Tareq Oubrou, l’escobar de l’islamisme

14072019

1-Tareq-Oubrou-Appel-A-la-reconciliation

Par Mohamed Louizi

Il faut être deux pour mentir, dirait Homer Simpson, un pour mentir, l’autre pour écouter. Dans «larchipel français»[1], cette vieille démocratie usée, abusée et défigurée, il semblerait qu’il faille être trois. Certains médias se prêtent hélas à ce jeu d’intermédiaire. Acteurs ultra-puissants, censés honorer ce quatrième pouvoir démocratique indépendant au service du seul intérêt général et du droit à l’information, ils amplifient occasionnellement bien des escobarderies islamistes,  à tel point que l’on ne sait pas s’ils assurent, dans la complicité, un rôle actif de «chiens de garde»[2] de quelques intérêts privés, ou s’ils se plaisent dans un rôle passif, par paresse intellectuelle doublée d’une fascination sinistre pour les «marchands du temple» frérosalafiste. On ne sait s’ils s’arrangent avec la vérité par négligence volontaire, et à l’insu de leur plein gré, ou s’ils relayent par imprudence les mensonges de l’islamisme rompu, à dessein, à la désinformation délibérée.

Tel un sermon funèbre précédant l’inhumation de ce qui reste encore de notre République, tel l’ultime acte politique d’une islamisation en marche depuis plus de quarante ans[3], la vigoureuse promotion multiforme accordée à l’essai signé par  l’islamiste Tareq Oubrou (طارق أوبرو), Appel à la réconciliation, foi musulmane et valeurs de la République française (Plan – 2019), en est témoin. Elle  résonne comme un triste chant du cygne dans l’esprit de tout citoyen rongé par ce sentiment d’impuissance face à un État peu enclin à entendre les alertes au sujet de l’islamisme, et qui ne les entend pas du tout de cette oreille. Les «dix-huit ans de terreur»[4] que l’islamisme a imposés à la terre entière depuis le 11 septembre 2001, et les 146.000 victimes recensées, parmi desquelles des Françaises et des Français, n’y changent presque rien.

Médias de droite. Médias de gauche. Peu importe en vérité la ligne éditoriale. Tareq Oubrou, presque comme hier lors de l’ascension médiatique de son Lire la suite… »




Hakim El-Karoui: to Qatar or not to Qatar?

30092018

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Par Mohamed Louizi

Zéro est le nombre de fois où Hakim El-Karoui cite le Qatar dans la version papier de « son » Essai, paru le 11 janvier 2018 aux éditions Gallimard : L’islam, une religion française. Hakim El-Karoui semble être le conseiller « islam » de l’Institut Montaigne et aussi l’un des proches amis influents (mais non-officiels) d’Emmanuel Macron. Inutile de chercher la trace du Qatar dans le classement qui suit, par ordre alphabétique, de ces quelques trente-huit pays cités, une ou plusieurs fois, dans cet Essai[1]. On y trouve ça et là :  l’Afghanistan, l’Algérie, l’Allemagne, l’Angleterre, l’Arabie Saoudite, la Belgique, la Bosnie [Herzégovine], la Chine, la Croatie, Cuba, Daesh, l’Egypte, les Emirats [-Arabes-Unis], l’Espagne, les Etats-Unis [d’Amérique], la France, la Grande Bretagne, la Hollande, l’Inde, l’Indonésie, l’Irak, l’Iran, Israël (cité aussi sous la désignation : Etat Hébreu), la Jordanie, le Liban, la Libye, le Maroc, le Pakistan, la Palestine, les Philippines, la République Slovaque, la Russie, la Syrie, la Tunisie, la Turquie, le Vatican et le Yémen … mais pas le Qatar !

Dans ce tour du monde en 304 pages, sont cités vingt-et-un pays où l’islam(s) est la religion majoritaire. Parmi lesquels, se trouvent quatorze pays arabo-berbères, incluant la Tunisie dont est originaire le géographe Hakim El-Karoui.  Pas une seule phrase, pas une note de bas de page, ne laissent apparaître expressément le nom du Qatar. Walou ! diraient les Marocains. C’est comme si l’on traitait la question des cartels de la drogue et que l’on mettait en sourdine l’implication de pays comme le Mexique, la Colombie ou l’Afghanistan. Comme si l’on parlait  de la mafia italienne sans évoquer les réseaux de la mythique Camorra napolitaine. Cela manquerait de sérieux. Ainsi, le silence d’Hakim El-Karoui autour du Qatar est Lire la suite… »




OMAS : vecteur d’une médecine islamiste en France ?

