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Acte VI : Percer les secrets de fabrication de l’autorité des textes *

11052019

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Par : Mohamed Louizi

Vulgate d’Abou Bakr

La tradition canonique attribue le rassemblement du Livre Saint au troisième calife Othmân. Elle justifie cette décision (politique) par la disparition d’un grand nombre de Qurrâ’a (قرَاء) récitateurs lors de la Bataille d’al-Yamâma, survenue en l’an 1 du califat d’Abou Bakr, correspondant à l’année 633. On raconte que c’est Omar qui a suggéré à Abou Bakr – calife entre 632 et 634 – de retranscrire et rassembler le Livre Saint dans une vulgate pour conserver la Révélation. Ce qui sous-entendrait que le Prophète aurait négligé ce détail. Abou Bakr aurait refusé, au départ, de réaliser ce que le Prophète lui-même n’aurait pas fait de son vivant. Mais, après un temps d’hésitation, il accepta de le faire, en missionnant un jeune compagnon, Zayd ibn Thâbit (611-665), pour accomplir cette tâche.

Ce dernier, natif de Yathrib, n’avait jamais rencontré le Prophète durant les treize années de la période mecquoise, alors que durant cette période, quatre-vingt-six sourates sur cent-quatorze furent révélées. En effet, Zayd ibn Thâbit (زيد بن ثابت) n’avait que onze ans lorsque le Prophète avait immigré à Yathrib. A la mort de Mohammed, Zayd avait vingt-et-un ans. La tradition canonique le considère tout de même comme l’un des principaux scribes de l’époque prophétique. Sa jeunesse, son absence durant toute la période mecquoise, suscitent bien des Lire la suite… »




LA LAPIDATION : UN CRIME CONTRE L’ISLAM

2042007

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Par: Ikbal El GHARBI  Université EZZEYTOUNA (Tunisie) 

La violence contre les femmes n’est pas, certes, l’apanage des sociétés musulmanes. C’est un phénomène qui touche la grande majorité des sociétés dans le monde. D’ailleurs les nations unis ont décrété la journée du 25 Novembre comme journée mondiale pour l’élimination de la violence contre la femme. Cet intérêt international résulte de l’ampleur  du phénomène. 

En effet les statistiques sont terrifiantes : au USA une femme est battue tout les 15 secondes. 

En Afrique du Sud une femme est violée toutes les 23 secondes. 47% des canadiennes ont été victimes d’au moins un acte de violence physique. Dans le monde 50% des femmes ont subi des abus physiques de la part de leurs proches. 

En terre d’islam à coté de cette violence quotidienne, économique et sexuelle, persiste une injustice barbare à l’égard des femmes: la lapidation. 

Après les procès des nigériennes: Safia Huseini et Amina Lawal qui ont  suscité de forts mouvement de protestation dans le monde, les intégristes musulmans ont passé sur Internet une vidéo filmant la lapidation d’une femme! 

Comment les intégristes justifient-ils cette fureur et cette brutalité? Par l’islam. 

Cet acte barbare est présenté par les intégristes comme une sanction divine de zinaa, CAD l’adultère, dans l’intention de  préserver l’ordre moral. 

Dans cette perspective, il faut rappeler que l’islam est une religion mais aussi une culture qui gère la complexité de la vie en commun. 

Le Coran utilise un langage spécifique mêlant paraboles, récits, exhortations, injonction et autres figures de style. 

Les exégètes l’ont traduit en un langage conceptuel où on trouve les règles auxquelles le musulman doit se conformer. Ces règles ont été classées par les jurisconsultes en deux catégories: -         les Ibadats, règles qui régissent les relations de l’homme avec le divin 

-         les Mouamalat, les règles qui se rapportent à la vie courante, à la relation humaine. 

Dans ce contexte, les Fukaha font la distinction entre les Finalités qui sont éternelles et universelles et entre les lois, les normes, les règles qui elles sont temporelles. Ces règles sont des solutions conjoncturelles qui se sont imposées au prophète à un moment ou à un autre et qui sont de ce fait relatif et historique. Et c’est ce qui explique le mécanisme de versets abrogeant et des versets abrogés, des versets généraux et des versets spécifiques  grâce auquel  le caractère absolu du  Coran s’accommode  avec  la relativité de la condition humaine.    

