universelle – 21 et 22).

 

Deuxièmement, si on parle d’un autre islam qui est celui desdits Hadiths (qui sont l’ensemble des réflexions et citations écrites par des compilateurs après environ deux siècles de la mort du prophète ! Et qui sont attribués, souvent mensongèrement, au prophète puisque ces citations s’opposent et contredisent le texte coranique à plusieurs niveaux) Je dis OUI, la violence est, de ce point de vue, inhérente à cet islam. Qui a fait volte face sur l’ensemble des principes et valeurs que les révélations successives ont venu rétablir et promouvoir.

Je reprends le même exemple, à savoir celui de la liberté de conscience, de pensée et d’expression. A ce sujet « l’islam des Hadiths » nous dit :

- D’après Abdallah le fils de Omar, l’Envoyé de Dieu a dit: «Il m’a été ordonné de combattre les hommes jusqu’à ce qu’ils témoignent qu’il n’est d’autre divinité qu’Allah, et que Mohammed est Son Envoyé, qu’ils accomplissent la prière rituelle, qu’ils acquittent la Zakat. S’ils exécutent ces choses, ils seront, à mon égard, garantis quant à leurs personnes et à leurs richesses, à moins qu’ils ne transgressent la loi de l’Islâm, mais Dieu règlera le compte de leurs intentions vraies ».

- D’après Abdallah le fils de Abbâs, l’Envoyé de Dieu a dit : « Quiconque change sa religion, tuez-le (Rapporté par tous les compilateurs de hadiths sauf Mouslim).

- D’après Abdallah le fils de Massoud, l’Envoyé de Dieu a dit : « Le sang d’un Musulman qui atteste qu’il n’y a de dieu que Dieu et que je suis le Messager de Dieu est illicite sauf dans trois cas : l’homicide volontaire, le fornicateur qui a déjà connu le mariage et l’apostat qui abandonne la Communauté. » (Rapporté par l’ensemble des compilateurs de hadiths).

Cet « islam des Hadiths » traduit fidèlement, non seulement ce que dénoncent les caricatures en question, mais aussi ce que voulait dire le Pape Benoît XVI quand il a cité une partie du dialogue que le docte empereur byzantin Manuel II Paléologue entretint avec un Persan cultivé sur le christianisme et l’islam et sur la vérité de chacun d’eux, dans son fameux discours controversé à l’Université de Ratisbonne le 12 septembre 2006.

Pour le rappel, l’empereur byzantin avait dit en s’adressant à l’intellectuel persan : « Montre-moi donc ce que Mahomet a apporté de nouveau, et tu y trouveras seulement des choses mauvaises et inhumaines, comme son mandat de diffuser par l’épée la foi qu’il prêchait ».

Les Hadiths cités ci-dessus traduisent fidèlement cet esprit. Mais ce que je trouve à la fois incompréhensible et inacceptable, c’est l’attitude d’un certain nombre de « musulmans » qui défendent corps et âme ces textes et qui les sacralisent sans vouloir pour autant, assumer leurs contenus violents, ou revoir ces contenus à la lumière du Coran !

En effet, ce ne sont ni les caricatures ni le Pape Benoît XVI qui créent l’amalgame entre le terrorisme et l’islam. Ce sont plutôt des textes de ce genre, qui alimentent des pratiques terroristes un peu partout dans le monde. Et l’amalgame restera toujours d’actualité, tant que les « musulmans » refusent de les remettre en question, continuent de les considérer comme deuxième source sacrée et fondamentale de l’islam, et ferment les yeux sur les contradictions qui opposent les Hadiths au texte coranique.

Troisièmement, si on parle maintenant des différentes représentations politiques de l’islam à travers l’histoire et la géographie. J’ose confirmer avec certitude et chiffres à l’appui, que les violences sont inhérentes à l’idéologie dite « islam politique » sous toutes ses variantes passées ou présentes, du régime des Talibans jusqu’aux régimes gouvernés totalement ou partiellement par « les frères musulmans » tout en passant par les politiques des Mollahs de l’Iran.

Ces régimes conjuguent parfaitement la volonté acharnée de s’accaparer de tous les pouvoirs législatifs, exécutifs et judiciaires en maintenant sous la menace violente l’ensemble des bonnes volontés qui n’espèrent, et qui n’espéraient, qu’une chose : le changement profond, structurel et pacifique des modes de vie, des systèmes éducatifs et des institutions. Pour vivre enfin, un islam tolérant, humain, ouvert et égalitaire.