20122017

حجامة

Dans la nuit du 4 au 5 décembre 2017, dans le Neuf-trois, à Pavillons-sous-Bois (Seine Saint-Denis), une femme de confession musulmane, âgée de 47 ans et mère de 5 enfants, est tombée dans le coma[1]. A domicile, un homme et une femme ont exercé sur elle la fameuse «Roqia»[2] (رقية) doublée d’une «ventousothérapie» ou «Hijamah»[3] (حجامة) — deux rituels utilisés durant les séances de désenvoutement, considérés par les frérosalafistes comme faisant partie d’une prétendue «médecine prophétique» (الطب النبوي). Car le prophète, selon leur vision intégraliste de l’islam, aurait été aussi «médecin» en plus d’avoir été, à les croire, «roi», «chef des armées», et que sais-je d’autres. Ainsi, après avoir bu 20 litres d’eau bonifiée par des versets coraniques, cette mère de famille a plongé dans le coma.

Dans un article du Parisien, on apprend que «les prières ne produisant pas les effets escomptés en termes de réveil, le SAMU a fini par être appelé à la rescousse. Et c’est à l’hôpital de Montfermeil que la victime a été conduite»[4]. Un autre article du même Parisien, datant du 12 décembre, précise que la surabondance de l’eau bue a «occasionné un œdème Lire la suite… »




Rage de consommer : des (vaccins) pour se guérir

8042008

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Extrait du Livre : « Mollahs de la consommation »

Par Mohamed LOUIZI

Lire : Un premier « vaccin » !

 

Le Livre « J’achète ! » propose des remèdes pour combattre la rage de consommer. Commençant d’abord par un test diagnostique (1), une façon pas vraiment scientifique, mais utile, composé de 50 questions différentes. Le barème de notation donne à chacun l’antidote convenable et la méthode de libération de soi, la plus adaptée. On peut avoir de 0 à 25 points, dans ce cas, on ne présente aucun signe grave de rage de consommer, le livre conseille de continuer de lire pour rester en bonne santé. Mais on peut avoir de 76 à 100 points, et dans ce cas de figure, on est enragé de consommation, on est peut être contagieux, on n’a pas de temps à perdre, il faut prendre dans l’extrême urgence des mesures appropriées. Ensuite, le livre nous parle des solutions à adopter à titre personnel, d’autres à caractère collectif et des résolutions à connotations politiques et économiques.

 

La simplicité volontaire

 

Au Canada, aux Etats-Unis et en Europe, des collectifs se sont mis en place pour prôner « la simplicité volontaire » (2) qui consiste à adopter un mode de vie moins dépendant de l’argent et qui vise à satisfaire ses vrais besoins.

 

La simplicité volontaire est définie comme étant une façon de chercher la simplification pour améliorer sa qualité de vie. Cette philosophie de vie est née de la constatation que la consommation n’apporte pas le bonheur (3).

 

Dans la société de consommation, on consacre son temps à gagner toujours plus d’argent pour satisfaire des besoins matériels. Le principe de la simplicité volontaire est de moins consommer, donc d’avoir moins besoin d’argent et moins besoin de travailler. En vivant en dessous de ses moyens, on gagne alors du temps pour ce qui est important pour soi. Elle n’est pas la pauvreté ni le sacrifice. C’est un choix de vie délibéré. Elle peut représenter une aide pour des personnes ayant des difficultés financières. Elle contribue, dans le sens où elle limite la consommation de biens matériels, à ralentir la destruction des ressources naturelles. Elle commence par remettre en cause les habitudes prises parfois sous l’influence de la publicité et de la télévision. A-t-on vraiment besoin de 20 détergents différents, un pour chaque type de surface ? A-t-on besoin de 10 crèmes de beautés différentes, une pour chaque partie du corps ? A-t-on besoin du dernier lecteur DVD sorti sur le marché ?