Afin de clarifier la problématique de la lapidation , il faut mentionner que dans les sociétés anciennes, l’adultère  comme manquement à l’appartenance charnelle exclusive qui définit juridiquement le consortium conjugal a toujours été réprimé.  Les rapports d’un autre homme avec une femme mariée a toujours été répréhensible parce qu’il apparaissait comme une usurpation sur un droit de propriété du mari sur la femme. C’est aussi une atteinte au capital symbolique de l’homme, à son honneur. C’est enfin une faute contre la famille à laquelle la femme avait été intégrée souvent tenu pour un manquement à une obligation de pureté. 

Les  textes littéraires des anciens égyptiens décrivent les supplices qui frappent les amants coupables. Le code de Hammourabi, qui date du XVIIIeme siècle avant notre ère punit de mort par noyade la femme accusée d’adultère. Toutefois, ce code précise que la répression de l’adultère par l’autorité publique dépend de la libre décision du mari qui pouvait pardonner et épargner la coupable. 

La législation hébraïque ne réprime également que l’adultère de la femme, mais la condamnation de l’adultère est formulée d’une façon générale  et elle implique   la mise à mort des deux complices par lapidation. 

Il existe une conscience ches les musulmans, dés les origines, que leur religion n’échappait à aucune des l’influences de toutes les civilisations qui les côtoyaient. Et c’est pour ces raisons culturelles qu’en  islam aussi, l’adultère est considéré comme un péché. Il nécessite un had . Le hadd  est le terme technique  qui sert à désigner la sanction de certains actes interdits ou sanctionnés par le coran donc considérés comme des crimes contre la religion. Le Coran énumère des sanctions pour  le zinaa (commerce charnel illicite), son contre parti, le kadhf, l’accusation fausse du rapport illicite, la consommation d’alccol, le vol et le brigandage. 

Dans le Coran, première source de législation, on ne trouve aucun verset qui mentionne la lapidation. Les peines encourues par les coupables varient selon les circonstances de l’acte, ainsi que de l’  état matrimonial des amants. Par exemple si l’acte sexuel a eu lieu par la coercition physique ou morale, il n’y a pas de délit .En effet le Coran précise ce cas comme suit : «  Celui qui est en détresse mais ni rebelle ni transgresseur, pas de péché sur lui. Oui, Dieu est pardonneur et Miséricordieux. » (Sourate La Vache, verset 173). Si les coupables sont mariés, les sanctions coraniques sont les suivantes: 

1) la flagellation précisée à 100 coups de fouets: «La fornicatrice et le fornicateur, fouettez-les de chacun cent coups de lanière .Et que nulle douceur ne vous prenne à leur égard, en la religion de Dieu, si vous demeurez croyants en Dieu et au Jour dernier .Et qu’un groupe de croyants assiste à la punition des deux. »(Sourate La Lumière, verset 2) et 

2) l’emprisonnement à vie  ou  jusqu’à une date indéterminée: « Quant à celles de vos femmes qui commettent une turpitude, faite témoigner contre elles quatre d’entre vous. S’ils sont témoins, alors confinez  ces femmes aux maisons jusqu’à ce que la mort les achève, ou que Dieu leur ouvre une voie. »  (Sourate Les Femmes, verset 15). 

3) la réprimande  physique ou morale et la désapprobation sociale : «  Et si c’est deux hommes des vôtres qui l’ont commise, alors la torture, s’ils se repentent ensuite, et se réforment, alors passez. Oui, Dieu demeure accueillant au repentir, miséricordieux. » (Sourate La Vache, verset 16) 