En prenant le même exemple de la liberté de conscience, de pensée et d’expression, les différentes représentations de « l’islam politique » témoignent, à des degrés similaires, d’une violence effrayante. En citant des exemples qui relèvent d’une réalité réelle, j’aimerai rendre hommage à toutes les victimes des régimes politico-religieux.

Un hommage qui ne signifie pas forcément mon adhésion aux différentes idées que ces personnes ont voulu exprimer mais plutôt mon indignation profonde d’utiliser le nom de Dieu pour justifier le totalitarisme islamiste et le terrorisme intellectuel dont voici quelques victimes:

On se rappelle de la pendaison à Khartoum de l’intellectuel soudanais Mahmoud Mohammed Taha, en Janvier 1985, à plus de 80 ans qui avait écrit un livre « Un islam à vocation libératrice » sur l’histoire de l’islam où il défendait l’idée de séparation du politique et du religieux. Et dans lequel disait que le message spirituel du prophète, tel qu’il fut révélé à La Mecque, est universel, mais que toute la construction juridique élaborée à côté, dans un contexte historique précis, n’était plus en phase avec la vie des musulmans aujourd’hui.

On se rappelle de l’assassinat de l’intellectuel Farag Foda par des islamistes en juin 1992, après avoir publié son livre « La vérité absente », et après que le cheikh de la mosquée d’Al-Azhar au Caire l’a déclaré quelques jours auparavant « apostat ». Al-Azhar, six mois après, a ordonné : « au nom de l’islam, religion de l’État », les œuvres de Foda, rééditées en hommage, sont interdites et saisies !

On se rappelle du grand romancier Nagib Mahfouz, Prix Nobel de littérature en 1988, qui a été poignardé au Caire par un membre de Al Djamaa Al-Islamiya. Et qui a subit, bien avant cet événement dramatique en 1959, puis en 1988, la censure de ses romans par l’université Al-Azhar. Aujourd’hui même l’Arabie Saoudite censurent toute sa littérature.

On se rappelle du poète saoudien Sadiq Melallah qui a été décapité au sabre le 3 septembre 1992 sur la grande place de la ville de Qatif. Son délit : blasphème et abjuration. D’autres saoudiens subissent la torture à cause de leurs opinions, comme l’enseignant Mohammed al-Harbi, qui a été condamné à 750 coups de fouet, trois ans et quatre mois de prison, pour « atteinte à l’intégrité de l’islam ». On peut citer aussi Mohammed Al-Souheimi qui a été condamné à 300 coups de fouet, trois ans de prison et l’interdiction d’exercer pour « apostasie ». Ou aussi l’exemple de Wajeha Huaider, active dans la lutte pour les droits des l’homme, qui s’est faite arrêté le 4 août 2006 en portant une banderole appelant à donner plus de droits à la femme saoudienne.

La liste est encore longue ! Mais l’objectif est simplement de montrer que ces violences faites au nom de Dieu en s’attaquant à des gens pacifiques pour leur faire taire, ne peuvent pas être inhérente à ce que j’appelle « l’islam coranique » ou « l’islam des prophètes » mais ils sont l’œuvre terroriste de « l’islam politique ».Conclusion : Le CFCM et ses composantes peuvent continuer dans cette logique victimaire qui ne fera qu’accentuer les violences faites au nom de Dieu. Ils peuvent aussi crier à chaque fois au complot et à « l’islamophobie ambiante ». Le CFCM deviendrait donc et avec le temps « Centre Français de la Censure Meurtrière » et cesserait d’être le  » Conseil Français du Culte Musulman ».Pour éviter cette dérive réelle et menaçante, il est temps de redéfinir ce que les uns et les autres appellent « l’islam » ou encore « l’islam de France ». Et si « l’islamophie » est condamnable sans appel, sont condamnables aussi toutes les « phobies » islamistes, qui veulent entretenir le statu quo et qui prennent comme cibles non seulement les femmes, les adolescents, les « non musulmans », les homosexuels mais aussi les intellectuels, les artistes, les cinéastes et les caricaturistes.

 







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