 

La simplicité volontaire est une démarche propre à chacun qui commence par la définition de ses vrais besoins et envies. Son but est aussi d’alléger sa vie de tout ce qui l’encombre et de privilégier « l’être » plutôt que « l’avoir ». Elle valorise les relations humaines et la solidarité. Elle lutte pour le désencombrement de la vie. Par exemple, On ne garde que les papiers vraiment importants et les livres qu’on adore. On a alors besoin de moins de meubles de rangement, de moins d’espace, et donc de moins de produits d’entretien. Le service public est utile quand on veut se simplifier la vie. Le recours aux transports collectifs, aux piscines ou bibliothèques publiques évite des achats, par exemple l’achat d’une voiture. Elle implique souvent de chercher l’autosuffisance, c’est-à-dire faire soi-même au lieu d’acheter.

 

L’idée est aussi de privilégier la valeur d’usage : « avoir » pour « avoir » n’a aucun intérêt. Que l’on ne possède que des choses qu’on utilise vraiment. Un livre qu’on n’a pas relu depuis dix ans, c’est un livre qui aurait plutôt sa place dans une bibliothèque municipale. Un vêtement qu’on n’a pas porté depuis un an pourrait être déposé dans une association caritative. On va rapidement se rendre compte qu’en fait on n’a pas besoin de grand chose, pour vivre en bonheur !

 

A Ithaca, Paul GLOVER entérine le Dollar !

 

Une expérience formidable a vu le jour à Ithaca, ville américaine de l’Etat de New York, début des années 1990. Lorsque Paul GLOVER, journaliste, économiste et ancien publicitaire, a décidé de créer une monnaie locale remplaçant le Dollar dans sa ville de 70 000 habitants. (4)

 

Glover se mis en 1991 à observer les mouvements de l’argent dans sa ville. Ce qu’il voit, a les banalités de base de tous les systèmes ultra capitalistes, de puissantes compagnies, des multinationales, des hypermarchés et de grandes chaînes nationales de magasins qui s’installent à Ithaca pour aspirer l’argent local, et pour pousser les ménages à consommer davantage à travers le matraquage publicitaire, même en se surendettant, avant de réinvestir les bénéfices en dollar ailleurs. La ville d’Ithaca et ses citoyens se voient dépourvus des services de leurs dollars gagnés après tant d’heures de travail.

 

Glover décida alors à résoudre ce problème ainsi que surmonter tous les défis sociaux, économiques et environnementaux qu’il engendre. Un bon jour, la solution commença à se dessiner. Il s’agit de mettre en place un système d’échange local (SEL), des biens et des services qui va désamorcer cette pompe à finance et qui va procéder à son remplacement par un système d’échange en circuit fermé. Que L’argent tourne et circule mais sur place, entre les citoyens d’Ithaca et uniquement sur le plan local.

 

C’est alors que lui vint l’idée de créer Ithaca hour ou l’heure d’Ithaca. Une unité monétaire que l’on ne pourrait gagner et dépenser que dans la Communauté. En vendant ou en achetant des services et des biens produits localement. Et Glover se mis à battre cette monnaie alternative. Ensuite, il a tenté de convaincre les 70000 habitants de la ville sur le bien fondé de celle-ci et qu’elle représente une réelle solution, efficace et performante. Au début, l’affaire ne tournait que sur une centaine de commerces, aujourd’hui, ce sont 1 450 boutiques et entreprises qui acceptant cette devise locale, et une revue publiée tous les deux mois la liste des participants.

 

Le billet de base, l’Ithaca hour, vaut environ 10 dollars, ce qui représente en gros le salaire moyen horaire payé dans cette ville. « Prenons maintenant un fermier qui vend pour 20 dollars de fromage. À la place de se faire payer par le dollar, il reçoit donc deux heures de travail gratuit. Avec ce petit capital, il achète par exemple les services d’un menuisier, qui lui même fait appel au savoir-faire d’un mécanicien, lequel utilise ces heures pour payer son chiropracteur, qui lui se sert de ces billets pour s’offrir quatre places de cinéma, et ainsi de suite. C’est un système sans fin qui grandit de lui-même, une économie écologique, en vase clos, qui s’écarte du dollar et où le temps de travail réel remplace les liquidité abstraites », explique Paul Glover.