4) la procédure de la malédiction liaan: si un mari constate l’infidélité de son épouse mais ne peut pas fournir quatre témoins oculaires. Le mari se présente devant le cadi et répète quatre fois « Puisse la malédiction d’Allah s’abatte sur moi si je mens en accusant ma femme d’adultère ». Le cadi entend par la suite le témoignage de la femme qui doit répéter quatre fois  » je jure devant Allah que mon mari ment en m’accusant d’adultère », elle conclue « Puisse la malédiction d’Allah tombe sur moi si mon mari dit la vérité » . On retrouve cette procédure dans le Coran: « Et quant à ceux qui lancent une accusation contre leur propre épouses cependant ils n’ont de témoignage que d’eux mêmes. alors le témoignage de l’un de ceux là consistera en quatre attestations qu’il est  certes, oui, du nombre des véridiques, et la cinquième:  que la malédiction de Dieu soit sur lui s’il est du nombre des menteurs. Et qu’on écarte de la femme la punition, si elle atteste Dieu, par quatre attestations, que l’autre est certes, oui du nombre des menteurs , et la cinquième:  que la colère de Dieu soit sur elle, s’il est du nombre des véridiques. » (Sourate La Lumière, versets 6,7,8,9).  Le Cadi peut alors prononcer le divorce. La femme n’est l’objet  d’aucune poursuite judiciaires .Cette procédure invalide les crimes d’honneurs qui stigmatisent actuellement la culture arabo-musulmane. 

Ces sanctions peuvent être abrogées par la shubha c’est-à-dire  la ressemblance de l’acte commis avec un autre licite et par conséquent, du point de vue subjectif, la présomption de bonne foi chez les accusés. 

Il existe une forte tendance, d’ailleurs exprimée dans une tradition attribuée au prophète, à restreindre autant que possible le champs d’application des peines et des sanctions sauf pour le kadhf, l’accusation mensongère d’adultère, afin, précisément, de restreindre et de limiter le hadd du zinaa

En outre,  les exigences les plus sévères concernent l’accusation d’adultère. on soumet les témoins  à des conditions  particulièrement difficiles quant à leur nombre (le mari doit rassembler quatre témoins oculaires  digne de foi), à leur qualification (ces témoins doivent voir l’acte charnel avec grande précision), et à la teneur de leurs déclarations (ls doivent faire leur déclaration verbalement, réunis ensemble, d’une manière claire et sans aucun équivoque  et si l’un d’entre eux  se rétracte les trois autres seront punis à recevoir 80 coups de fouet).   Par ailleurs, pour la majorité des musulmans, il est considéré comme plus méritoire de dissimuler les fautes et l’écart que d’en fournir les preuves et d’en témoigner.      

Ces directives de libertés et de tolérance  que nous retrouvons dans le Coran sont les vecteurs d’interprétation qui permettent d’adapter  les droits de l’homme et du citoyen. 

Car comme l’a écrit le penseur Mohamed IQBAL: «Le Coran est certes la première source du droit musulman, cependant le Coran n’est pas un code légal. Le principal but qu’il propose est d’éveiller chez l’homme une conscience plus haute de ses relations avec Dieu et avec l’univers ». 

Cf Le Saint Coran, Traduction et Commentaire de Muhammad HAMIDULLAH, Ed. Amaba Corporation, Maryland 1989




Malédiction des anges !

21032007

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Le rapport sexuel est un lien entre deux êtres consentants. Il est l’expression d’une recherche d’un désir partagé. Il est l’aboutissement d’un quotidien vécu dans l’amour de l’autre et de son désir. Il n’est surtout pas la simple libération d’une pulsion ou d’une tension de façon mécanique et/ou animale, mais plutôt le moment rêvé du couple, pour dire et vivre l’amour autrement. Ce rapport n’est nullement synonyme de domination. Et quand c’est le cas, on parle plutôt de viol, d’abus, de violence ou d’agression à caractère sexuel.  

            En effet, il est assez fréquent – nous disent les sexologues et les psychologues – que ce rapport connaît des difficultés. L’un des partenaires pourrait refuser le partage de ce moment d’intimité avec son conjoint pour plusieurs raisons, parmi lesquelles figure la fatigue après une journée chargée de travail par exemple. Le cas d’une maman qui élève trois ou quatre enfants et qui se charge de leurs scolarités et de leur bien-être. Cette maman accumule la fatigue physique et le stress psychique. En conséquence, son appétit sexuel pourrait décroître. Et cela se manifeste parfois par le refus momentané de tout rapport charnel avec son mari. Celui-ci, aussi, peut à son tour se trouver dans la même situation, et pour plusieurs raisons liées au travail et bien d’autres paramètres socioéconomiques. Dans tous les cas, le couple traverse une période délicate. Il est donc urgent de résoudre ce différend.  

