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Malédiction des anges !

21032007

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Le rapport sexuel est un lien entre deux êtres consentants. Il est l’expression d’une recherche d’un désir partagé. Il est l’aboutissement d’un quotidien vécu dans l’amour de l’autre et de son désir. Il n’est surtout pas la simple libération d’une pulsion ou d’une tension de façon mécanique et/ou animale, mais plutôt le moment rêvé du couple, pour dire et vivre l’amour autrement. Ce rapport n’est nullement synonyme de domination. Et quand c’est le cas, on parle plutôt de viol, d’abus, de violence ou d’agression à caractère sexuel.  

            En effet, il est assez fréquent – nous disent les sexologues et les psychologues – que ce rapport connaît des difficultés. L’un des partenaires pourrait refuser le partage de ce moment d’intimité avec son conjoint pour plusieurs raisons, parmi lesquelles figure la fatigue après une journée chargée de travail par exemple. Le cas d’une maman qui élève trois ou quatre enfants et qui se charge de leurs scolarités et de leur bien-être. Cette maman accumule la fatigue physique et le stress psychique. En conséquence, son appétit sexuel pourrait décroître. Et cela se manifeste parfois par le refus momentané de tout rapport charnel avec son mari. Celui-ci, aussi, peut à son tour se trouver dans la même situation, et pour plusieurs raisons liées au travail et bien d’autres paramètres socioéconomiques. Dans tous les cas, le couple traverse une période délicate. Il est donc urgent de résoudre ce différend.  

            Bref, la différence d’appétit sexuelle dans un couple n’a rien de surprenant, elle varie continuellement. Les partenaires, quand c’est la cas, sont appelés plutôt à plus de compréhension de ce phénomène et du conjoint aussi, pour lui trouver des solutions adéquates et surtout partagées, et toujours dans le cadre du dialogue sincère et dans la mise à jour, permanente, de la vie amoureuse pour éviter ainsi la routine et pour préserver le couple contre toute menace pouvant aller jusqu’à la séparation et l’éclatement de la cellule familiale. Et par rapport à ça, les histoires douloureuses ne manquent pas.  

            Effectivement, bien que le dialogue soit vivement conseillé au sein du couple, celui-ci cède la place parfois à des pratiques de domination (souvent de la part de l’homme), visant à faire plier la volonté de l’autre conjoint (la femme) et de le faire manipuler psychiquement pour qu’il réponde présent sexuellement, bon gré mal gré. Cette domination manipulatrice est connue presque dans toutes les cultures, à des degrés similaires.   Elle est même justifiée parfois religieusement parlant, puisqu’elle trouve appui dans des écrits religieux qui considèrent l’homme et qui en même temps, déconsidèrent la femme.  

            Dans la Genèse, il est écrit : « Je multiplierai les peines de tes grossesses, dans la peine tu enfanteras des fils. Ton désir te poussera vers ton mari et lui dominera sur toi » (Genèse 3 – 16). Le voile s’inscrit dans cette même logique de domination de la femme par l’homme. Le texte du premier épître aux Corinthiens où saint Paul justifie l’obligation, pour les femmes, de se couvrir d’un voile en explicitant encore cette soumission et cette domination, il est écrit : « L’homme, lui, ne doit pas se couvrir la tête parce qu’il est l’image et le reflet de Dieu ; quant à la femme, elle est le reflet de l’homme. Car ce n’est pas l’homme qui a été tiré de la femme, mais la femme de l’homme. Et ce n’est pas l’homme, bien sûr, qui a été créé pour la femme, mais la femme pour l’homme » (Corinthiens. I, 11, 2-16). Le voile – cacher ses cheveux – du point de vue biblique, n’a donc aucune signification de pudeur. Il reflète seulement l’esprit de domination machiste et l’infériorité du statut féminin par rapport à la posture masculine. Cette domination s’exprime à travers le voile, mais aussi à travers une domination générale dans la vie de tous les jours, y compris la vie en couple et la vie sexuelle en particulier.  