 

Joëlle Delvaux, dans un article publié sur le site Internet : silesfemmescomptaient.com, raconte que les citoyens de la ville d’Ithaca sont très satisfait du résultat des échanges permis par la monnaie locale. « Les Ithaca hours sont la meilleure chose qui soit arrivée dans notre cité depuis l’invention du pain en tranche », lançait récemment Michael, graphiste, à Jean-Paul Dubois, journaliste au Nouvel Observateur, parti en reportage à Ithaca. « Cela reflète notre philosophie, stimule notre agriculture, notre artisanat, et responsabilise nos vies », ajoutait Joe, marchand de disques. D’autres encore témoignaient de leur enthousiasme, évoquant les multiples aspects positifs des Ithaca hours: « Grâce à cette monnaie locale, notre argent reste ici et nous nous entraidons, plutôt que d’enrichir des multinationales », disait Danny, électricien. « Cette organisation parallèle crée un lien de solidarité et donne notamment la possibilité à des chômeurs de trouver un emploi », ajoutait Dave, professeur d’économie. « Cette forme de troc nous permet, à ma femme et à moi de manger plus souvent au restaurant », renchérissait Charlie, fabricant de tambours. Quant à Bill et Cris, marchands de légumes, ils expliquaient ravis: « Grâce à cet argent local, davantage de gens achètent des produits du terroir. Cela a fait augmenter nos ventes et nous nous offrons désormais des petits luxes que nous n’aurions jamais pu nous payer en dollars ».

 

Ithaca hour a rendu la valeur à « l’être » et à son savoir faire et non pas à son « avoir » ou à ce qu’il possède. Elle a réduit les écarts sociaux, elle a diminué le taux de chômage, elle a encouragé l’artisanat et la production locale, elle participe aussi à la protection de la nature et permet une répartition équitable des richesses communautaires.

 

Dans ce système tout le monde trouve sa place, même les plus démunies et les nécessiteux provisoires. Les prêts sont contractés sans intérêts, par exemple, pour un prêt équivalent de 1000 $, l’emprunteur s’engage à rendre 100 heures de travail au service de la communauté.

 

Ithaca est certainement un « cas » particulier, mais il n’est plus isolé. Ce système de monnaie locale connaît une présence dans d’autres villes des Etats-Unis, au Canada et au Mexique. La chaîne TV5 Monde a diffusé, courant août 2006, un reportage sur les monnaies locales et les systèmes d’échanges locaux, parlant de plus de 3000 monnaies locales à travers le monde, dont 180 seulement dans l’archipel japonais.

 

Simplicité volontaire … partout ailleurs

 

Le réseau de la simplicité volontaire tisse sa toile à l’échelle planétaire en Belgique, en Espagne et même ailleurs. En France des structures associatives oeuvrent pour minimiser la dépendance à l’argent, pour combattre la surconsommation et ses dégâts collatéraux et pour consolider les liens sociales de solidarité.

 

Paris connaît, presque tout les deux mois, l’organisation d’une activité dite « Le Grand Don », sur le Pont Marie. Des donneurs, avertis à l’avance, réunissent des objets qu’ils souhaitent offrir (livres, disques, vêtements, bibelots, bijoux, jeux, divers…), avec pour seule condition qu’ils puissent être transportés sans encombre par des personnes circulant à pied. Ils disposent l’ensemble des dons sur le rebord du pont, sans entraver le déplacement des personnes. Chacun des donneurs aborde aimablement les passants inconnus et leur propose de prendre un des objets, et d’en devenir immédiatement et sans conditions le légitime propriétaire. « Le Grand Don » se termine quand tous les objets collectés ont été offerts. (5)

 

Des structures participent à l’éducation sur les valeurs de la solidarité communautaire et sur le développement durable comme l’association « Tout simplement ! ». Et d’autres sont conçues pour aider les victimes des systèmes financiers actuels à se relever de nouveau comme l’association des « Débiteurs anonymes » qui a été crée en 1976 aux Etats-Unis et qui a plus de 400 filiales actives à travers le monde, 10 en France.