            Bref, la différence d’appétit sexuelle dans un couple n’a rien de surprenant, elle varie continuellement. Les partenaires, quand c’est la cas, sont appelés plutôt à plus de compréhension de ce phénomène et du conjoint aussi, pour lui trouver des solutions adéquates et surtout partagées, et toujours dans le cadre du dialogue sincère et dans la mise à jour, permanente, de la vie amoureuse pour éviter ainsi la routine et pour préserver le couple contre toute menace pouvant aller jusqu’à la séparation et l’éclatement de la cellule familiale. Et par rapport à ça, les histoires douloureuses ne manquent pas.  

            Effectivement, bien que le dialogue soit vivement conseillé au sein du couple, celui-ci cède la place parfois à des pratiques de domination (souvent de la part de l’homme), visant à faire plier la volonté de l’autre conjoint (la femme) et de le faire manipuler psychiquement pour qu’il réponde présent sexuellement, bon gré mal gré. Cette domination manipulatrice est connue presque dans toutes les cultures, à des degrés similaires.   Elle est même justifiée parfois religieusement parlant, puisqu’elle trouve appui dans des écrits religieux qui considèrent l’homme et qui en même temps, déconsidèrent la femme.  

            Dans la Genèse, il est écrit : « Je multiplierai les peines de tes grossesses, dans la peine tu enfanteras des fils. Ton désir te poussera vers ton mari et lui dominera sur toi » (Genèse 3 – 16). Le voile s’inscrit dans cette même logique de domination de la femme par l’homme. Le texte du premier épître aux Corinthiens où saint Paul justifie l’obligation, pour les femmes, de se couvrir d’un voile en explicitant encore cette soumission et cette domination, il est écrit : « L’homme, lui, ne doit pas se couvrir la tête parce qu’il est l’image et le reflet de Dieu ; quant à la femme, elle est le reflet de l’homme. Car ce n’est pas l’homme qui a été tiré de la femme, mais la femme de l’homme. Et ce n’est pas l’homme, bien sûr, qui a été créé pour la femme, mais la femme pour l’homme » (Corinthiens. I, 11, 2-16). Le voile – cacher ses cheveux – du point de vue biblique, n’a donc aucune signification de pudeur. Il reflète seulement l’esprit de domination machiste et l’infériorité du statut féminin par rapport à la posture masculine. Cette domination s’exprime à travers le voile, mais aussi à travers une domination générale dans la vie de tous les jours, y compris la vie en couple et la vie sexuelle en particulier.  

            La vie païenne de l’Arabie, avant l’avènement de la prophétie de Mohammad, paix sur lui, était caractérisée par une domination de l’homme sur la femme sur tous les niveaux, y compris au niveau familial. L’Arabe (le bédouin) de l’époque multipliait les femmes et les esclaves féminins, chacun avait son harem privé. La femme n’était aperçue qu’à travers le vecteur sexuel. Elle ne servait qu’à la reproduction et l’élevage des enfants. La vision biblique et hébraïque dominait donc les esprits. Il n’y avait ni statut de la femme, ni égalité homme/femme, ni rien de tout ça. La femme était à la merci de l’homme, qui pouvait l’enterrer vivante toute petite ou la vendre comme esclave une fois grande, pour asservir mais aussi pour se prostituer. Un passage du Coran témoigne du statut féminin de cette époque, Dieu dit : « Et lorsqu’on annonce à l’un d’entre eux (les païens)  la naissance d’une fille, son visage s’assombrit et il arrive à peine à contenir sa colère. Et il se dérobe aux regards des gens, le cœur meurtri par cette nouvelle, se demandant s’il va conserver cet enfant malgré le déshonneur ou s’il va l’ensevelir dans la poussière. Quel odieux jugement ! » (Sourate 16 – 58 et 59).    

