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Hakim El-Karoui et les Frères musulmans : ICI et maintenant ?

9122018

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Par : Mohamed LOUIZI

ICI, l’Institut des Cultures d’Islam situé rue Stephenson dans le XVIIIème arrondissement de Paris, a été inauguré par Bertrand Delanoë en 2013. A cette époque, la gestion de ce lieu de culte et de prédication a été confiée par l’ancien maire socialiste de Paris à une association culturelle loi 1901 – et pas à une association cultuelle loi 1905 – dans le cadre d’un généreux bail emphytéotique de 99 ans. Une situation jugée illégale par diverses juridictions compétentes, y compris par le Conseil d’État[1]. Mais qui a parlé de clientélisme électoraliste ? Qui a parlé de Laïcité ?

ICI est aussi cette Association loi 1901 présidée par la macroniste franco-algérienne Bariza Khiari[2]-[3] qui, après une longue expérience au sein du groupe socialiste au Sénat et  un poste de délégué national d’En Marche!, a rejoint en 2017 le groupe sénatorial de LaREM. Ses liens avec le réseau islamiste en France et à l’étranger sont désormais connus et incontestables[4].  Au site frériste SaphirNews, elle avait déclaré entre les deux tours de la Présidentielle : « Macron Président, mon dernier Lire la suite… »




Hakim El-Karoui: to Qatar or not to Qatar?

30092018

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Par Mohamed Louizi

Zéro est le nombre de fois où Hakim El-Karoui cite le Qatar dans la version papier de « son » Essai, paru le 11 janvier 2018 aux éditions Gallimard : L’islam, une religion française. Hakim El-Karoui semble être le conseiller « islam » de l’Institut Montaigne et aussi l’un des proches amis influents (mais non-officiels) d’Emmanuel Macron. Inutile de chercher la trace du Qatar dans le classement qui suit, par ordre alphabétique, de ces quelques trente-huit pays cités, une ou plusieurs fois, dans cet Essai[1]. On y trouve ça et là :  l’Afghanistan, l’Algérie, l’Allemagne, l’Angleterre, l’Arabie Saoudite, la Belgique, la Bosnie [Herzégovine], la Chine, la Croatie, Cuba, Daesh, l’Egypte, les Emirats [-Arabes-Unis], l’Espagne, les Etats-Unis [d’Amérique], la France, la Grande Bretagne, la Hollande, l’Inde, l’Indonésie, l’Irak, l’Iran, Israël (cité aussi sous la désignation : Etat Hébreu), la Jordanie, le Liban, la Libye, le Maroc, le Pakistan, la Palestine, les Philippines, la République Slovaque, la Russie, la Syrie, la Tunisie, la Turquie, le Vatican et le Yémen … mais pas le Qatar !

Dans ce tour du monde en 304 pages, sont cités vingt-et-un pays où l’islam(s) est la religion majoritaire. Parmi lesquels, se trouvent quatorze pays arabo-berbères, incluant la Tunisie dont est originaire le géographe Hakim El-Karoui.  Pas une seule phrase, pas une note de bas de page, ne laissent apparaître expressément le nom du Qatar. Walou ! diraient les Marocains. C’est comme si l’on traitait la question des cartels de la drogue et que l’on mettait en sourdine l’implication de pays comme le Mexique, la Colombie ou l’Afghanistan. Comme si l’on parlait  de la mafia italienne sans évoquer les réseaux de la mythique Camorra napolitaine. Cela manquerait de sérieux. Ainsi, le silence d’Hakim El-Karoui autour du Qatar est Lire la suite… »




Antisémitisme : voilà pourquoi je n’ai pas signé la tribune de Philippe Val.