 

Systèmes d’Echanges Locaux au nord de la France

 

Dans ma ville, Villeneuve d’Ascq au Nord de la France, j’ai fais connaissance d’une association portant le nom « L’arbre SEL », adoptant le principe de la simplicité volontaire et favorisant le Système d’Echanges Locaux (SEL). (6)

 

Les membres de l’association sont partis d’un constat réel, dans l’idéal, l’argent est un moyen de mesurer les échanges et il devrait circuler entre les gens. Mais quelques personnes physiques ou morales s’enrichissent et monopolisent l’argent en laissant la majorité dépossédée de ce moyen financier et se contentant, uniquement de rêver.

 

Le SEL est venu donc pour permettre à ses personnes d’échanger de nouveau, grâce à une mémoire d’échange, favorisant des valeurs étrangères au profit, telle que la convivialité, la solidarité et le respect d’autrui.

 

Comment cela marche au quotidien ? Et bien, l’association édite un catalogue des offres et des demandes des adhérents. Les adhérents concluent l’échange par téléphone ou lors d’une rencontre. Par Exemple, Marie demande à Pierre lors d’un marché SEL de lui donner un coup de main pour le Jardin. Ils se mettent d’accords sur les conditions de l’échange, c’est à dire 60 feuilles pour une heure de jardinage. Et c’est alors que les choses se font. L’échange est mesuré grâce aux feuilles dites « grains de SEL ». Une fois Pierre achève sa mission, Marie établit un bon d’échange de 60 feuilles ou bien l’un des deux rajoute une ligne sur sa feuille personnelle d’échange. Puis le bon ou la feuille personnelle parvient au gestionnaire des feuilles qui tient les comptes sur un cahier ou sur un ordinateur. Le compte de Marie passe par exemple de +200 feuilles à +140. Celui de Pierre de -500 à -440 feuilles. Et voilà, le solde de leur compte sera publié dans le journal du SEL, comme celui de tous les adhérents.

Notes :

1- John de Graaf, David Wann, Thomas Naylor, J’achète ! Combattre l’épidémie de surconsommation, pages 243 à 245, Les Editions FIDES, 2004

2- Consulter le site : www.simplicitévolontaire.org

3- Consulter l’encyclopédie numérique : www.ekopédia.org

4- J.P Dubois, « Le dollar est mort à Ithaca », Le Nouvel Observateur, 5/12/1996, page 94.

5- Consulter le site : http://granddon.free.fr

6- Consulter le site : http://arbresel.free.fr et le site : www.selidaire.org




Malédiction des anges !

21032007

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Le rapport sexuel est un lien entre deux êtres consentants. Il est l’expression d’une recherche d’un désir partagé. Il est l’aboutissement d’un quotidien vécu dans l’amour de l’autre et de son désir. Il n’est surtout pas la simple libération d’une pulsion ou d’une tension de façon mécanique et/ou animale, mais plutôt le moment rêvé du couple, pour dire et vivre l’amour autrement. Ce rapport n’est nullement synonyme de domination. Et quand c’est le cas, on parle plutôt de viol, d’abus, de violence ou d’agression à caractère sexuel.  

            En effet, il est assez fréquent – nous disent les sexologues et les psychologues – que ce rapport connaît des difficultés. L’un des partenaires pourrait refuser le partage de ce moment d’intimité avec son conjoint pour plusieurs raisons, parmi lesquelles figure la fatigue après une journée chargée de travail par exemple. Le cas d’une maman qui élève trois ou quatre enfants et qui se charge de leurs scolarités et de leur bien-être. Cette maman accumule la fatigue physique et le stress psychique. En conséquence, son appétit sexuel pourrait décroître. Et cela se manifeste parfois par le refus momentané de tout rapport charnel avec son mari. Celui-ci, aussi, peut à son tour se trouver dans la même situation, et pour plusieurs raisons liées au travail et bien d’autres paramètres socioéconomiques. Dans tous les cas, le couple traverse une période délicate. Il est donc urgent de résoudre ce différend.  

