• Accueil
  • > Recherche : caricature interrogation

Collège-Lycée Averroès de l’UOIF : des intimidations ?

30032015

La mise en ligne, le 19 mars 2015, de mon témoignage citoyen d’intérêt public intitulé : « Collège-Lycée Averroès de l’UOIF : L’arbre qui cache le désert ! » (à lire ici) semble avoir secoué quelques branches. Je précise, d’entrée de jeu, que je ne souffre, normalement, d’aucune pathologie chronique connue et d’aucune psychose, qui serait passagère, altérant mes facultés de jugement. Mon ami, avec qui j’ai pris un bon café, hier après-midi au centre ville de Lille, n’a rien remarqué, ma femme non plus. Mais, le doute reste permis et la vigilance demeure nécessaire. Il me semble, que de toute façon, tout un chacun serait, de facto, « parano » aux yeux d’un autre. 

Cependant, deux faits réels, matériels et circonstanciés me confirment que, vraiment, je demeure – Dieu soit loué – sain d’esprit et qu’il ne s’agit guère d’un délire caractérisée ou d’une frénésie, à peine voilée, mais plutôt d’une réelle volonté d’intimidation, d’une double intimidation !

En effet, hier soir, cinq minutes seulement avant le coup d’envoi du match de l’équipe de France contre le Danemark – le pays d’origine du dessinateur Kurt Westergaard qui, en 2005, avait caricaturé le Prophète Mohammad – une enseignante au « Collège-Lycée Averroès », qui avait participé sur sa page Facebook public au lynchage « numérique » de Soufiane Zitouni, m’a envoyé deux courriels successifs, expliquant qu’elle demeure blessée par le propos de mon livre et qu’elle a décidé de porter plainte contre moi pour diffamation : une première intimidation ! Lire la suite… »




Amar LASFAR répond à Soufiane ZITOUNI : le déni !

11022015
Soufiane ZITOUNI
Par : Mohamed LOUIZI

Quelques interrogations 

            Comment une minorité idéologique, de quelques centaines de personnes, disséminées sur tout l’Hexagone, mais bien installée depuis une trentaine d’année à la tête de nombreuses mosquées et de nombreuses associations et institutions, contrôlant au passage, presque tout, du contenu spirituel de la foi musulmane à son expression  et ses revendications au quotidien, puisse continuer à prendre en otage toute une communauté de foi, de quelques millions de français et de résidents ?

            Comment cette même minorité, qui a certes contribué par un activisme qui force le respect, à construire des mosquées, des établissements et bien d’autres murs et d’espaces de partage communautaire – mais essentiellement avec le concours magistral et décisif des fidèles – persiste à refuser d’assumer ce qu’elle est simplement, de faire son autocritique vitale et de cesser d’assujettir les intérêts globaux et salvateurs de la communauté de foi à ses propres intérêts idéologiques et politiques ?

            Comment cette même minorité arrive à vivre, en conscience, avec une sorte de duplicité malhonnête, de fausseté assumée, de mensonges légitimés et à répétition – qui sont par ailleurs insupportables pour le commun des mortels – et nie scrupuleusement, les yeux dans les yeux, des évidences de sa propre conception religieuse, de sa propre rhétorique idéologique, de ses passés antérieur et récent et de ses desseins, déclarés ou clandestins ?

            Comment cette même minorité activiste arrive à séduire, encore et toujours, par la ruse, par les jeux d’alliances, par les jeux de mots et à s’imposer mordicus, telle une fatalité, sans qu’il n’y ait une réelle opposition consciente ou alternative salutaire, émanant de la large masse des fidèles, qui puisse s’exprimer et déconstruire ce guet-apens idéologique géant, dans lequel toute cette communauté de fidèles est entraînée et prise en otage ?

            N’y a-t-il pas parmi les membres de cette minorité, ou parmi les fidèles de cette majorité silencieuse,  des personnes sages qui se lèveront, un jour, contre cette mise sous tutelle idéologique permanente, contre cette instrumentalisation qui déshonore, et qui risque, dans les temps qui courent, d’hypothéquer et de mettre en danger de disparition, pure et simple, tout ce que des générations de fidèles musulmans ont pu bâtir et construire, par les sacrifices récurrents des parents et des grands-parents, durant les trente dernières années, et même avant. Et ce, à cause d’erreurs, des fautes mêmes, des aveuglements et des intérêts particuliers d’une petite caste d’islamistes bien installée, d’un petit groupe de marchands de la « parole sacrée » dans tous ces sanctuaires musulmans profondément asservis ?