28042018

manifeste-antisémitisme

Par : Mohamed Louizi

«Serait-ce trop demander que les versets du Coran appelant au meurtre et au châtiment des juifs, des chrétiens et des incroyants soient frappés d’obsolescence par les autorités théologiques, comme le furent les absurdités de la Bible et le dogme catholique antisémite aboli par Vatican II, afin qu’aucun croyant ne puisse s’appuyer sur un texte sacré pour commettre un crime?». C’est bien ce passage, en particulier, figurant noir sur blanc sur la version tapuscrit du «Manifeste «contre le nouvel antisémitisme»»[1], que publie aujourd’hui Le Parisien, qui m’a convaincu de proposer sa reformulation dans le sens d’un appel à une réforme du rapport au Texte …

En effet, le 11 avril, on a sollicité mon «accord de principe» pour joindre mon nom à cette tribune, tout en précisant que ma signature ne sera considérée définitive qu’après validation de son texte que j’ai reçu le 13 avril. En retour, j’ai précisé que bien que je souscrive globalement aux termes de cette tribune, le passage précité me paraît problématique et polémique voire contre productif. J’ai donc proposé sa reformulation. Car, présenter la chose de cette façon, reviendrait, de mon humble point de vue, à valider le souhait des islamistes qui Lire la suite… »




Un proche de Macron: « la loi 1905 n’est pas un texte sacré ».

11022018

Macron-islam-JDDPar : Mohamed Louizi

Dans les colonnes du JDD, daté d’aujourd’hui, le 11 février 2018 — 70 ans, jour pour jour, de la « mort » d’Hassan al-Banna, le fondateur des Frères musulmans, et 7 ans, jour pour jour, de la chute du pouvoir d’Hosni Moubarak en Égypte, permettant aux Frères musulmans de prendre le pouvoir en la personne du Frère Mohamed Morsi — on rapporte qu’un proche d’Emmanuel Macron dit: «la loi 1905 n’est pas un texte sacré. Elle a déjà été modifiée 13 fois». En effet, sous l’accroche «Ce que Macron veut faire pour l’islam», le JDD consacre sa «une» ainsi que 5 pages à la «réforme» macronnienne de l’objet-islam, qui s’annonce dans la précipitation en ce premier semestre 2018. Macron prévient: «Je ne dévoilerai une proposition que quand le travail sera abouti. Ma méthode pour progresser sur ce sujet, c’est d’avancer touche par touche.» !
 
Une vision laïcité-islam qui restera donc entièrement voilée, échappant délibérément par le fait du prince au débat public — comme lors de la campagne présidentielle me diriez-vous — et qui ne se dévoilera que mèche de cheveux par mèche. Macron dit vouloir aller vite alors que la réforme de l’objet-islam n’est pas une affaire d’agenda politique mais affaire d’un débat de société inévitable. Cette réforme tant espérée devrait être l’aboutissement d’un long processus qui devra être mené publiquement, et non en catimini, ou face à des religieux et des islamistes dans les Lire la suite… »



Les jalons de François Burgat sur la route des Frères.

31122017

02.pngPar : Mohamed Louizi.

 Le fichier PDF illustré de cette enquête est à télécharger ici :

fichier pdf Les_jalons_de_Francois_Burgat_sur_la_route_des_Fre`res_V2018

François Burgat est aux Frères musulmans, ce que le champion est à la stratégie Starfish[1]. Ce qu’une clef de voûte est à l’arc-croissant. Ce que la quatrième roue est à la voiture. Ce que la courgette est à la ratatouille: (presque) indispensable. Je ne connais pas un «frère» qui ait autant fait pour les Frères musulmans, à l’échelle nationale, comme à l’échelle internationale, que François Burgat. Il ne m’appartient pas d’expliquer le pourquoi du comment de son activisme pro-Frères : il peut s’en expliquer s’il le souhaite. Je me limite donc à relater des faits, à les interroger, à les interpréter de façon subjectivement objective. Cela suffirait, à mon sens, pour mesurer l’étendu de l’impact d’un «universitaire» sur le processus d’«islamisation»[2], en cours dans l’Hexagone, avec son lot de ruptures et de terreurs. Telle une caution «académique» consentante, François Burgat se plaît ostensiblement au service assurément conscient de Lire la suite… »




Oméro Marongiu-Perria, peut-il déconstruire le «paradigme hégémonique» en prêtant main forte au «paradigme victimaire» au service du «chaos constructeur» ? Lecture croisée (1).