            Bref, la différence d’appétit sexuelle dans un couple n’a rien de surprenant, elle varie continuellement. Les partenaires, quand c’est la cas, sont appelés plutôt à plus de compréhension de ce phénomène et du conjoint aussi, pour lui trouver des solutions adéquates et surtout partagées, et toujours dans le cadre du dialogue sincère et dans la mise à jour, permanente, de la vie amoureuse pour éviter ainsi la routine et pour préserver le couple contre toute menace pouvant aller jusqu’à la séparation et l’éclatement de la cellule familiale. Et par rapport à ça, les histoires douloureuses ne manquent pas.  

            Effectivement, bien que le dialogue soit vivement conseillé au sein du couple, celui-ci cède la place parfois à des pratiques de domination (souvent de la part de l’homme), visant à faire plier la volonté de l’autre conjoint (la femme) et de le faire manipuler psychiquement pour qu’il réponde présent sexuellement, bon gré mal gré. Cette domination manipulatrice est connue presque dans toutes les cultures, à des degrés similaires.   Elle est même justifiée parfois religieusement parlant, puisqu’elle trouve appui dans des écrits religieux qui considèrent l’homme et qui en même temps, déconsidèrent la femme.  

            Dans la Genèse, il est écrit : « Je multiplierai les peines de tes grossesses, dans la peine tu enfanteras des fils. Ton désir te poussera vers ton mari et lui dominera sur toi » (Genèse 3 – 16). Le voile s’inscrit dans cette même logique de domination de la femme par l’homme. Le texte du premier épître aux Corinthiens où saint Paul justifie l’obligation, pour les femmes, de se couvrir d’un voile en explicitant encore cette soumission et cette domination, il est écrit : « L’homme, lui, ne doit pas se couvrir la tête parce qu’il est l’image et le reflet de Dieu ; quant à la femme, elle est le reflet de l’homme. Car ce n’est pas l’homme qui a été tiré de la femme, mais la femme de l’homme. Et ce n’est pas l’homme, bien sûr, qui a été créé pour la femme, mais la femme pour l’homme » (Corinthiens. I, 11, 2-16). Le voile – cacher ses cheveux – du point de vue biblique, n’a donc aucune signification de pudeur. Il reflète seulement l’esprit de domination machiste et l’infériorité du statut féminin par rapport à la posture masculine. Cette domination s’exprime à travers le voile, mais aussi à travers une domination générale dans la vie de tous les jours, y compris la vie en couple et la vie sexuelle en particulier.  

            La vie païenne de l’Arabie, avant l’avènement de la prophétie de Mohammad, paix sur lui, était caractérisée par une domination de l’homme sur la femme sur tous les niveaux, y compris au niveau familial. L’Arabe (le bédouin) de l’époque multipliait les femmes et les esclaves féminins, chacun avait son harem privé. La femme n’était aperçue qu’à travers le vecteur sexuel. Elle ne servait qu’à la reproduction et l’élevage des enfants. La vision biblique et hébraïque dominait donc les esprits. Il n’y avait ni statut de la femme, ni égalité homme/femme, ni rien de tout ça. La femme était à la merci de l’homme, qui pouvait l’enterrer vivante toute petite ou la vendre comme esclave une fois grande, pour asservir mais aussi pour se prostituer. Un passage du Coran témoigne du statut féminin de cette époque, Dieu dit : « Et lorsqu’on annonce à l’un d’entre eux (les païens)  la naissance d’une fille, son visage s’assombrit et il arrive à peine à contenir sa colère. Et il se dérobe aux regards des gens, le cœur meurtri par cette nouvelle, se demandant s’il va conserver cet enfant malgré le déshonneur ou s’il va l’ensevelir dans la poussière. Quel odieux jugement ! » (Sourate 16 – 58 et 59).    