            La vie païenne de l’Arabie, avant l’avènement de la prophétie de Mohammad, paix sur lui, était caractérisée par une domination de l’homme sur la femme sur tous les niveaux, y compris au niveau familial. L’Arabe (le bédouin) de l’époque multipliait les femmes et les esclaves féminins, chacun avait son harem privé. La femme n’était aperçue qu’à travers le vecteur sexuel. Elle ne servait qu’à la reproduction et l’élevage des enfants. La vision biblique et hébraïque dominait donc les esprits. Il n’y avait ni statut de la femme, ni égalité homme/femme, ni rien de tout ça. La femme était à la merci de l’homme, qui pouvait l’enterrer vivante toute petite ou la vendre comme esclave une fois grande, pour asservir mais aussi pour se prostituer. Un passage du Coran témoigne du statut féminin de cette époque, Dieu dit : « Et lorsqu’on annonce à l’un d’entre eux (les païens)  la naissance d’une fille, son visage s’assombrit et il arrive à peine à contenir sa colère. Et il se dérobe aux regards des gens, le cœur meurtri par cette nouvelle, se demandant s’il va conserver cet enfant malgré le déshonneur ou s’il va l’ensevelir dans la poussière. Quel odieux jugement ! » (Sourate 16 – 58 et 59).    

            Le Coran a revu la condition et le statut féminin vers plus d’humanisme dans les relations homme/femme. La femme n’est ni subordonnée ni dominée par l’homme. Elle est d’abord un être humain à part entière, différent de l’homme, responsable et libre. Le Coran souligne la complémentarité homme/femme et non pas la supériorité ou la domination de l’homme sur la femme. La femme n’est pas responsable du péché originel comme cela est stipulé dans la Bible. Mais les deux sont responsables à pied d’égalité sur cet événement : « Seigneur, dirent Adam et son épouse, nous avons agi injustement envers nous-mêmes. Si Tu ne nous pardonnes pas, et si Tu nous refuses Ta grâce, nous serons à jamais perdus » (Sourate 7 – 23). L’homme et la femme sont responsables du sort de la vie sur Terre. Ils sont, tous deux, appelés à accomplir les fonctions qui sont les leurs. Dieu dit : « Les croyants et les croyantes sont solidaires les uns des autres. Ils incitent à la pratique du bien, déconseillent la pratique du mal, accomplissent la salãt, s’acquittent de la zakãt et obéissent à Dieu et à Son Prophète » (Sourate 9 – 71). Il dit aussi : « Tous ceux, hommes ou femmes, qui en revanche, auront accompli de bonnes œuvres tout en ayant la foi seront admis au Paradis ; et tout dommage, même le plus infime, leur sera épargné » (Sourate 4 – 124).  Dans son livre « Encyclopédie de la femme en islam », Abd Al Halim Abou Chouqqa a mis en évidence quelques traits de la femme dans le Coran (cf. volume I).  

            Quand le Coran parle par exemple de la cellule familiale, il met en évidence le côté affectif qui doit régner au sein de celle-ci, aucune domination ni aucune manipulation n’est tolérée. Le Coran ordonne d’entretenir de bons rapports entre homme et femme. Dieu dit : « Entretenez de bons rapports avec vos femmes » (Sourate 4 – 19). Il dit aussi : « Et c’en est un autre (signe) que d’avoir créé de vous et pour vous des épouses afin que vous trouviez auprès d’elles votre quiétude, et d’avoir suscité entre elles et vous affection et tendresse » (Sourate 30 – 21). Il n’y a pas d’hiérarchie dans ses rapports, puisque l’homme et la femme sont égaux, tout rapport de domination est à bannir. La femme n’est pas le sujet ou l’outil de l’homme. Les deux sont créés pour adorer le Seigneur et pour accomplir de bonnes œuvres côte à côte. Au sein du couple il n’y a ni dominant ni dominé. Le sadomasochisme ne trouve aucun appui dans le Coran.  

            Le Coran n’a toléré aucune domination ni aucune mise sous contraintes même dans les cas où la vie en couple devient impossible. La manipulation, la mise sous contrainte et la domination ne sont pas des valeurs coraniques. Au moment même de la répudiation, le Coran appelle à la retenue face aux différentes tentations manipulatrices et dominatrices. Dieu dit : « La répudiation ne peut être prononcée que deux fois. En cas de reprise : ou on garde sa femme et on la traite avec égards, ou on lui rend sa liberté sans lui causer aucun préjudice » (Sourate 2 – 229). Il dit aussi : « Gardez les femmes répudiées dans vos propres demeures et traitez-les selon vos moyens, mais sans leur nuire en les faisant vivre à l’étroit » (Sourate 65 – 6). Le principe coranique « Point de contrainte en religion » (Sourate 2 – 256) est le résumé même de sa conception des relations entre humains. Conception qui fournit l’assise théorique des relations internationales mais aussi qui donne un sens humain aux rapports conjugaux au sein du couple. Cette même conception représentait à l’époque un tournant de l’histoire. Hélas, cet esprit libérateur et égalitaire n’a duré que quelques dizaines d’années pendant le vécu du prophète Mohammad, paix sur lui. Et juste après sa mort, il semblait que ces successeurs n’ont pas retenu la leçon. Ceux-là ont commencé a justifié la domination par des paroles qu’ils ont ensuite attribué, mensongèrement, au Prophète.       