17092017

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Par : Mohamed Louizi

(Appuyer sur les photos pour les agrandir !)

Depuis quelques mois, j’ai envisagé d’écrire, dans le cadre d’un débat d’idées — que j’espère franc et dépassionné –, un article analytique de certains écrits et publications de mon «ami», le sociologue Omero Marongiu-Perria que je connais depuis le début des années 2000. Nous étions tous les deux frères musulmans, membres de l’UOIF (surnommée actuellement «Musulmans de France»). De nombreuses occasions passaient, permettant la rédaction et la publication de cet article, mais à chaque fois, j’ai dû y renoncer à la dernière minute, pour laisser passer l’orage et, ainsi, s’épargner soi-même d’une lecture conflictuelle qui soit polluée, totalement ou partiellement, par de la colère.

Mais il y a une autre raison à cela, j’étais à chaque fois dans l’attente qu’une nouvelle publication de sa part, qui viendrait, soit infirmer, soit confirmer les conclusions de mon analyse de la trajectoire de sa plume, tout comme de son action sur le champ islamique (et parfois-même islamiste) : une trajectoire complexe, je l’avoue, pas très facile à suivre et à cerner. Cela pourrait être une de mes limites.

Enfin, après presque deux ans d’hésitation, au vu de la matière intelligible qu’il a produite, depuis janvier 2016, je vais pouvoir désormais engager ce débat, modestement, avec celui qui se présente comme Lire la suite… »




Le Qatar et l’Ecole d’Allah : Le cas du Lycée Averroès

31082015
Le Qatar et l’Ecole d’Allah : Le cas du Lycée Averroès dans Actualites 1-FM-Qatar-Charity.png
Par:  Mohamed LOUIZI

(Temps de lecture estimé : 35 minutes)

Le vendredi 4 septembre 2015, le Tribunal de Lille se prononcera au sujet de la plainte pour diffamation non-publique, déposée par l’association du « Collège-Lycée Averroès », à l’encontre du professeur de philosophie, Soufiane Zitouni. Lorsque cette affaire avait éclaté, j’avais publié un premier article intitulé : « Amar Lasfar répond à Zitouni : Le déni ! »[1] (lire ici). Quelques semaines plus tard, j’avais engagé une action citoyenne de témoignage d’intérêt public, en écrivant et mettant en ligne un document intitulé : « Collège-Lycée Averroès : L’arbre qui cache le désert ! »[2] (lire ici) ainsi que ses annexes, validant, preuves matérielles à l’appui, l’ensemble des reproches et critiques que formula justement le professeur de philosophie, au sujet des dérives sectaristes, islamistes, antisémites, antiévolutionnistes et autres, constatées lors de l’exercice de son métier d’enseignant, dans cet établissement privé musulman sous contrat d’association avec l’Etat depuis 2008.

Je n’ai cessé, depuis février dernier, de mettre à jour les informations concernant cette affaire et d’éclairer davantage ses zones obscures, très nombreuses par ailleurs, toujours de manière argumentée et documentée, pour que chacun, qu’il soit en poste de responsabilité républicaine ou simple citoyen,  puisse se forger une idée en connaissance presque parfaite de ses tenants et de ses aboutissants (lire ici[3], ici[4], ici[5] et ici[6]).

Que puis-je y rajouter encore à la veille de la sentence judiciaire tant attendue? Pas grand-chose, me dirais-je ! Si ce n’est quelques « petites » précisions au sujet de l’identité des « vrais » propriétaires et financiers du « Collège-Lycée Averroès » Lire la suite… »




Hassan Al-Banna et la jeunesse (4/4)

28052015

Par : Mohamed LOUIZI

Hassan Al-Banna et la jeunesse (4/4) dans Associations 200.png

 

L’idéologie des « Frères Musulmans » comme un appel salafiste !

Lors du « cinquième congrès » des « Frères Musulmans », célébrant le dixième anniversaire de la confrérie en 1938, Hassan Al-Banna  avait défini, en arabe, et en huit points, ce qu’étaient fondamentalement « l’idée » et « l’identité » des « Frères Musulmans ». Cette confrérie, selon son propos, est une combinaison d’un ensemble composé : d’un « appel salafiste », d’une voie « sunnite », d’une « vérité soufie », d’une « organisation politique », d’un « groupe sportif », d’une « ligue scientifique et culturelle », d’une « entreprise économique » et d’une « idée sociale et sociétale »[1]

Si aujourd’hui, j’affirme clairement que cette confrérie, et ses représentations dans différents pays, en Orient comme en Occident, sont des organisations salafistes, je ne fais en vérité que réaffirmer ce que disait Hassan Al Banna en 1938. Ici le terme « salafiste »  est dérivé du mot « salafisme » (السلفية)  qui désigne une tendance visant à vouloir suivre, scrupuleusement, les traces des « Salafs », ces compagnons du Prophète et leurs successeurs des trois premiers siècles, dont l’histoire a été incontestablement idéalisée et magnifiée. Lire la suite… »




Hassan Al-Banna et la jeunesse (3/4)

27052015
Hassan Al-Banna et la jeunesse (3/4) dans Actualites Epitre_des_Enseignements

Par : Mohamed LOUIZI

 

L’UOIF et l’héritage idéologique d’« al-Tanzim al-Khas » !

Le courant qotbiste, aux manettes de la confrérie, à l’internationale comme ici en France, et bien qu’il soit assurément fidèle à l’idéologie de Sayyid Qotb, n’a pas tout oublié de celle d’Hassan Al-Banna. Il en garde effectivement quelques souvenirs nécessaires pour sa « légitimité » et reprend quelques idées, en parfaite accord avec celles de Sayyid Qotb.

En effet, lors de la préparation de cet article, et après la lecture attentive de nombreux témoignages surprenants, voire choquants, formulés par des cadres « frères » et d’ « ex-frères », se trouvant au cœur égyptien de cette organisation internationale tentaculaire, j’ai découvert cette chose cruelle, effrayante et monstrueuse : mon ignorance et leur fausseté authentique. J’ai compris que ma connaissance de cette entité islamiste, malgré mes quinze années de loyaux services, reste très limitée et parcellaire, à cause de tous ces voiles opaques superposés, les uns entourant les autres, rendant, par absence de lumière, quasi impossible la lisibilité de l’identité réelle et des véritables projections  d’un dessein ultra-secret. Lire la suite… »




Hassan Al-Banna et la jeunesse (2/4)

24052015

Par : Mohamed LOUIZI

Hassan Al-Banna et la jeunesse (2/4) dans Actualites 1-_HassanAlBanna_Scouts.png
© ML

(Temps de lecture estimé à : 59 minutes)

    


Jeunes « frères » : Allégeance, Coran et pistolet !

Le discours d’Hassan Al-Banna (cf. article 1/4 ici)séduisait une large masse d’une jeunesse désorientée, dans une Égypte colonisée, de 1882 jusqu’à 1953, par les britanniques. De cette jeunesse endoctrinée et embrigadée, par un tel discours idéologique, émergeait, et dès la création de la confrérie, des groupes organisés et disciplinés, inspirés du  scoutisme, tel qu’il a été initié par le militaire britannique Robert Baden-Powell (1857- 1941). 

Les groupes des scouts de la jeunesse frériste portaient, au départ, le nom d’« équipe de voyages » et puis « équipe Jawala »[1]. Ces jeunes recrues, officiellement âgés de dix-sept ans au moins, recevaient, en plus d’une éducation spirituelle aux standards de la confrérie, une formation aux sports de combat, ainsi qu’une préparation physique et militaire, pour qu’ils soient aptes à répondre à l’appel du Jihad armé.  Lire la suite… »







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