            Le Coran a revu la condition et le statut féminin vers plus d’humanisme dans les relations homme/femme. La femme n’est ni subordonnée ni dominée par l’homme. Elle est d’abord un être humain à part entière, différent de l’homme, responsable et libre. Le Coran souligne la complémentarité homme/femme et non pas la supériorité ou la domination de l’homme sur la femme. La femme n’est pas responsable du péché originel comme cela est stipulé dans la Bible. Mais les deux sont responsables à pied d’égalité sur cet événement : « Seigneur, dirent Adam et son épouse, nous avons agi injustement envers nous-mêmes. Si Tu ne nous pardonnes pas, et si Tu nous refuses Ta grâce, nous serons à jamais perdus » (Sourate 7 – 23). L’homme et la femme sont responsables du sort de la vie sur Terre. Ils sont, tous deux, appelés à accomplir les fonctions qui sont les leurs. Dieu dit : « Les croyants et les croyantes sont solidaires les uns des autres. Ils incitent à la pratique du bien, déconseillent la pratique du mal, accomplissent la salãt, s’acquittent de la zakãt et obéissent à Dieu et à Son Prophète » (Sourate 9 – 71). Il dit aussi : « Tous ceux, hommes ou femmes, qui en revanche, auront accompli de bonnes œuvres tout en ayant la foi seront admis au Paradis ; et tout dommage, même le plus infime, leur sera épargné » (Sourate 4 – 124).  Dans son livre « Encyclopédie de la femme en islam », Abd Al Halim Abou Chouqqa a mis en évidence quelques traits de la femme dans le Coran (cf. volume I).  

            Quand le Coran parle par exemple de la cellule familiale, il met en évidence le côté affectif qui doit régner au sein de celle-ci, aucune domination ni aucune manipulation n’est tolérée. Le Coran ordonne d’entretenir de bons rapports entre homme et femme. Dieu dit : « Entretenez de bons rapports avec vos femmes » (Sourate 4 – 19). Il dit aussi : « Et c’en est un autre (signe) que d’avoir créé de vous et pour vous des épouses afin que vous trouviez auprès d’elles votre quiétude, et d’avoir suscité entre elles et vous affection et tendresse » (Sourate 30 – 21). Il n’y a pas d’hiérarchie dans ses rapports, puisque l’homme et la femme sont égaux, tout rapport de domination est à bannir. La femme n’est pas le sujet ou l’outil de l’homme. Les deux sont créés pour adorer le Seigneur et pour accomplir de bonnes œuvres côte à côte. Au sein du couple il n’y a ni dominant ni dominé. Le sadomasochisme ne trouve aucun appui dans le Coran.  

            Le Coran n’a toléré aucune domination ni aucune mise sous contraintes même dans les cas où la vie en couple devient impossible. La manipulation, la mise sous contrainte et la domination ne sont pas des valeurs coraniques. Au moment même de la répudiation, le Coran appelle à la retenue face aux différentes tentations manipulatrices et dominatrices. Dieu dit : « La répudiation ne peut être prononcée que deux fois. En cas de reprise : ou on garde sa femme et on la traite avec égards, ou on lui rend sa liberté sans lui causer aucun préjudice » (Sourate 2 – 229). Il dit aussi : « Gardez les femmes répudiées dans vos propres demeures et traitez-les selon vos moyens, mais sans leur nuire en les faisant vivre à l’étroit » (Sourate 65 – 6). Le principe coranique « Point de contrainte en religion » (Sourate 2 – 256) est le résumé même de sa conception des relations entre humains. Conception qui fournit l’assise théorique des relations internationales mais aussi qui donne un sens humain aux rapports conjugaux au sein du couple. Cette même conception représentait à l’époque un tournant de l’histoire. Hélas, cet esprit libérateur et égalitaire n’a duré que quelques dizaines d’années pendant le vécu du prophète Mohammad, paix sur lui. Et juste après sa mort, il semblait que ces successeurs n’ont pas retenu la leçon. Ceux-là ont commencé a justifié la domination par des paroles qu’ils ont ensuite attribué, mensongèrement, au Prophète.       

            Abou Hourayra est l’un de ces inventeurs de paroles, dits « hadiths », appelant à la domination de la femme par l’homme et justifiant la manipulation psychique, au sein de la cellule familiale, pour des fins sexuelles entre autres.  

             Dans les recueils des « hadiths » considérés comme authenticités par des religieux, Abou Hourayra attribue des paroles au Prophète Mohammad, paix sur lui. Il dit que, l’envoyé de Dieu a dit : « Lorsqu’une femme renonce une nuit à faire l’amour avec son mari, les anges se mettent à la maudire jusqu’au matin ». Ou encore : « Si une femme fait chambre à part et quitte le lit de son mari, les anges se mettent à la maudire jusqu’à son retour »  (cf. recueil de Al Boukhari n° 5248 et 5249 et le recueil de Mouslim n° 2594, 2595 et 2596).  

