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Ceci n’est pas une révélation : «L’islam français» d’Hakim El-Karoui est «En Marche» dans les coulisses du pouvoir.

14 07 2018

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Par Mohamed Louizi

A l’automne, on saura à quel point l’Institut Montaigne a pu influencer (ou pas) le plan de l’Élysée concernant le dossier « islam ». En attendant, le banquier franco-tunisien Hakim El-Karoui, l’ami du président, s’agite en France et à l’Étranger, y compris en Arabie Saoudite (!) — lire « Boîte noire » ci-dessous — pour orienter cette marche « inclusive », fidèle à une logique jupitérienne, connue désormais sous le slogan de : « et en même temps ». Au sens qu’elle inclut ce qui doit être exclu par la force des choses. Ou comment l’islamisme comme problème et perçu aussi comme solution. Ou comment vouloir combattre le discours islamiste en proposant pas moins que de nommer un « grand imam de France » issu, corps et âme, loi et foi, de l’islamisme et de son réseau.

Difficile pour un cerveau reptilien, le mien par exemple, de comprendre cette supposée « complexité » qui, sans rougir, dit la chose et son contraire et voudrait faire cohabiter au sein d’une même organisation imposée d’en haut, le chat et la souris, le feu et l’essence, le défenseur de la charia islamiste et le républicain laïque, pourvu que la manne financière, quelques dizaines de milliards d’euros par an, soient sous-contrôle effectif d’un « islam », en particulier, qui n’est pas forcément compatible avec la République, sa Constitution et ses valeurs, mais qui est compatible avec une certaine idée du marché financier et des flux des capitaux. Comme si la réforme de l’objet « islam » était, d’abord, une question d’argent et non une question d’idées, une question de courage clairvoyant appelant un chat un chat.

En attendant ce moment « solennel ». On tâtonne. On « avance » pour reculer. On recule pour reculer. On lance une concertation marathonienne dans les Départements, entre le 25 juin et le 15 septembre, en pleine vacances d’été[1]. On organise de semblants de fuites vers une certaine presse, tels des ballons d’essai, pour tester la réaction de ceux que certains macaronistes appellent « laïcards » ou pour faire durer un faux-suspens, durant l’été, alors qu’il suffit, à celui qui veut saisir la trame de fond de ce qui se trame, réellement, depuis plus de deux ans, de lire l’essai de l’Institut Montaigne, signé par le même Hakim El-Karoui : L’islam, une religion française (Gallimard-2018). Tout y est, ou presque. Ceux qui ne l’ont pas encore lu découvriront que ce que le Monde appelle « des propositions-chocs pour réguler le culte musulman »[2] y sont déjà annoncées, par l’analyse, les chiffres et le menu.

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Mieux encore, il suffit de lire les 26 pages synthétiques de ce document que je publie ici, en ce jour du 14 juillet 2018. Il date du mois de juillet 2016. Intitulé : « L’islam français : le connaître, l’organiser – Présentation des recommandations au Comité directeur de l’Institut Montaigne », il ne semble pas être un document public. D’où son intérêt dans ce débat public où le flou est maître. L’illusion est pratique courante. Il circule entre quelques « initiés ». Concis, il présente des chiffres, des statistiques, des schémas et surtout propose des orientations pour le moins inquiétantes. Peut-être, l’on dira, dans un langage de duperie assumée, que ladite concertation départementale a accouché de ces « orientations ». Peut-être pas. A suivre …

Proposant un « nouveau discours politique » que résume  ce passage : « les Musulmans sont français, l’islam de France ne l’est pas. Il faut un nouveau contrat pour construire enfin l’islam français. En mobilisant la majorité silencieuse » dit la note. Ce discours « doit donner naissance à une palette de politiques publiques », par exemple, « un nouveau contrat politique entre la République et les musulmans. » Cela passerait, dans l’esprit des rédacteurs, par la création d’une nouvelle fondation : la FOIF — qui résonne étrangement comme l’UOIF — et qui doit jouir d’une « centralité dans la nouvelle gestion de l’islam français ». On parle désormais de l’AMIF ! (Association citée dans l’essai de l’IM et dans l’article du Monde) Ce document interne propose de « Financer le culte en taxant la consommation islamique » et il énumère une série de « recommandations de politiques publiques » qui seraient « compatibles avec la loi de 1905 ». Le document va encore plus loin en proposant à la page 26 : « l’abrogation de la loi 1905 » !