            Le Coran a revu la condition et le statut féminin vers plus d’humanisme dans les relations homme/femme. La femme n’est ni subordonnée ni dominée par l’homme. Elle est d’abord un être humain à part entière, différent de l’homme, responsable et libre. Le Coran souligne la complémentarité homme/femme et non pas la supériorité ou la domination de l’homme sur la femme. La femme n’est pas responsable du péché originel comme cela est stipulé dans la Bible. Mais les deux sont responsables à pied d’égalité sur cet événement : « Seigneur, dirent Adam et son épouse, nous avons agi injustement envers nous-mêmes. Si Tu ne nous pardonnes pas, et si Tu nous refuses Ta grâce, nous serons à jamais perdus » (Sourate 7 – 23). L’homme et la femme sont responsables du sort de la vie sur Terre. Ils sont, tous deux, appelés à accomplir les fonctions qui sont les leurs. Dieu dit : « Les croyants et les croyantes sont solidaires les uns des autres. Ils incitent à la pratique du bien, déconseillent la pratique du mal, accomplissent la salãt, s’acquittent de la zakãt et obéissent à Dieu et à Son Prophète » (Sourate 9 – 71). Il dit aussi : « Tous ceux, hommes ou femmes, qui en revanche, auront accompli de bonnes œuvres tout en ayant la foi seront admis au Paradis ; et tout dommage, même le plus infime, leur sera épargné » (Sourate 4 – 124).  Dans son livre « Encyclopédie de la femme en islam », Abd Al Halim Abou Chouqqa a mis en évidence quelques traits de la femme dans le Coran (cf. volume I).  

            Quand le Coran parle par exemple de la cellule familiale, il met en évidence le côté affectif qui doit régner au sein de celle-ci, aucune domination ni aucune manipulation n’est tolérée. Le Coran ordonne d’entretenir de bons rapports entre homme et femme. Dieu dit : « Entretenez de bons rapports avec vos femmes » (Sourate 4 – 19). Il dit aussi : « Et c’en est un autre (signe) que d’avoir créé de vous et pour vous des épouses afin que vous trouviez auprès d’elles votre quiétude, et d’avoir suscité entre elles et vous affection et tendresse » (Sourate 30 – 21). Il n’y a pas d’hiérarchie dans ses rapports, puisque l’homme et la femme sont égaux, tout rapport de domination est à bannir. La femme n’est pas le sujet ou l’outil de l’homme. Les deux sont créés pour adorer le Seigneur et pour accomplir de bonnes œuvres côte à côte. Au sein du couple il n’y a ni dominant ni dominé. Le sadomasochisme ne trouve aucun appui dans le Coran.  

            Le Coran n’a toléré aucune domination ni aucune mise sous contraintes même dans les cas où la vie en couple devient impossible. La manipulation, la mise sous contrainte et la domination ne sont pas des valeurs coraniques. Au moment même de la répudiation, le Coran appelle à la retenue face aux différentes tentations manipulatrices et dominatrices. Dieu dit : « La répudiation ne peut être prononcée que deux fois. En cas de reprise : ou on garde sa femme et on la traite avec égards, ou on lui rend sa liberté sans lui causer aucun préjudice » (Sourate 2 – 229). Il dit aussi : « Gardez les femmes répudiées dans vos propres demeures et traitez-les selon vos moyens, mais sans leur nuire en les faisant vivre à l’étroit » (Sourate 65 – 6). Le principe coranique « Point de contrainte en religion » (Sourate 2 – 256) est le résumé même de sa conception des relations entre humains. Conception qui fournit l’assise théorique des relations internationales mais aussi qui donne un sens humain aux rapports conjugaux au sein du couple. Cette même conception représentait à l’époque un tournant de l’histoire. Hélas, cet esprit libérateur et égalitaire n’a duré que quelques dizaines d’années pendant le vécu du prophète Mohammad, paix sur lui. Et juste après sa mort, il semblait que ces successeurs n’ont pas retenu la leçon. Ceux-là ont commencé a justifié la domination par des paroles qu’ils ont ensuite attribué, mensongèrement, au Prophète.       

            Abou Hourayra est l’un de ces inventeurs de paroles, dits « hadiths », appelant à la domination de la femme par l’homme et justifiant la manipulation psychique, au sein de la cellule familiale, pour des fins sexuelles entre autres.  

             Dans les recueils des « hadiths » considérés comme authenticités par des religieux, Abou Hourayra attribue des paroles au Prophète Mohammad, paix sur lui. Il dit que, l’envoyé de Dieu a dit : « Lorsqu’une femme renonce une nuit à faire l’amour avec son mari, les anges se mettent à la maudire jusqu’au matin ». Ou encore : « Si une femme fait chambre à part et quitte le lit de son mari, les anges se mettent à la maudire jusqu’à son retour »  (cf. recueil de Al Boukhari n° 5248 et 5249 et le recueil de Mouslim n° 2594, 2595 et 2596).  