            Ces « Hadiths » largement connus, surtout dans les sphères traditionalistes et qui représentent une partie de l’éducation sexuelle répandue chez les couples « musulmans » posent plus d’un point d’interrogation :  

1-     La femme n’a t-elle pas le droit de renoncer à avoir un rapport avec son mari ?  

2-     Si cette femme est fatiguée, stressée, n’a pas d’appétit sexuel … devrait-elle à tout moment répondre présente pour satisfaire la pulsion de son mari ?  

3-     Peut-on parler du consentement dans de telles situations ?  

4-     Pourquoi est-ce qu’il n’y a pas de « Hadiths » qui stipulent: « Lorsqu’un homme renonce une nuit à faire l’amour avec sa femme, les anges se mettent à le maudire jusqu’au matin » ?  

5-     Pourquoi est-ce qu’il n’y a pas de « Hadiths » qui stipulent: « Si un homme fait chambre à part et quitte le lit de sa femme, les anges se mettent à le maudire jusqu’à son retour » ?  

6-     Les anges se dressent-ils contre la femme et en faveur de l’homme ?  

7-     Ces « hadiths » ne reflètent-ils pas la soumission de la femme à l’ordre de l’homme ?  

8-     N’y t-il pas une contradiction entre l’esprit du Coran et ces « Hadiths » ?  

9-     Ces « hadiths » ne reflètent-ils pas les traits de la culture machiste répandue dans l’Arabie avant l’avènement du Prophète Mohammad, paix sur lui, et qui est vite revenue juste après sa mort ?  

10- Ces « hadiths » ne reflètent-ils pas l’esprit des textes bibliques cités ci-dessus ?  

11- Le Prophète Mohammad, pouvait-il dire des choses pareilles et contredire ainsi l’esprit et les valeurs du message coranique ?  

12- Ces « hadiths » ne reflètent-ils pas la manipulation psychique de la femme par son mari pour des fins sexuelles ?  

13- Ces « hadiths » ne sont-ils pas la permission du viol en couple ?  

14- Comment se fait-il que le prophète nous parle des Anges en dehors du texte coranique ? lui qui ne pouvait pas se prononcer par rapport au monde invisible, sachant que les Anges sont invisibles (cf. : Sourate 6 – 50, Sourate 7 – 155)  

15- Ces « hadiths » sont-ils authentiques ? après tout ça !  

16- Représentent-ils  une référence en matière d’éducation sexuelle pour les jeunes mariés ?  

17- … etc.  

            Il est clair que ces « hadiths » représentent un retour en arrière sur l’esprit coranique. Ils garantissent, malheureusement, l’assise théorique de la manipulation psychique et de la domination masculine au sein des couples « musulmans ».  

            Ces « hadiths » traduisent fidèlement ce que le code pénal français interdit depuis plus d’une décennie, à peu près depuis 1993. Les femmes qui subissent des rapports forcés pour éviter la malédiction des anges sont des femmes manipulées psychiquement, et elles peuvent être assimilées à des femmes subissant un viol, ou du moins à une agression sexuelle sans consentement.  

            Rappelant que le viol est un crime, y compris entre époux, puisque du point de vue de la loi, la femme même mariée garde sa liberté sexuelle. Dans les rapports en couple, il ne doit pas y avoir ni violence, ni contrainte, ni menace, ni pression de quelques formes que se soient. Quand c’est le cas, on ne peut plus parler de consentement entre adulte mais plutôt de viol passible de 15 ans de réclusion criminelle. Le viol exercé sur son époux est même devenu une circonstance aggravante du viol depuis la loi du 4 avril 2006.  

            Combien de femmes souffrent-elles, en ce moment même d’un rapport imposé à coup de « hadiths » ? Combien de femmes sont emprisonnées dans le silence et dans la peur de la malédiction des anges ? Combien d’hommes profitent encore de cette situation, oh combien profitable ?!  

             Il est temps peut être d’ouvrir nos yeux sur des réalités, oh combien dramatiques, induites par la manipulation des textes mensongers d’un côté, et de l’autre côté par la crainte de l’anathème. Et tout cela se passe dans le silence, dans la peur et dans le noir !   

           







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