Ripostes

            J’écris ces lignes et je formule ces interrogations, qui me paraissent nécessaires, car vitales, après avoir vu hier soir, au journal régional 19/20 du Nord Pas-de-Calais sur « France 3 »[1], un reportage sur le lycée de l’UOIF – baptisé grossièrement « Lycée Averroès » – donnant la parole à une élève, au directeur-adjoint, Monsieur Eric DUFOUR, et au président de l’UOIF, Monsieur Amar LASFAR, suite aux accusations portées par Monsieur Soufiane ZITOUNI, professeur de philosophie démissionnaire depuis trois semaines, à l’endroit de ce lycée et de ses dirigeants et publiées le vendredi 6 févier dernier dans le journal Libération, sous l’intitulé : « Pourquoi j’ai démissionné du lycée Averroès »[2].

Lire la suite… »




Ce Blog ?

30052007

Adieu

Le jour de mon 29ème anniversaire, le 21 mars 2007, je m’offre un nouveau blog : Ecrire sans censures !

Car je me fais des soucis pour le jour où, dans quinze ou vingt ans, mes enfants me demanderont :

« Papa ! Tu faisais quoi quand ils ont censuré toutes les libertés … au nom de Dieu ?« 

Et donc, j’ai décidé de ne pas me taire … de contester toutes les manœuvres « islamistes » visant à réduire mon existence et mon expression au silence … de ne pas composer avec tout pouvoir s’autoproclamant représentant de Dieu sur Terre … d’inscrire le restant de ma vie au service de l’écriture  libre  et engagée du côté des valeurs et principes qui font de moi un humain … d’engager des réflexions critiques sur ma condition et sur mes choix de tous les jours … de partager mes idées avec le monde entier à travers le net … de pouvoir y publier mes humeurs et de rendre compte des choses que j’ai vécu et qui méritent de sortir du cadre personnel …

Ce blog est par conséquent, mon espace, et le vôtre aussi, pour écrire ce qui mérite d’être partagé avec vous … sans censures !

Étant donné que je suis néophyte en matière d’écriture et de gestion de blog, d’avance je vous présente mes excuses pour toutes les erreurs et toutes les imperfections que vous ne manquerez pas de relever ! Merci de me signaler mes fautes de frappe, de grammaire et de conjugaison ! Aussi, toutes vos critiques, vos remarques et vos suggestions sont les bienvenues, celles-ci me permettront sans aucuns doutes d’améliorer la forme et de revoir les contenus.

Ecrire sans censures ! est une façon de pratiquer l’écriture spontanée de mes idées, qui sont toujours en construction. En effet, si ma pensée évolue dans la durée, son expression quant à elle, s’invente dans l’instant sous une forme plutôt statique. C’est pourquoi, je m’engage à expliquer à chaque fois l’évolution de mes pensées pour éviter toute confusion ou tout double discours apparent et nuisible.

Ecrire sans censures ! est l’espace qui m’offre une liberté de pensée et d’expression sans limites et sans tabous. On y trouvera donc des sujets traitant des questions de société, de religion, de politique, d’histoire, des sciences, d’humour, d’art, de caricature, etc.

Ecrire sans censures ! est ma tribune me permettant de formuler un avis instantané sur des idées ou des choses passées, présentes ou à venir. Cela représentera, je l’espère, une réponse recevable à l’interrogation légitime de mes enfants dans quinze ou vingt ans.

Bonne lecture !