            Abou Hourayra est l’un de ces inventeurs de paroles, dits « hadiths », appelant à la domination de la femme par l’homme et justifiant la manipulation psychique, au sein de la cellule familiale, pour des fins sexuelles entre autres.  

             Dans les recueils des « hadiths » considérés comme authenticités par des religieux, Abou Hourayra attribue des paroles au Prophète Mohammad, paix sur lui. Il dit que, l’envoyé de Dieu a dit : « Lorsqu’une femme renonce une nuit à faire l’amour avec son mari, les anges se mettent à la maudire jusqu’au matin ». Ou encore : « Si une femme fait chambre à part et quitte le lit de son mari, les anges se mettent à la maudire jusqu’à son retour »  (cf. recueil de Al Boukhari n° 5248 et 5249 et le recueil de Mouslim n° 2594, 2595 et 2596).  

            Ces « Hadiths » largement connus, surtout dans les sphères traditionalistes et qui représentent une partie de l’éducation sexuelle répandue chez les couples « musulmans » posent plus d’un point d’interrogation :  

1-     La femme n’a t-elle pas le droit de renoncer à avoir un rapport avec son mari ?  

2-     Si cette femme est fatiguée, stressée, n’a pas d’appétit sexuel … devrait-elle à tout moment répondre présente pour satisfaire la pulsion de son mari ?  

3-     Peut-on parler du consentement dans de telles situations ?  

4-     Pourquoi est-ce qu’il n’y a pas de « Hadiths » qui stipulent: « Lorsqu’un homme renonce une nuit à faire l’amour avec sa femme, les anges se mettent à le maudire jusqu’au matin » ?  

5-     Pourquoi est-ce qu’il n’y a pas de « Hadiths » qui stipulent: « Si un homme fait chambre à part et quitte le lit de sa femme, les anges se mettent à le maudire jusqu’à son retour » ?  

6-     Les anges se dressent-ils contre la femme et en faveur de l’homme ?  

7-     Ces « hadiths » ne reflètent-ils pas la soumission de la femme à l’ordre de l’homme ?  

8-     N’y t-il pas une contradiction entre l’esprit du Coran et ces « Hadiths » ?  

9-     Ces « hadiths » ne reflètent-ils pas les traits de la culture machiste répandue dans l’Arabie avant l’avènement du Prophète Mohammad, paix sur lui, et qui est vite revenue juste après sa mort ?  

10- Ces « hadiths » ne reflètent-ils pas l’esprit des textes bibliques cités ci-dessus ?  

11- Le Prophète Mohammad, pouvait-il dire des choses pareilles et contredire ainsi l’esprit et les valeurs du message coranique ?  

12- Ces « hadiths » ne reflètent-ils pas la manipulation psychique de la femme par son mari pour des fins sexuelles ?  

13- Ces « hadiths » ne sont-ils pas la permission du viol en couple ?  

14- Comment se fait-il que le prophète nous parle des Anges en dehors du texte coranique ? lui qui ne pouvait pas se prononcer par rapport au monde invisible, sachant que les Anges sont invisibles (cf. : Sourate 6 – 50, Sourate 7 – 155)  

15- Ces « hadiths » sont-ils authentiques ? après tout ça !  

16- Représentent-ils  une référence en matière d’éducation sexuelle pour les jeunes mariés ?  

17- … etc.  

            Il est clair que ces « hadiths » représentent un retour en arrière sur l’esprit coranique. Ils garantissent, malheureusement, l’assise théorique de la manipulation psychique et de la domination masculine au sein des couples « musulmans ».  

            Ces « hadiths » traduisent fidèlement ce que le code pénal français interdit depuis plus d’une décennie, à peu près depuis 1993. Les femmes qui subissent des rapports forcés pour éviter la malédiction des anges sont des femmes manipulées psychiquement, et elles peuvent être assimilées à des femmes subissant un viol, ou du moins à une agression sexuelle sans consentement.  

