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Journée Mondiale Pour l’Autonomie Génitale : Mon discours (*)

9052014

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Rassemblement devant le Tribunal de Cologne – Allemagne

7 mai 2014

Mesdames, Messieurs … Chers parents, chers amis,

             Je suis venu de Lille, au Nord de la France, pour vivre pleinement avec vous ces moments intenses et chargés de sens. Ici, dans cette ville, dans ce tribunal, s’est écrit le 7 mai 2012 le début d’une « Histoire » et d’une promesse démocratique. Ce premier acte est maintenant acquis et ouvre, je l’espère, la voie à d’autres actes futurs. Un grand hommage à ces juges qui ont pris la mesure du drame en dépit des pressions. L’Histoire retiendra vos noms, votre courage et votre audace.

Ce sont des moments mémorables qui – j’ose espérer – écrivent l’épilogue d’une triste histoire millénaire. C’est l’histoire de cette « circoncision » qui se justifie tantôt par des religions tantôt par des cultures et qui s’invente, suivant les époques, des  prétextes aussi illusoires que farfelus pour perdurer et s’ancrer davantage, y compris au sein de nos sociétés démocratiques et modernes au grand mépris des « droits humains fondamentaux » inaliénables.

Je m’associe à vous, en tant qu’homme libre, en tant qu’homme de foi, en tant qu’homme «circoncis » depuis mes quatre ans, et désormais, en tant que père de trois enfants dont un garçon de huit ans, pour vous dire, d’abord, mon engagement librement choisi, foncièrement sincère et totalement désintéressé à vos côtés, pour défendre cette noble cause : Celle de « l’intégrité corporelle » de chaque enfant,  celle de garantir à chaque personne sa « souveraineté » sur son propre corps et son droit à « l’autonomie génitale », sans aucune discrimination liée à l’âge, à la nationalité, à la couleur de peau, à l’identité sexuelle, à la religion, à la culture ou à la condition sociale.

Je m’associe à vous pour exprimer, en toute conscience et gravité, tout le mal que je pense de toutes les « mutilations génitales » en général, et de la « circoncision » en particulier. Celle-ci défigure à jamais les corps et marque pour toujours les esprits. Elle engendre des douleurs injustes et injustifiées, et provoque des souffrances silencieuses et durables. Elle profite de la faiblesse d’un enfant innocent, au bénéfice de groupes introvertis et puissants. Elle uniformise les corps, pour communautariser les esprits plus tard et jusqu’à la tombe. Elle impose, comme seule règle, comme seul « choix » et comme seul dogme : la servitude forcée et la soumission aveugle aux ordres religieux et culturels établis !

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Je suis venu aussi vous apporter, humblement et en toute conscience, mon témoignage personnel, sur cette sacro-sainte tradition que je connais « intimement » depuis un peu plus de trente deux ans, plus exactement depuis 1982. Car le mensonge de la « circoncision » est gravé, depuis l’âge de mes quatre ans, sur ma propre chair et dans mon esprit aussi. Je dis bien « mensonges », car ma propre « circoncision » s’est faite sous la seule et unique couverture de multiples mensonges aussi cyniques que grossiers. Le plus gros et le plus cynique de tous, était celui inventé par cet étrange homme qui me suggérait de lever ma tête au ciel à la recherche d’un « oiseau » volant, et profiter de cet court instant de naïveté primitive, pour abuser de mon corps et « couper », au nom du Ciel me dit-on, les ailes de mon propre « oiseau » ! Au commencement était le « mensonge » et le « mensonge » était ma « circoncision » !