Fraternellement, Mohamed LOUIZI

Villeneuve d’Ascq, le : 21 mars 2007




Monstre du « qu’en-dira-t-on ? » communautaire ! Phobies islamistes

1042007

caricatureislamism.bmp

Par : Mohamed LOUIZI 

            Dans sa chronique dans le magazine Le Monde des Religions (1), intitulé « Où sont passé les intellectuels musulmans ? », Jean Mouttapa (2) lance un appel à ceux résignés parmi ces intellectuels, leurs invitant de se libérer de l’emprise du « qu’en-dira-t-on communautaire ?», de libérer l’expression de leurs pensées en se livrant tout d’abord, à l’exercice de l’autocritique et de « penser contre soi-même ». Et ensuite, d’exprimer celle-ci « haut et fort en penseurs affranchis ». Jean Mouttapa reconnaît que dans les pays « musulmans », les intellectuels sont tous, plus ou moins soumis à « une terrible censure politico-religieuse ». Mais, il estime anormale, que d’autres intellectuels vivant sur le sol européen et français n’arrivent pas à se dégager définitivement de cette emprise monstrueuse qui les maintient silencieux, voire peureux et effrayés, de la réaction de je ne sais quelle « communauté musulmane » !  

 

Il est vrai que ladite « communauté musulmane » a, depuis des siècles, définit son territoire et ses lignes rouges, supposées sacrées et intransgressibles.  Elle a définit aussi les critères que tout membre, intellectuel ou pas, se doit d’observer pour avoir la paix communautaire, sinon, le rejet et bien d’autres sorts, lui seront réservés s’il ne renonce pas à ses dépassements pernicieux.

Les pouvoirs politiques, en alliance avec des religieux, ont joué un double rôle dans ce sens. D’abord, ils ont déterminé ce qu’est l’identité de ladite « communauté musulmane », qui se résume, selon la conception dominante de cette même alliance, en une et une seule appartenance hégémonique, à savoir : l’appartenance religieuse, et en l’occurrence « l’islam du pouvoir »  en place. Et ensuite, ils ont mis à disposition tout un arsenal juridico-religieux de maintien de l’ordre établit. Et dans ce cadre, même les pires moyens illégaux et inhumains ont été sollicités, depuis des siècles, pour que soient respectées ces frontières et pour que tout le monde, y compris les intellectuels, ne quittent pas leurs carcans claniques et adhèrent, bon gré mal gré, par allégeance ou par crainte de l’anathème, à l’idée d’une « communauté musulmane » sacrée, une et indivisible et surtout au-dessus de toute mise en question et de toute critique ! 

De ce point de vue, la supposée « communauté musulmane » ne diffère guère de ses semblables. Elle est à l’image de toutes les communautés qui se définissent, principalement ou exclusivement, comme fondée sur la seule appartenance religieuse. Elle reproduit de manière systémique et symétrique tout ce que celles-ci ont pu expérimenter et mis en place, depuis qu’il y a une communauté d’humains qui s’est construite autour d’une religion.

Amin MAALOUF (3)  nous fait part de ses réflexions autour de cette question. Son livre « les identités meurtrières » est totalement consacré à l’étude des différentes représentations et risques de cette mono-appartenance qui forme à un moment donné une communauté et qui peut représenter un danger, à la fois pour ses membres et aussi à l’égard de son entourage considéré comme « autre », et surtout comme un ennemi hostile à surveiller, sans baisser la garde.

Par rapport au traitement que réserve une quelconque communauté religieuse à ses siens, MAALOUF écrit la chose suivante : « Ceux qui appartiennent à la même communauté sont les nôtres, on se veut solidaire de leur destin mais on se permet aussi d’être tyrannique à leur égard ; si on les juge tièdes, on les dénonce, on les terrorise, on les punit comme traîtres et renégats.. » (4). Une telle punition n’est rien d’autres que la désignation public, dans un premier temps, comme ennemi de la communauté, et par extrapolation comme hérétique et apostat de la religion. Et dans un deuxième temps, le pouvoir plotitico-religieux qui autoproclame une certaine légitimité communautaire procède à l’élimination pure et simple de cet élément gênant.