            Rappelant que le viol est un crime, y compris entre époux, puisque du point de vue de la loi, la femme même mariée garde sa liberté sexuelle. Dans les rapports en couple, il ne doit pas y avoir ni violence, ni contrainte, ni menace, ni pression de quelques formes que se soient. Quand c’est le cas, on ne peut plus parler de consentement entre adulte mais plutôt de viol passible de 15 ans de réclusion criminelle. Le viol exercé sur son époux est même devenu une circonstance aggravante du viol depuis la loi du 4 avril 2006.  

            Combien de femmes souffrent-elles, en ce moment même d’un rapport imposé à coup de « hadiths » ? Combien de femmes sont emprisonnées dans le silence et dans la peur de la malédiction des anges ? Combien d’hommes profitent encore de cette situation, oh combien profitable ?!  

             Il est temps peut être d’ouvrir nos yeux sur des réalités, oh combien dramatiques, induites par la manipulation des textes mensongers d’un côté, et de l’autre côté par la crainte de l’anathème. Et tout cela se passe dans le silence, dans la peur et dans le noir !   

           




Faire ou accomplir la Salãt* ? (1)

21032007

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          Safiya a quatre ans, et pourtant, elle fait la Salãt tout en respectant sa forme et son rituel apparent. Elle murmure debout. Et parfois elle sourit. On peut entendre de sa fine bouche des mots avec sa petite voix comme ALLAH (Dieu), ALLAHOU AKBAR (Dieu est Grand), AL HAMDOULILLAHI RABBI ALALAMINE (louange à Dieu Souverain de l’univers) et bien d’autres Ayates (signes coraniques) prononcées à sa façon !          Safiya ne connaît ni les « Hadiths », ni le recueil de « Al Boukhari » ni celui de « Mouslim ». Elle n’a jamais lu un « Hadith » pour apprendre à faire la Salãt comme le Messager, paix sur lui, l’a fait. Car tout simplement, elle ne sait pas lire, pour l’instant ! 

         En effet, comment se fait-il que Safiya sache faire la Salãt ? Comment se fait-il qu’elle se mette debout quand il le faut ? Qu’elle s’agenouille ? Et qu’elle se prosterne quand il le faut aussi ?           La réponse à ces questions est la clé même de la réponse à toutes les questions en relation avec la forme rituelle, en quelque sorte, de la Salãt

         Safiya voit, bien évidemment, quelqu’un qui fait la Salãt chez elle. Elle ne fait qu’imiter sa façon de faire, en prenant un grand plaisir et en considérant cela comme une sorte de jeu. Pour elle, le rituel de la Salãt s’apprend par la voie d’imitation et de reproduction à l’identique de ce que l’on voit et non pas de ce que l’on a pu lire, en tous cas pas à son âge.          Les parents de Safiya font la Salãt aussi, et ce, depuis leurs jeune âges, à peu près depuis l’âge de Safiya. Ont-ils lu les « Hadiths » de « Al Boukhari » pour pouvoir accomplir le gestuel de la Salãt ? La réponse est : « Non ! ». Ils ont, comme la petite Safiya, vu certainement quelqu’un de leurs familles respectives faire la Salãt. Leurs premiers pas vers la Salãt étaient plutôt imitatifs, reproduire à l’identique, que réflexifs. 

         Les grands parents de Safiya font la Salãt encore et toujours. Ont-ils lu des « Hadiths » pour accomplir sa forme ? Ou pour savoir ses horaires ? Peut être ! Mais la réponse la plus plausible : C’est qu’ils ont vu, comme Safiya, des gens de leurs entourages qui faisaient la Salãt, quand ils étaient tous petits.          Les arrières arrière grands parents de Safiya, ont-ils, à leur tour, eu accès à la lecture des « Hadiths » pour savoir comment prier ? Ni quand prier ? Ni combien prier ? Certainement pas, et cela pour maintes raisons. J’en citerai deux : 

          D’abords, en vivant dans une société maghrébine marquée par la présence de l’islam en général, et de la Salãt en particulier, en moins de cent ans après la mort du Messager Mohamed, paix sur lui, la Salãt, dans ce contexte, se transmettait de père en fils, génération après génération, fondamentalement par le modèle pratique, et relativement par des textes descriptifs, qu’on appelé « Hadiths » par la suite, et qui restaient entre les mains d’une poignée de gens, puisque l’écrit n’était pas démocratisé à l’époque et qu’il n’ y avait pas encore d’imprimerie qui pouvait le rendre accessible à grand échelle.          Rappelant que le monde « arabomusulman » n’a connu l’imprimerie qu’au 18ème siècle, après que l’institution politico-religieuse a toléré son usage restreint ! Et même, en présence de l’écrit, il ne faut pas oublier l’illettrisme, comme frein sérieux à l’accès à la lecture, qui frappait et qui frappe toujours le monde arabomusulman. 