En vrac, voici ces recommandations : « Étendre le  concordat à l’Islam en Alsace-Moselle afin d’assurer la formation des cadres religieux musulmans en France » ; « Permettre le financement du culte musulman pour que la Fondation des œuvres de l’islam centralise le produit d’une contribution volontaire obligatoire sur la consommation halal » ; « Créer une École nationale d’aumônerie pour former et recruter des aumôniers-fonctionnaires » ; « Outiller les collectivités locales pour favoriser l’émergence d’un islam local intégré » ; « Enseigner l’arabe classique à l’école publique pour réduire l’attractivité des cours d’arabe dans les mosquées » ; « Suivre la situation par les statistiques religieuses » ; « Interroger notre politique étrangère pour endiguer la lame de fond wahhabite et rédiger un manuel d’Histoire équitable avec les pays tenants du rite malékite du juste milieu. » ; « Création d’un Secrétariat aux Affaires religieuses et à la Laïcité sous la tutelle du Premier Ministre et lui rattacher le Bureau central des cultes. » ; « Encourager le développement d’aumôneries dans les Grandes Écoles et universités afin de faire émerger une nouvelle génération de leaders musulmans » ; « Homologuer les imams et les aumôniers via le TIF » ; …

A la question : « Faut-il aller plus loin ? », ce document interne formule cette orientation: « Aggiornamento de la loi de 1905 », qui signifie, selon ses rédacteurs : « abrogation de la loi de 1905 et révision en profondeur de la Constitution. Création d’une politique publique religieuse prenant en charge les nouveaux cultes (notamment islam et évangélisme). La puissance publique finance, organise et contrôle ces cultes. » … ça promet !

Prochainement, un nouveau papier sur les profils de ces frérosalafistes notoires promis par Hakim El-Karoui. Son « islam français » — qui n’est pas si « français » que ça — en a besoin pour s’assurer et assurer son ancrage dans la durée. Sa vision atlantiste est conforme à une orientation globale et géostratégique dépassant les frontières de la France et de l’Europe. Cette vision paradigmatique ne voit pas « l’islam politique » comme menace mais plutôt comme partenaire. Le pouvoir de Barack Obama (le démocrate) avait donné accès libre aux frérosalafistes au cœur de la Maison Blanche (Lire et télécharger mon article sur Hillary Clinton et sa conseillère Huma Abedin, proche des islamistes : fichier pdf Conseillère-Hillary-Clinton-Frères-musulmans). Le pouvoir d’Emmanuel Macron va-t-il permettre aux islamistes, costume italien trois pièces, un accès « officiel » au cœur même de la République par l’entremise hyperactive du conseiller « officieux » Hakim El-Karoui ? L’on peut craindre le pire. A moins que …

Bonne fête nationale, et allez les bleus !

 

Réaction d’Hakim El-Karoui sur Twitter qui reconnait que ce document est un authentique suite à la publication du présent article :

Réponse El-Karoui.

Document intégral à lire et à partager :

En PDF ici :

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En images ci-dessous :

Pour une lecture ZEN, cliquez sur chaque image pour l’agrandir !

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Boîte noire :

Hakim El-Karoui en mission chez les saoudiens : carnet de voyage.

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Notes :


[1] https://www.francetvinfo.fr/societe/religion/gerard-collomb-annonce-une-concertation-sur-l-islam-en-france-dans-chaque-departement_2820537.html

[2] https://www.lemonde.fr/religions/article/2018/07/05/hakim-el-karoui-propose-de-reguler-le-culte-musulman-par-les-flux-financiers_5326084_1653130.html


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7 réponses à “Ceci n’est pas une révélation : «L’islam français» d’Hakim El-Karoui est «En Marche» dans les coulisses du pouvoir.”

  1. 17 07 2018
    Zakia (11:33:51) :

    Merci Mohamed pour cet article extrêmement révélateur.

  2. 9 08 2018
    Maryse Poulain (10:47:26) :

    Je vous dis merci pour cet article une fois de plus précis et clair… mais je suis glacée d’effroi devant ce qui se profile … serons nous assez nombreux assez forts pour mener le combat ?
    Puis je partager ?

  3. 11 08 2018
    Mohamed LOUIZI (00:22:55) :

    Chères Zakia et Maryse, merci à vous !
    Dans quelques jours un nouvel article complétant celui-ci et décryptant d’autres manœuvres insidieuses. Toutes les informations de ce blog sont à partager avec le plus grand nombre. Bonne continuation et bon week-end !
    Cordialement, Mohamed.

  4. 9 09 2018
    Hélène Lauret (22:53:54) :

    Merci Mohamed …. Bien que cela soit de Juillet …. et que nous soyons en septembre .. je rela

  5. 9 09 2018
    Hélène Lauret (22:55:26) :

    Merci Mohamed, bien que cela soit en juillet, et que nous soyons en septembre, je relaie ….
    J’enrage aussi de la « Grande Braderie » … politique

  6. 11 09 2018
    Olaf (01:13:27) :

    Comme une impression d’avoir allumé la lumière au milieu de la nuit dans une cuisine insalubre et de voir les cafards détaler…

    Hakim El Karoui a depuis fait tonner la grosse Bertha… Son dernier rapport sur la « fabrique de l’islamisme’ » va être utilisé pour affoler les Français, et les conditionner à accepter son projet fou « d’islam de France ».

    Plus que jamais, il faut allumer la lumière !

  7. 6 10 2018
    private (19:03:11) :

    Merci pour ces informations. Il y a pas mal de trucs flippants dans ce rapport : l’impression qu’on donne tout à l’islam sans rien contrôler vraiment, et que ceux qui l’ont fait sont en plein déni sur certaines réalités présentées comme des fantasmes. Exemples :

    page 4 : Pourquoi la République devrait-elle s’engager à « Sortir du paternalisme à l’égard des Musulmans français » (qu’est-ce que ça veut dire !?), « Donner accès à la culture en développant l’enseignement de l’arabe classique » (en quel honneur?) ou encore « Interroger sa politique extérieure
    avec son discours intérieur sur le salafisme » (c’est à dire ??). Parallèlement, on demande « aux musulmans » (qui au juste?) des « engagements » absolument pas contraignants, plutôt que de mettre en place des moyens de contrôle.
    Vous connaissez le diction « la confiance c’est bien, le contrôle c’est mieux » ?

    page 10 : projet de « Créer un programme d’échanges académiques entre des instituts universitaires musulmans partout dans le monde – « Erasmuz »
    C’est quoi le but ? Echanger avec des savants dans ce genre ?!

    page 12 : je ne vois pas en quoi le fait d’enseigner l’islam à l’école (!!), sur fonds publics, avec un « Effet de rattrapage et effet laboratoire » attendu, serait une « opportunité » pour l’Etat ! Moi j’estime que ce serait plutôt une calamité !

    page 13 : je vois qu’on prévoit d’accorder de nouveaux financements à l’islam, mais sans interdire pour autant de financement étranger ! On indique juste comme positif que, du coup, la proportion de ces derniers serait mécaniquement réduite ! A vomir !

    page 16 : quel est l’intéret pour l’Etat d’Encourager le développement d’aumôneries dans les Grandes Ecoles et universités afin de « faire émerger une nouvelle génération de leaders musulmans » ? Faire émerger des leaders parmi les enfants d’immigrés je vois bien l’intérêt. Mais quel intérêt en soi qu’ils soient « musulmans » !? Et s’ils veulent devenir athées, ou boudhistes, ça pose un pb ?!

    page 18 : quel est l’intérêt pour l’Etat de « mettre en place
    des mesures permettant au culte musulman de se développer » ?! Je n’en vois aucun ! J’y vois par contre des risques énormes.

    page 19 : Prétendre vouloir développer l’apprentissage de l’arabe classique à l’école pour offrir un « Avantage compétitif tant sur le marché professionnel
    que pour l’accès à des filières sélective aux élèves maîtrisant pleinement l’arabe classique » me semble un total foutage de gueule. Je n’ai jamais vu de ma vie une offre d’emploi exigeant la maitrise de l’arabe classique en France !

    Je suis TRES inquiète…

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