De ce point de vue, toute communauté se soumettant à l’ordre d’une oligarchie politico-religieuse adopte le même comportement totalitariste face à toute opinion ou expression d’opinion libre et pacifique. Dans de tel condition, l’opinion devient un délit passible de la peine capitale car assimilée, par certains, à la haute trahison. Et même après l’exécution ou la mort, le cadavre de la personne jugée ennemie ou hérétique sera sujet à un traitement de faveur ! Dans le cas de ladite « communauté musulmane », l’apostat « ne sera ni lavé, ni mis dans un linceul, ni donné au gens de sa nouvelle religion, car le faire signifie qu’on lui rend honneur alors qu’il n’en n’est pas digne. L’apostat sera jeté dans une fosse comme on jette un chien. Et s’il a un parent musulman, il serait préférable de le lui remettre pour le laver comme on lave une robe impure et l’enrouler dans un habit usé » (5).   

En effet, c’est ce genre de traitement maintenant une majorité d’intellectuels sous l’emprise de la peur qui leurs impose de garder le silence et de se consacrer à des sujets annexes et secondaires qui ne font que confirmer les pratiques autoritaristes des oligarchies politico-religieuses visant à effacer toute opposition légitime au nom de Dieu !

Ce climat de « phobies » n’est pas sans conséquences. Des « intellectuels » refusent toute mise en question de l’héritage religieux, car une telle aventure peut être perçue par les gardiens du temple et du palais présidentiel comme atteinte à la vérité officielle. Certains préfèrent se diminuer en dessous des ancêtres pour être reconnus, acceptés et entendus par la masse. D’autres se dissimulent en réformateurs critiques à l’égard des connaissances ancestrales, mais en réalité, ils pratiquent tout le contraire, ils disent ne pas pouvoir sortir dans leurs recherches et écrits des normes « immuables ! » reconnues par les « savants et les sciences islamiques ». Pour certain, cela se traduit par « la rigueur académique » que ces intellectuels observent minutieusement.

Mais toute fois, une autre lecture est aussi plausible : le fait de se définir fidèle aux cadres normatifs, tracés par les anciens et à ce qu’on désigne habituellement par « sciences islamiques », ne traduit-il pas une sorte de continuité non dérangeante là où il faut assumer la rupture ? La réforme ne commence-t-elle pas par l’évaluation, au premier abord, des normes ancestrales ? Lesdites « sciences islamiques », sont-elles « sciences » au sens propre du terme, c’est à dire un ensemble cohérant de connaissances concernant des phénomènes obéissant à des lois vérifiables ? Ou sont-elle tout simplement des compilations de pseudo connaissances, d’impressions et d’humeurs et qui n’obéissent à aucune loi si ce n’est la loi/passion des régimes politiques en place ?  

Car ce sont bien ces « sciences islamiques » qui ont engendré entre autres, la sanction d’apostasie et celle de la lapidation. Et se sont ces mêmes « sciences » aussi qui sont enseigné actuellement dans les universités de théologie, même en France, et qui représentent, en partie, l’assise théorique de « l’islam politique » et de ses variantes extrémistes et violentes.

En assumant cela, ces intellectuels ne jouent-ils pas le jeu des pouvoirs ? L’intellectuel ne devient-il pas asservi à la cause des religieux qui limitent, en amont, le champ de ses réflexions et des politiques qui répriment, en aval, tout dépassement des lignes rouges ? Quelle est donc la responsabilité de l’intellectuel dans ce cas là ?

Jean Mouttapa dans sa chronique se pose les questions suivantes : Qui empêche nos intellectuels musulmans de s’exprimer haut et fort en penseurs affranchis ? Qui leur défend de se dégager définitivement d’une prétendue solidarité communautaire comprise comme « réflexe, instinct, principe de survie et d’être » ? Qui les retient de s’élever contre une diabolisation délirante d’Israël, de calmer leurs refus que des jeunes dévoyés revendique l’islam comme arme contre la France et l’Occident, de faire l’analyse critique de l’idéologie de la victimisation ?…

Ces questions bien qu’elles soient engagées du côté du combat que mène Jean Mouttapa au quotidien comme militant de l’interreligieux et surtout du rapprochement entre « juifs » et « musulmans », elles restent tout de même secondaires par rapport à l’ensemble des interrogations prioritaires et fondamentales posaient à l’ensemble de l’intelligentsia contemporaine, et non pas seulement musulmane même si cette dernière est la plus concernée par ces questions. A commencer par la place de l’humain dans la société, la place de la religion, les libertés fondamentales, le vivre ensemble, la justice, la paix, l’environnement,…