         Aujourd’hui même, et d’après le rapport de la l’Organisation de la Ligue Arabe pour l’Education, les Sciences et la Culture (ALESCO), 70 millions d’arabes sont analphabètes. Au Maroc, on parle de 11 millions de marocains qui sont analphabètes. Selon les statistiques officielles, le taux d’analphabétisme était de 41 %  juste en 2004. Dans le milieu rural ce taux dépasserait les 60% de la population. Chez les femmes, il dépasserait les 70% selon les régions…etc. Mais malgré ces taux colossaux, il ne faut pas tout de même nier les efforts déployés aujourd’hui par l’Etat en matière d’alphabétisation qui reste, au minimum dans les discours politiques, une priorité nationale.          Que peut-on dire de l’illettrisme dans ces même pays, il y a : Un siècle ? Deux siècles ? Dix siècles ? …etc.      

         Ensuite, et à en croire « Al Boukhari » en personne, son recueil n’a été écrit que deux cents ans après la mort du Messager Mohammad, paix sur lui ! Si l’accomplissement de la Salãt ne pouvait – mais aussi ne peut et ne pourra selon les dires des gardiens du Temple « sunnite »- se faire qu’en lisant les « Hadiths » descriptifs rapportés par « Al Boukhari » dans son recueil, comment est-ce que les arrières arrière arrière grands parents de Safiya faisaient-ils la Salãt ? Et surtout ceux qui ont vécu dans la période juste après la mort du Messager et juste avant la naissance de « Al Boukhari » ? Reniaient-ils la « sunna prophétique » ?          Maintenant, supposons que Safiya est née en Iran, là où l’islam chiite duodécimain est majoritaire, entre 70 % à 90 % de la population adhère à cette forme de religion. Les « chiites » duodécimains ont leur « sunna prophétique » à eux, qui est différente de celle des « sunnites ». Ils ne considèrent pas le recueil de « Al Boukhari » comme authenticité, encore moins comme une référence religieuse. Ils ont leurs propres recueils. L’un de ces compilations de « Hadiths » s’appelle AL KAFI  (le suffisant), de son auteur Mohamed AL KELLINI AR-RAZI. Ce livre contient environ 16199 « Hadiths », dont 5072 considérés comme authenticités par leurs Mollahs. Et pourtant, la forme de la Salãt, son nombre et ses horaires, sont les mêmes que chez les « sunnites ». 

         Comment se fait-il, donc, que Safiya, la supposée chiite duodécimaine  par naissance et par héritage religieux et culturel,  fasse la même Salãt  et pareillement comme l’autre Safiya, la française, dont les parents sont d’origine marocaine, là où le sunnisme malikite est majoritaire ?          Comment se fait-il qu’avec deux formes différentes, et souvent contradictoires et guerroyantes, de ladite « sunna prophétique », on arrive a reproduire la même forme de la Salãt ? 

         Et cette unité dans la forme apparente n’est-elle pas conséquence directe de ce que les « sunnites » et les « chiites duodécimains » partagent en commun : Le Coran ?          En effet, que vous soyez en Iran ou en Arabie Saoudite, la forme apparente de la Salãt est la même ! Je parle bien de la forme. Quant au fond, côté « sunnite» comme côté « chiite duodécimain », on a rajouté, le long des 14 siècles précédents,  des choses et des choses. Et cela est un autre sujet à détailler et à traiter ultérieurement !           

         Il est clair que l’apprentissage de la forme rituelle de la Salãt, de ses gestes, de ses paroles et de ses horaires se faisait par le biais de la transmission pratique, génération après génération, jusqu’à nos jours.           Et même en présence des écrits descriptifs, dits « Hadiths », la  Salãt, comme d’autres actes d’adorations s’apprennent d’abord par le biais de l’imitation visuelle,  par héritage de génération en génération, et à moindre degré par le biais de la lecture du recueil de « Al Boukhari ». 