En 2006, la naissance de mon fils m’avait mis devant ma responsabilité et devant ma conscience de « père ». Je ne pouvais fuir cette conscience car « On peut tout fuir, sauf sa conscience ! ». Que vais-je faire donc ? Reproduire ce que j’ai subi en cédant aux multiples pressions, et en conduisant mon bébé chez le « circonciseur » pour qu’il soit « coupé » parmi les « coupés » ? Ou bien m’abstenir purement et simplement ? Devrais-je graver le mensonge de la « circoncision » sur le corps de mon fils pour qu’il soit, soi-disant, dans la « vérité » ? Mais Bon Dieu, au nom de quelle « vérité » devrais-je graver sur son corps, et pour toujours, ce terrible « mensonge » ? Au nom de quelle « vérité » ?!

Mes coreligionnaires me disent et vous disent aussi que la « circoncision » est un acte de foi musulmane. Soit ils mentent, soit ils ne savent pas ! Ils sont incapables de la justifier sur la base du seul Texte fondateur ! Car le Coran ne l’a jamais cité, ni explicitement ni implicitement. Hélas, ce que mes coreligionnaires refusent d’admettre, c’est que le Coran, lui-même, a été « circoncis », inhibé et neutralisé très tôt, par des paroles étranges, connues sous le nom de « hadiths »,  attribuées au Prophète, constituant les fondements de ladite « Sunna », cette supposée deuxième source, parue au moins deux cents ans après sa mort. Ainsi, le Coran et bien des sagesses prophétiques reconnaissables, par leurs portées vertueuses, ont été « circoncises » et noyées dans un amas de millions d’autres paroles indécentes et inhumaines, rapportées ici ou là.

L’invitation coranique simple d’être « en paix » avec soi-même pour être « en paix » avec les autres, a été « circoncise » par les « hadiths » et la « Sunna ». Le Prophète lui même a été « circoncis » par ses rapporteurs. L’espérance humaniste et avant-gardiste de l’époque, a été « circoncise » par les carcans tribaux et par les intérêts de vilaines créatures hybrides et dévoyées : mi-théologiennes et mi-politiques !

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L’islam, tel que je le vis et je le conçois, ne légitime aucunement la circoncision, bien au contraire. La « circoncision » est plutôt l’un de ces « DEUX » piliers fondamentaux de tous ces autres « islams » frelatés, parus durant les quinze derniers siècles. Des « islams » guerriers, dominants les corps et conquérants les territoires. Des « islams » autoritaires, politisés, totalitaires, inhumains et foncièrement agressifs. Ces « islams » ne peuvent exister d’ailleurs que dans une ambiance de soumission imposée du berceau jusqu’à la tombe. Ils ne peuvent perdurer que dans un climat de peurs et de menaces entretenues en permanence. Ces « islams » ne peuvent exister qu’à travers le mensonge de la « circoncision », comme premier pilier et comme seule et unique « porte d’entrée », et qu’à travers l’autre mensonge de « la peine de mort » pour « apostasie », comme deuxième pilier, et comme seule et unique « porte de sortie » ! Ainsi, ces « islams » se nourrissent continuellement tantôt des « prépuces » de l’innocence … tantôt des « têtes » d’humains libres qualifiés et jugés apostats !

Comme si, vivre une spiritualité croyante n’était possible qu’entre deux flaques de sang … qu’entre deux violences … qu’entre deux crimes ignobles ! Comme si le nom de Dieu ne pouvait être inscrit dans les cœurs qu’en subissant le mensonge de la « circoncision », et ne pouvait en être effacé qu’en subissant l’autre mensonge de « l’apostasie » !

Concernant mon fils, j’ai refusé, je refuse et je refuserai toujours, de céder à la pression et aux menaces. La dignité de mon fils, sa souveraineté inviolable sur son propre corps, son intégrité physique, une et indivisible, et son droit de décider par lui-même plus tard de son appartenance religieuse, ou pas, ne sont pas sujets à un quelconque marchandage religieux, orchestré au nom de Dieu. Dieu n’a strictement rien demandé ! Et quand bien même Dieu l’aurait demandé, je ne le ferai pas, et j’en assumerai, en homme libre et en homme de foi, toutes les conséquences. L’Humain, dans ma conception, est plus sacré que le texte quelque soit son auteur … Cela est aussi l’avis du Coran !

Mesdames, Messieurs … Chers parents, chers amis,

Il est déplorable ce silence assourdissant d’intellectuels musulmans à ce sujet. Qu’ils agissent en femmes et hommes libres et libérés par la pensée. Qu’ils libèrent leurs paroles. Qu’ils arrêtent de se comporter tels des investisseurs frileux, tremblant à l’idée de perdre des parts de marché ou des parts d’audience. Car l’Islam n’est ni un fond de commerce, ni un objet médiatique. L’intellectuel ne doit agir ni en commercial de la parole, ni en commentateur passif et intéressé. Les musulmans ne sont ni des clients à séduire, ni des spectateurs à divertir pour endormir davantage !

Il ne suffit pas, non plus, d’annoncer expéditivement, sur un sujet aussi grave, votre positionnement en 140 caractères sur le réseau Twitter, comme cet respectable islamologue musulman genevois ultra-médiatique, se définissant comme réformateur radical, qui depuis un quart de siècles, a noirci plus de 6 000 pages, et animé de centaines de conférences religieuses, et qui au sujet de la circoncision a fini enfin, en octobre 2012, par lancé un tweet équivoque sur son compte, exprimant, mais sans citer explicitement la « circoncision », je cite : «Quiconque abuse un corps d’enfant – avec ou sans consentement – viole son innocence !»  C’est déjà très bien ! On avance timidement ! Mais Monsieur l’islamologue, merci de détailler votre propos, car le viol de l’innocence mérite plus qu’un tweet … Qu’en pensez-vous ?

Mesdames, Messieurs … Chers parents, chers amis,

Voilà ce que j’ai voulu partager avec vous en cette journée mémorable qui n’est que la poursuite d’un long combat pour protéger l’innocence, nos enfants, contre tout abus, contre toute violation et contre toute violence !

Enfin, permettez-moi de remercier les organisateurs de cette journée de m’avoir invité. Un grand merci à Guy SINDEN et à Victor SCHIERING. Aussi, je remercie et rend un hommage sincère à mon ami Nicolas MAUBERT pour le temps et l’effort, de très haute qualité, qu’il dépense en faveur de cette cause, là-bas en France, à travers le site « Droit au Corps ».

Merci à vous tous pour votre attention !

(*) : Ce discours a été traduit instantanément en allemand.

Voici sa traduction arabe : fichier pdf Discours_Circoncision_Cologne_2014_Louizi

Voici sa traduction anglaise : fichier pdf Mon_Discours_Cologne-EN

Voici sa traduction allemande : fichier pdf Mon_discours_Cologne_DEUTCH




Appel : « Sauvons nos garçons ! »

21032014

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Par : Mohamed LOUIZI

Le Monde, dans lequel nous vivons, est trouble, perturbé, pollué, souffrant, ensanglanté … Pas un jour ne passe sans que l’on prenne connaissance des atrocités par-ci et des menaces par-là. Pas un jour ne passe sans que l’on apprenne ce que des humains font endurer à d’autres humains, pour protéger des intérêts divers : financiers, économiques, politiques, stratégiques, religieux et autres.

Les injustices de tout genre « fleurissent » sur un vaste champ de ruines … Les libertés sont menacées plus que jamais et à grand échelle … Des faibles écrasés … Des puissants malfrats, de toutes obédiences et sensibilités, se targuent plus que jamais d’être intouchables pour la postérité … Des guerres continuent de « moissonner » des vies, des innocents … D’autres guerres se préparent dans le « secret défense » pour défendre de « secrets intérêts » … Le « marché de la mort » ne connaît pas la crise … Le « marché de la guerre » s’active pour résorber, avec les mêmes recettes meurtrières du passé et par les armes et le sang, la « crise du marché » … Des médias demeurent hélas assujettis, sauf quelques rares exceptions, aux puissants militaro-industriels et banquiers, en défendant leurs intérêts au lieu de se soucier d’accomplir leur métier citoyen d’enquête et d’information, qui se doit, en principe, d’être désintéressé, indépendant, libre et authentique … Il suffit d’ailleurs d’ouvrir les yeux et les oreilles pour s’en rendre compte … Le déclinisme gagne du terrain dopé par toutes sortes de constats sociétaux, environnementaux et économiques pour le moins alarmants.   

Cependant, des contrepoids existent heureusement et tentent, tant bien que mal, de résister à cette hystérie généralisée et à cette folie qui songe à nous embarquer collectivement et intentionnellement vers les abîmes. Ces contrepoids actifs et ces forces génératrices de résistances et d’espoirs, s’occupent chacune, ou conjointement avec d’autres, d’éclairer le chemin, d’apporter la contradiction, d’assurer un minimum de pluralisme, de permettre le doute, de dénoncer les infamies, de soutenir les causes justes, de défendre les droits et libertés, de réveiller les consciences, de permettre aux fleurs  « des printemps » fébriles et fragiles de ne pas faner si rapidement.

Chaque conflit, chaque cause juste, trouve d’honnêtes femmes et hommes engagés, qui telles des bougies, se consument à petit feu pour éclairer les autres, pour baliser des chemins possibles, pour permettre cette lueur de lumière, qui, même lorsqu’elle semble être insignifiante, donne lieu à d’immenses espoirs et engendrent de nombreuses promesses.

Ainsi, ces femmes et hommes témoignent, de part leurs engagements respectifs, de cette humanité vivante et habitée par une soif insatiable, visant à faire cesser ces atrocités quotidiennes et sauver des vies. Presque chaque cause a ses défenseurs, y compris les causes auxquelles on ne pense que rarement, ou pas du tout, soit par désintérêt ou par manque d’information ou par pure négligence.

Mais il y a une cause, en plus des autres, qui me semble très juste, très importante et hautement prioritaire … Cependant, celle-ci, ne trouve hélas pas assez de monde pour la défendre, pas assez d’énergies pour la faire valoir, pas assez de cries pour la faire entendre … Et pourtant ! Elle « nous » concerne directement ou indirectement, que l’on soit parent ou futur parent  … Elle implique « nos » enfants … « nos » garçons en particulier !

Il s’agit d’une pratique qui s’attaque à l’intimité des garçons, qui modifie irréversiblement et à jamais leurs corps … Elle secoue, qu’on le veuille ou pas, les consciences et tourmente les esprits … Elle peut entraîner l’irréparable et parfois séparer celles et ceux que l’on croyait inséparables … Elle « nous » renvoie à « nos » ignorances et révèle « nos » faiblesses ainsi que « nos » assujettissements aux « ordres » religieux établis par « nos » défunts aïeux et demeurent activement relayés par tous ces gardiens de toutes ces traditions et de tous ces temples sacrés.

Vous l’avez, peut-être, compris : Il s’agit de la CIRCONCISION … Cet acte de mutilation génitale non thérapeutique, que l’on fait subir aux garçons, juifs et musulmans, dès leur petit jeune âge !

Bien que je sois moi-même circoncis, en 1982, à l’âge de quatre ans, ma position concernant cette pratique est connue et a été rendue publique depuis 03/07/2009, lorsque j’ai publié ma modeste recherche intitulée : « Le juste prix de la terre promise ! Réflexion autour de la circoncision » sur mon blog « Ecrire sans censures ! ». Depuis, ce texte a été lu et téléchargé un peu plus de 47 500 fois.

Cinq ans plus tard, cette position entièrement assumée, s’est confortée et consolidée par de nouvelles recherches, de nouvelles données, de nouveaux fait-divers et de nouvelles rencontres … Elle demeure nourrie par la même détermination et le même engagement de départ !