Tant que les intellectuels ne dénoncent pas, par crainte d’être dénoncés et dévorés par ce monstre communautaire, ce qu’on a fait, et aussi ce qu’on est entrain de faire au nom de Dieu, le qualificatif même d’intellectuel serait à revoir. Je pense qu’il est temps que la supposée intelligentsia « musulmane » lève la tête enfin, pour s’exprimer librement sur tous les sujets qui rongent l’ère contemporaine en commençant, tout d’abord, par la remise en question de cette idéologie limitative des libertés individuelles qui se définit comme représentante de « l’islam ». Pour cela, il n’y a que la clarté dans les positions qui fera bouger les lignes. Toute forme de dissimulation, même partielle, ne fera que retarder les échéances d’une renaissance tant attendue de la pensée et des libertés, dans l’ensemble des pays soumis aux régimes politico-religieux, comme dans des pays laïques comme la France !

En effet, si la liberté se construit à chaque instant dans la douleur et dans la lutte,  les atteintes aux libertés au nom de Dieu, elles aussi, ne cessent de gagner du terrain et elles s’enracinent simultanément davantage, dans le paysage religieux « musulman », avec subtilité et arrivisme à outrance ! De ce point de vue, tout intellectuel qui se respecte se doit de faire en sorte que les acquis en matière de libertés individuelles, ne soient pas bafoués et mise en danger par  ce monstre qu’on désigne sous l’expression du « qu’en dira-t-on communautaire? ». 

Notes : 

(1)- Le Monde des Religions, n° 15, Janvier Février 2006.

(2)- Jean Mouttapa, chrétien engagé dans le dialogue interreligieux, est écrivain et éditeur. Auteur de Un arabe face à Auschwitz (Albain Michel – 2004)

(3)- Amin MAALOUF écrivain libanais résident en France depuis 1976. Romancier, essayiste et historien reconnu. Il était également journaliste. Il est l’auteur des Croisades vues par les arabes (1983), Samaracande (1988), les identités meurtrières (1998)…

(4)- Amin MAALOUF, Les identités meurtrières, Grasset, Paris 1998, p 39.

(5)- Sami A. Aldeeb Abu-Sahlieh, Cimetière musulman en occident, L’Harmattan, Paris 2002, p 62.

  




De la caricature censurée (1)

23032007

Par Mohamed LOUIZI

             La caricature publiée par le journal satirique français « Charlie Hebdo » en février 2006, continue à susciter des réactions de part et d’autres, surtout après le jugement rendu hier (22/03/2007) par le Tribunal de grande instance de Paris, en la personne de Monsieur Jean-Claude Magendie. Celui-ci, et malgré qu’il a reconnu : « le caractère choquant, voire blessant, de cette caricature pour la sensibilité des musulmans », il a tout de même relaxé le directeur du Journal Monsieur Philipe VAL qui risquait jusqu’à 6 mois d’emprisonnement et 22 500 euros d’amende !             

Le juge a considéré que : « le contexte et les circonstances de sa publication (…) apparaissent exclusifs de toute volonté délibérée d’offenser directement et gratuitement l’ensemble des musulmans » et que : « les limites admissibles de la liberté d’expression n’ont donc pas été dépassées », mais sans ne dire exactement ce que signifie « limites admissibles » dans le cadre de l’expression satirique ! Car cela représente quelque chose d’ordre sociétale et qui mérite qu’on en parle mais sans logique de  « limites admissibles » !

Aujourd’hui, les réactions n’ont pas tardé à apparaître, parmi lesquelles, et non pas des moindres, celle du Conseil Français du Culte Musulman (CFCM) qui a publié hier son communiqué. En lisant ce dernier, une dizaine de remarques et d’interrogations ont encombré mon champ de réflexion. Mais avant de vous les livrer, j’aimerai bien préciser trois points:

 Premièrement, il faut que je reconnaisse que ma supposée « sensibilité » n’est ni « choquée » ni « blessée » par cette caricature, ou par les 12 caricatures publiées par le journal danois Jyllands-Posten le 30 septembre 2005. Et que je suis un allié inconditionnel du côté de la liberté d’expression conjuguée avec le respect de l’humain. Je suis conscient que ma position pourrait choquer certaines « sensibilités », mais disons tout de même, que ce n’est point  mon intention.