         Chacun, je suppose, a des souvenirs de son premier jour de jeûne pendant le mois de Ramadan. Ne me dites surtout pas que c’est grâce au recueil des « Hadiths » de  « Al Boukhari » que vous avez endurez une journée de jeûne. Mais c’est plutôt parce que l’entourage le faisait, que nous le faisions ! Et c’est à l’âge adulte, quand les habitudes s’encrent davantage et deviennent une partie de notre identité composée (la façon de manger, de se vêtir, de boire, de penser, d’aimer, … etc.) que l’on se met à se poser des questions, si on est conscient de notre condition bien sûr, sur notre façon de vivre son rapport avec Dieu et avec sa créature.          Il s’agit, à ce stade, du passage de l’imitatif au réflexif. De la stagnation à la dynamique. De l’absorption au tri sélectif. Des appartenances inconditionnelles à la distanciation critique. Et ce n’est pas parce que Safiya atteindra l’âge adulte biologique qu’elle atteindra automatiquement l’âge adulte intellectuel. Tout dépendra primo : de son entourage et des valeurs qui façonne celui-ci et secundo : de ses choix personnelles. Car il s’agit bien, et il faut le dire et le signaler, d’un être à part entière qui va/doit choisir et qui, par la suite, va/doit s’assumer individuellement et pleinement devant la Société, devant la Vie, devant la Mort et enfin devant Dieu !       

         Quant à moi, et sans pour autant m’éloigner du sujet principal qui est la Salãt, telle que nous la connaissons aujourd’hui, personnellement, je la vit et je la considère comme l’incarnation de cette responsabilité dont tout un chacun est dépositaire.          La Salãt est le moment parfait permettant d’établir un lien direct, et sans intermédiaires, entre nous et le Seigneur à travers le Coran, qui est la Seule Parole révélée (AL WAHYE) sur le Prophète Mohammad, paix sur lui. 

         Elle est le purificateur qui nous accompagne cinq fois par jours, pour nous rappeler l’essentiel de notre condition humaine ainsi que les valeurs qui doivent être en tête de cette condition, telle que liberté, amour de son prochain, paix permanente, fraternité inconditionnelle et non pas « fraternisme » institutionnel,… etc.          Elle est aussi l’occasion de dire nos besoins au Seigneur qui nous répondra simultanément que nous avons tous les moyens pour les satisfaire. Et cela grâce aux Ayates que nous lisons et que nous devons les méditer attentivement. 

         En effet, je n’ai jamais vu, ni entendu, fort heureusement, quelqu’un dire qu’on peut lire les « Hadiths » de « Al Boukhari » à la place des Ayates coraniques quand on est debout dans la Salãt! Car, si ces « Hadiths » ont une valeur comparable avec les Ayates, et font partie intégrante de la révélation, en suivant cette même logique, on peut – voire même on doit – substituer la lecture d’une Sourate par la lecture d’un « Hadiths » considéré authentique. Par exemple, on peut lire le « Hadith » de Abou HOURAYA qui dit, je cite : « Lorsqu’une femme renonce une nuit à faire l’amour avec son mari, les anges se mettent à la maudire jusqu’au matin  » à la place de la Sourate Al FATIHA.  Néanmoins, si cela s’avère possible, d’abord, de grâce veuillez excuser mon Ignorance et ensuite dites-moi quels « Hadiths » dois-je lire/méditer à la place de Sourate AL FATIHA (Le Prologue) ?!           Enfin de cette introduction, il est important de rappeler que le Coran – dont Mohammad, paix sur lui, était le fidèle transmetteur et aussi celui qui a donné l’exemplarité comportementale en suivant ses recommandations à la virgule près – a été révélé non pas pour proposer aux gens une nouvelle religion, en rupture totale avec ses précédentes, et par la même décréter une nouvelle façon de faire et d’accomplir la Salãt, mais plutôt, ce message est venu pour confirmer ses prédécesseurs, pour s’inscrire dans la continuité, pour réformer ce qui a été déformé, pour reconstruire ce qui a été détruit, et par la même, pour redonner du sens et du fond au gestuel de la Salãt  pratiquée dans sa forme apparente depuis toujours, et aussi pour nous dire que « faire  la Salãt » et « accomplir la Salãt » n’ont ni le même sens, ni la même raisonnasse !          Car on peut se considérer soi-même comme quelqu’un qui fait la Salãt mais, en aucun cas, on ne peut facilement avoir la certitude quant à l’accomplissement de la Salãt. Ce sont plutôt nos actes, nos dires et nos attitudes qui témoignent et témoigneront de cela, dans l’ici-bas et aussi dans l’au-delà.

Salãt*: terme coranique se traduisant par le mot prière.

(A suivre)







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