            Ces « Hadiths » largement connus, surtout dans les sphères traditionalistes et qui représentent une partie de l’éducation sexuelle répandue chez les couples « musulmans » posent plus d’un point d’interrogation :  

1-     La femme n’a t-elle pas le droit de renoncer à avoir un rapport avec son mari ?  

2-     Si cette femme est fatiguée, stressée, n’a pas d’appétit sexuel … devrait-elle à tout moment répondre présente pour satisfaire la pulsion de son mari ?  

3-     Peut-on parler du consentement dans de telles situations ?  

4-     Pourquoi est-ce qu’il n’y a pas de « Hadiths » qui stipulent: « Lorsqu’un homme renonce une nuit à faire l’amour avec sa femme, les anges se mettent à le maudire jusqu’au matin » ?  

5-     Pourquoi est-ce qu’il n’y a pas de « Hadiths » qui stipulent: « Si un homme fait chambre à part et quitte le lit de sa femme, les anges se mettent à le maudire jusqu’à son retour » ?  

6-     Les anges se dressent-ils contre la femme et en faveur de l’homme ?  

7-     Ces « hadiths » ne reflètent-ils pas la soumission de la femme à l’ordre de l’homme ?  

8-     N’y t-il pas une contradiction entre l’esprit du Coran et ces « Hadiths » ?  

9-     Ces « hadiths » ne reflètent-ils pas les traits de la culture machiste répandue dans l’Arabie avant l’avènement du Prophète Mohammad, paix sur lui, et qui est vite revenue juste après sa mort ?  

10- Ces « hadiths » ne reflètent-ils pas l’esprit des textes bibliques cités ci-dessus ?  

11- Le Prophète Mohammad, pouvait-il dire des choses pareilles et contredire ainsi l’esprit et les valeurs du message coranique ?  

12- Ces « hadiths » ne reflètent-ils pas la manipulation psychique de la femme par son mari pour des fins sexuelles ?  

13- Ces « hadiths » ne sont-ils pas la permission du viol en couple ?  

14- Comment se fait-il que le prophète nous parle des Anges en dehors du texte coranique ? lui qui ne pouvait pas se prononcer par rapport au monde invisible, sachant que les Anges sont invisibles (cf. : Sourate 6 – 50, Sourate 7 – 155)  

15- Ces « hadiths » sont-ils authentiques ? après tout ça !  

16- Représentent-ils  une référence en matière d’éducation sexuelle pour les jeunes mariés ?  

17- … etc.  

            Il est clair que ces « hadiths » représentent un retour en arrière sur l’esprit coranique. Ils garantissent, malheureusement, l’assise théorique de la manipulation psychique et de la domination masculine au sein des couples « musulmans ».  

            Ces « hadiths » traduisent fidèlement ce que le code pénal français interdit depuis plus d’une décennie, à peu près depuis 1993. Les femmes qui subissent des rapports forcés pour éviter la malédiction des anges sont des femmes manipulées psychiquement, et elles peuvent être assimilées à des femmes subissant un viol, ou du moins à une agression sexuelle sans consentement.  

            Rappelant que le viol est un crime, y compris entre époux, puisque du point de vue de la loi, la femme même mariée garde sa liberté sexuelle. Dans les rapports en couple, il ne doit pas y avoir ni violence, ni contrainte, ni menace, ni pression de quelques formes que se soient. Quand c’est le cas, on ne peut plus parler de consentement entre adulte mais plutôt de viol passible de 15 ans de réclusion criminelle. Le viol exercé sur son époux est même devenu une circonstance aggravante du viol depuis la loi du 4 avril 2006.  

            Combien de femmes souffrent-elles, en ce moment même d’un rapport imposé à coup de « hadiths » ? Combien de femmes sont emprisonnées dans le silence et dans la peur de la malédiction des anges ? Combien d’hommes profitent encore de cette situation, oh combien profitable ?!  

             Il est temps peut être d’ouvrir nos yeux sur des réalités, oh combien dramatiques, induites par la manipulation des textes mensongers d’un côté, et de l’autre côté par la crainte de l’anathème. Et tout cela se passe dans le silence, dans la peur et dans le noir !   

           







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