Deuxièmement, L’image que j’ai du prophète Mohammad est loin d’être menacée par un quelconque dessin satirique puisque ma foi en sa prophétie et en ses qualités morales et valeurs humaines transcende ce niveau là. Elle se situe, non pas dans le registre des sentiments et des sensibilités à ménager, mais  elle est au cœur de l’intimité protégée de ma foi. En effet, je considère gravissime, du point de vue de la foi, de voir des gens épousant la cause du « prophète bien aimé », et se faisant ses défenseurs autoproclamés se livrent à des actes d’une violence inouïe, en criant leurs colères, en brûlant des voitures, en saccageant les consulats des pays occidentaux, en appelant aux meurtres… etc. Sans oublier bien sûr, l’attitude des mollahs engagés politiquement dans de tels événements et qui appellent de façon répétitive à des « vendredis de colère » permettant ainsi aux furieux de la religion l’expression libre de leurs mécontentements, mais qui ne cessent, hélas, de se dresser furieusement contre toute liberté d’expression !       

Troisièmement, je considère que les caricatures en question dévoilent en partie – et d’une manière plus ou moins exagérée puisqu’il s’agit bien de caricature ! –  une réalité atroce que des « musulmans » se refusent de voir en face. Les actes de violences perpétrés au nom de « l’islam » dans les quatre coins du monde, ne sont pas l’œuvre de l’expression satirique d’un caricaturiste français ou danois, mais elles sont l’œuvre de l’expression violente exacerbée des gens qui se définissent « musulmans » et qui, au nom de leur identité religieuse, infligent toutes sortes de terreurs aux autres, commençant par les violences faites aux femmes jusqu’aux attentats faites aux « infidèles » ! On peut ne pas être d’accord sur le bien fondée de l’expression caricaturale, chacun est libre d’admirer ou de maudire l’art de la caricature, mais je pense que nous ne pouvons qu’affirmer l’existence de ce que voulaient dénoncer librement ces caricatures ! Certes, le risque d’amalgame est bien réel, mais que dit-on des amalgames alimentés par des comportements et des prises de position des « musulmans », eux-mêmes ? Il s’agit bien d’une attitude maladroite refusant toute critique, satirique ou pas, en la considérant comme atteinte à la personne. Cette attitude est contre productive voire très dangereuse puisqu’elle esquivent les défauts réels pour tomber dans d’autres, plus contestables !

CFCM, qui représente qui ?

             La démarche du CFCM – plus précisément de ses deux composantes principales à savoir : la Mosquée de Paris et l’UOIF – s’inscrit, à mon sens, dans cette même logique.            

D’abord, en refusant d’essentialiser l’islam et les musulmans – l’idée à laquelle j’adhère volontiers – le CFCM les essentialise à sa façon. Il parle du « droit légitime des musulmans de se sentir blesser » sans nous préciser ni le nombre de ces « musulmans blessés » que le CFCM prétend représenter ni sur sa propre légitimité de parler en leurs noms !                        

D’après un sondage CSA datant d’août 2006, 43% des « musulmans de France» font les 5 prières par jour, 17% vont à la mosquée au moins une fois par semaine et 8% au moins une fois par mois… En plus, le nombre de « musulmans de France » est estimé à environ cinq millions de personnes, dont seulement 5219 ont participé aux dernières élections du CFCM (le 19 juin 2005). Ce qui veut dire que le CFCM ne représente réellement que 0,1 % des « musulmans de France » !              

En somme, le CFCM ne peut pas prétendre une quelconque représentativité de tous les « musulmans de France » et donc ne peut pas parler en leurs noms. Il est peut être plus judicieux pour cette institution fort contestée, qu’elle se consacre aux différentes charges qui définissent sa raison d’être, et qui sont stipulés dans son texte fondateur, à savoir : la gestion des lieux de cultes, la viande Halal, les « carrées » dits « musulmans » dans les cimetières, la formation des imams, les aumôneries … etc. ! Sans oublier, au passage, de se consacrer aux différentes malformations, dues à la phase prénatales, dont souffre cette institution.             