Par ailleurs, force est de constater que de nombreux lecteurs anonymes, de nombreuses connaissances, bien qu’ils trouvent les arguments mis en avant dans ce texte – pour comprendre la genèse d’une telle pratique – plutôt pertinents, induisant la réflexion sur le sens et offrant un éclairage sur d’autres sujets et aspects, une partie de ces mêmes lecteurs se heurtent aux violences d’une réalité sociale et religieuse effrayante, prohibant toute tentative d’émancipation – qui se veut rester toujours croyante et spirituelle – mais s’exerçant en dehors des périmètres des institutions religieuses, et libérée de l’emprise des jougs de la coutume et des interprétations sacralisées de tous ces « geôliers de la foi» et de tous ces « agents » de maintien de l’ordre religieux établit.

Ici, un couple mixte, longtemps heureux et amoureux, se déchire définitivement à cause du « prépuce » de leur petit garçon ! La maman refuse de porter atteinte au corps de son fils de trois ans, lorsque le papa qui ne croit pas, d’ailleurs, au bien fondé de cette pratique, exige paradoxalement, sous la pression, de circoncire son fils par peur de la famille … par peur des regards de l’entourage familial et social … ou pour se montrer « loyal » envers le grand-père en risquant, par cette attitude, la santé et la vie de son propre fils !

Quelque part là bas, un couple anéanti, qui après avoir accompli la veille – et dans la joie (!) dit-on –  l’acte « sacré » de la circoncision, se réveille le lendemain matin face à la catastrophe : le décès de son fils chéri, suite à une hémorragie survenue pendant la nuit … L’enfant s’est vidé de son sang, doucement, goûte après goûte et s’est éteint pour toujours, les larmes de la souffrance aux yeux … les yeux rivés au ciel !

Quelque part, ici dans le Nord de la France, un bébé de sept jours seulement (!), sauvé in extrémis, par des médecins urgentistes, après avoir subi une circoncision à domicile, opérée par un pieux « médecin », spécialisé dans le « prêt-à-couper » Low Cost, sur la table de la cuisine et peu soucieux de la déontologie médicale … Ce « médecin », maitrisant parfaitement l’art de tenir les bébés par la « queue »,  a eu affaire à la Justice de la République, qui pour des raisons incompréhensibles – accrochez-vous ! – a considéré que la République n’a pas à se prononcer sur un acte « rituel », en faisant fi des droits des enfants : Coupez vos garçons au nom d’Allah ! Mutilez vos bébés au nom de Yahvé ! La République se doit d’être neutre !

De malheureuses histoires, comme celles-ci, sont hélas multiples et fréquentes … Des enfants en bas-âges, des bébés de quelques semaines voire de quelques jours, sont chaque jour coupés, mutilés, dénaturés, sacrifiés … Des parents déboussolés, des couples déchirés, des mamans chagrinées, des papas tiraillés, des enfants angoissés, des couples explosés et des vies brisées … Tout cela, découle d’une pratique effrayante que l’on perpétue pour, dit-on, plaire à Allah pour les uns … et pour honorer la promesse envers Yahvé et continuer à payer le prix de la « terre promise » pour les autres !

Comme si le chemin vers Dieu ne pouvait qu’être revêtu de millions de prépuces de garçons innocents !

Comme si la plénitude spirituelle choisie était incompatible avec l’intégrité corporelle !

Comme si « être croyant » monothéiste, juif ou musulman, nécessitait impérativement « être coupé » !

Comme si la soumission aux travers religieux hérités du passé, était plus importante que de préserver la bonne santé de « nos » enfants et le sourire sur leurs lèvres et leurs visages !    

Cette cause centrale ne trouve hélas que quelques défenseurs, qui malgré vents et marées, tentent de sensibiliser, d’informer et de mener un travail difficile au milieu d’un climat religieux, médiatique et politique indifférent, voire très hostile.

Le silence coupable et déplorable de certains « intellectuels » musulmans, qui se présentent à la messe comme novateurs et avant-gardistes, demeure assourdissant à ce sujet. Ces « intellectuels » – souvent des prédicateurs et bons orateurs « mutés » avec des titres universitaires utilisés comme gages de spécialisations et outils de subordination de la masse  - préfèrent traiter de questions, dont l’apparence est révolutionnaire, avec des titres choc tel « la réforme radicale », mais qui ressasse en vérité d’anciennes idées – développées par de courageux réformateurs du début du XXème siècle dans le monde arabe – avec un habillage philosophique et sociologique très habile et en se servant de styles linguistiques séduisants.

Ces « intellectuels » disent des choses, expriment quelques idées mais finissent par tromper le lectorat, en se muselant volontairement là où il faudrait exprimer des vérités dérangeantes de l’histoire d’une construction religieuse tourmentée et ô combien problématique à bien des égards … Ils se taisent, là où il faut questionner la conscience collective et déranger la caste barbue et enturbanné   … Ainsi l’autocensure prend le dessus sur le courage intellectuel et le devoir de vérité. En mode « off », ces mêmes maîtres « intellectuels » livrent un fond respectable de leur pensée qu’ils n’osent pas affirmer par ailleurs en mode « on ». Ils expliquent aussi la difficulté de tenir des discours tranchant avec le traditionalisme ambiant … car, selon eux, la communauté n’est pas prête à entendre cela et serait choquée et perturbée !         

Ces « intellectuels » passent leurs temps à vouloir expliquer l’évidence de l’évidence … La compatibilité entre choses compatibles depuis la nuit du temps … A force d’éviter les sujets vitaux, les sujets qui risquent de fâcher, de bouleverser, ils tombent volontairement dans le ridicule et dans le déni … A force de refuser d’assumer le rôle que doit assumer naturellement un quelconque intellectuel qui se respecte, ils finissent par se trahir en pactisant avec toutes ces forces obscurantistes primaires et en profitant de l’aise d’un statut socioprofessionnel et de l’abondance de l’argent qui coule à flot : La « réforme radicale » de l’Islam attendra l’édition prochaine … la parution prochaine … Le siècle prochain !     

Au fond, ces « intellectuels » sont hélas habités d’une peur terrible de s’attirer la foudre communautaire, de risquer l’isolement et de perdre des « parts » dans cet « hypermarché religieux » trop juteux. Ils ne peuvent bousculer les certitudes, ni questionner le bien fondé de telles pratiques tabous. Ils préfèrent parler du « halal », du « voile », d’une certaine « éthique », d’une certaine forme de « citoyenneté », … La « galerie musulmane » est ainsi amusée toute l’année, en continue et en boucle … Leur silence coupable et complice demeure … Les cris de « nos » enfants, de « nos » bébés … demeurent aussi !

Pour briser cette « loi » du silence … pour interpeller ces «notables» proclamés et autoproclamés et les mettre devant leurs responsabilités morales … pour bousculer cet ordre religieux établit … pour libérer cette parole qui doute … pour interpeller les pouvoirs publiques … pour protéger ces enfants et bébés innocents … pour mener des actions citoyennes de tout genre et sous toutes formes légales, cette cause devra réunir toutes celles et tous ceux qui croient en sa justesse et en son urgence !

C’est pourquoi, je lance aujourd’hui – le jour de mon 36ème anniversaire – cet « APPEL » citoyen, en direction de toute personne, femme et homme, croyante ou non, parent ou pas … qui pense que cette cause mérite que l’on s’y intéresse.

La visée première de cette initiative est de constituer une équipe de travail, basée physiquement et domiciliée légalement en métropole lilloise, pour commencer, organisée dans un cadre associatif à but non lucratif (association loi 1901), qui réfléchira aux contenus, exprimera sous toutes formes et supports des éclairages religieux, médicaux, psychologiques, … et autres. Et mettra en place des plans d’actions plaçant, dans la durée, cette question au cœur du débat sociétal, avec l’organisation périodique de nombreuses rencontres, conférences, tables rondes, échanges d’expériences, ateliers de témoignages …  et pourquoi pas, célébrer une « journée de sensibilisation contre la circoncision » !

Cette initiative se rajoutera aux autres initiatives existantes et consolidera ce courant de forces génératrices coopérants visant le changement profond des mentalités et de conceptions. Seuls l’intérêt de l’enfant et la protection de son intégrité corporelle reste à la tête des préoccupations de cette initiative.

Toute personne intéressée par ce « projet », en phase embryonnaire, peut me contacter, dans un premier temps, par courriel à l’adresse :

mohamedlouizi@hotmail.fr

Une première réunion d’information et de travail sera organisée dès que le nombre de personnes intéressées atteindra un minimum de 5 personnes. La participation à cette réunion par Call Conférence est possible pour toute personne habitant loin de Lille.

Je reste naturellement à votre disposition pour tout autre complément d’information ! 

Mes amitiés !




Le juste « prix » de la « terre promise » : Réflexion autour de la circoncision

3072009

« N’est-il pas étrange de nous voir défendre plus farouchement nos erreurs que nos valeurs ? »

Gibran Khalil Gibran – Le sable et l’écume

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Par Mohamed LOUIZI

Au commencement était la liberté …

Certains choix difficiles que l’on opère, à des moments précis de notre vie, impliquent tout naturellement, directement ou indirectement, l’avènement en avalanche d’autres choix coûteux, capitaux et déterminants pour notre devenir.   

Depuis quelques années maintenant, le choix du questionnement systématique, permanent et inaltérable, m’accompagne. Je m’en félicite par ailleurs pour cette chance qui m’est offerte à un moment précis de mon existence, lorsque que bien d’autres, une majorité sans doute, refusent de prendre ce risque et préfèrent se soumettre volontairement à des réponses toutes faites, consomment des fatwas à la demande et se passionnent, naïvement, devant un prêt-à-pratiquer pseudo-religieux infantilisant.

Ce choix de vie, en dehors des effets secondaires indésirables  qu’il a pu engendrer depuis, m’a permis, malgré tout, de reconquérir cette liberté de pensée concédée au fil des années précédentes, et d’être simplement moi-même, face à l’absurdité de certains dires et à l’intolérance de certains actes.    

La vie ainsi menée se refuse alors à la routine et à la désespérance. Pas un jour ne se lève sans son lot d’interrogations restées sans réponses. L’espace de l’Inconnu s’accroît sans fin, et certaines affirmations, religieuses particulièrement, qui paraissaient hier vraies et immuables, se montrent aujourd’hui, sous les projecteurs d’un raisonnement critique assumé, moins évidentes.

Combien de questions refusons-nous de nous poser car paraissant douloureuses ? Combien de sujets tabous n’osons-nous pas briser et approcher par manque de courage intellectuel, et par crainte du blâme ou de la réprobation ? Combien de compromis maladroits avons-nous conclu, au mépris de nos convictions les plus intimes, sous l’effet de la peur de ce « Que dira-t-on » communautaire terrifiant ?

Une des questions qui me tourmente l’esprit depuis quelques temps, est cette tradition que l’on insiste à perpétuer à coup de « paires de ciseaux » et de « couteaux » bien aiguisés, assez souvent sans en connaître l’origine et dont le sens religieux exact –  s’il y en a un –  nous échappe complètement : Il s’agit, vous l’avez compris, de la fameuse circoncision !

Circoncision : sixième pilier de l’islam ?

Cette question, qui au départ, me paraissait secondaire et subsidiaire face à d’autres questions, tenues pour prioritaires, remonte aujourd’hui à la surface de mes préoccupations religieuses et intellectuelles. Elle représente à mon sens, et de manière très profonde, l’occasion rêvée me permettant de cerner, relativement, le sens que l’on donne, au sein d’une religion ou d’une communauté de foi ou d’un système de valeurs quelconque, à l’être humain, à son intégrité physique et à sa dignité de manière générale.

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