La situation conflictuelle, à l’intérieur du CFCM, n’est pas une illusion (cf. le communiqué de l’UOIF sur : http://www.uoif-online.com/CFCM.html) Elle peut amener des amateurs de la satire dessinée à caricaturer cette institution et à montrer au grand jour ses contradictions et ses conflits de pouvoir. Là on ne peut pas dire qu’il s’agit de la satire « choquante », ou de la satire « blessante » ou même « islamophobe », puisque celle-ci trouvera sans aucun doute des appuis incontestables dans le quotidien du CFCM. Tous les prétextes tomberont. Aujourd’hui même, l’affaire n’est plus secrète, des membres du bureau du CFCM se déchirent pour garder leur pouvoir ou pour en gagner davantage !              

Enfin, prétendre une légitimité soutenue par l’adhésion totale des « musulmans de France » est une contrevérité. Le CFCM ne représente pas grand chose pour se considérer comme « le » défenseur légitime de je ne sais quelle communauté de foi ! Et même dans le cas où sa légitimité est prouvée, il est de son devoir de faire avancer la marche de la liberté d’expression et non pas d’entraver son avancement, à l’image des instituions politico-religieuses de censures que connaît le monde arabe du Maroc jusqu’en Palestine!    

(A suivre : La vraie caricature !)




Pourquoi : « Ecrire sans censures ! » ?

20032007

mohamed.jpg

 

Le jour de mon 29ème anniversaire, le 21 mars, je m’offre un nouveau blog : « Ecrire sans censures ! » Car je me fais des soucis pour le jour où, dans quinze ou vingt ans, ma fille et mon garçon me demanderont : Papa ! Tu faisais quoi quand ils ont censuré toutes les libertés au nom de Dieu ?

Et donc, j’ai décidé de ne pas me taire, de contester toutes les manœuvres visant à réduire mon existence et mon expression au silence, de ne pas composer avec tout pouvoir s’autoproclamant représentant de Dieu sur Terre, d’inscrire le restant de ma vie au service de l’écriture engagée du côté des valeurs et principes qui font de moi un humain, d’engager des réflexions critiques sur ma condition et sur mes choix de tous les jours, de partager mes idées avec le monde entier à travers le Net, de pouvoir y publier mes humeurs et de rendre compte des choses que j’ai vécu et qui méritent de sortir du cadre personnel.

Ce blog sera donc ; mon espace, et le vôtre aussi, pour écrire ce qui mérite d’être partagé avec vous, sans censures !

Etant donné que je suis néophyte en matière d’écriture et de gestion de blog, d’avance je vous présente mes excuses pour toutes les erreurs et toutes les imperfections que vous ne manquerez pas de relever ! Merci de me signaler mes fautes de frappe, de grammaire et de conjugaison ! Aussi, toutes vos critiques, vos remarques et vos suggestions sont les bienvenues, celles-ci me permettront sans aucuns doutes d’améliorer la forme et de revoir les contenus.

« Ecrire sans censures ! » est une façon de pratiquer l’écriture spontanée de mes idées, qui sont toujours en construction. Et si ma pensée évolue dans la durée, son expression, quant à elle, s’invente dans l’instant sous une forme statique. C’est pourquoi, je m’engage à expliquer à chaque fois l’évolution de mes pensées pour éviter toute confusion ou tout double discours apparent et nuisible.

« Ecrire sans censures ! » est l’espace qui m’offre une liberté de pensée et d’expression sans limites et sans tabous. On y trouvera donc des sujets traitant des questions de société, de religion, de politique, d’histoire, des sciences, d’humour, d’art, de caricature,… etc.

« Ecrire sans censures ! » sera ma tribune me permettant de formuler un avis instantané sur des idées ou des choses passées, présentes ou à venir ! Cela représentera, je l’espère, une réponse recevable à l’interrogation légitime de mes enfants dans quinze ou vingt ans !

Bonne lecture, à toutes et à tous !

Fraternellement, Mohamed.







Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus