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Pierre, Christophe, Vincent et Raphaël : quatre petits amis des Frères musulmans.

30 03 2018

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Par : Mohamed Louizi

Il était une fois, quatre petits amis des Frères musulmans invités au RAMF (Rassemblement Annuel des Musulmans de France) à Paris-Le Bourget, durant ce week-end de Pâques. Le premier s’appelle Pierre Conesa. Ancien haut fonctionnaire au Ministère de la Défense. Il se dit désormais «expert» dans la lutte contre la «radicalisation» islamiste. Le deuxième s’appelle Christophe Oberlin. Chirurgien, il s’illustre par ses engagements politiques pro-Hamas et par ses autres liens avec le milieu islamiste, en France et à Gaza. Le troisième, que l’on ne présente plus, s’appelle Vincent Geisser. Celui qui a «armé» la stratégie victimiste des Frères musulmans en France très tôt, en septembre 2013,d’un essai très engagé: «La nouvelle islamophobie». En septembre 2017, il est revenu à la charge, cosignant avec d’autres, un nouvel essai intitulé : «Musulmans de France, la grande épreuve: face au terrorisme», faisant passer des islamistes de tout poil pour victimes de l’état d’urgence. Quant au quatrième, il s’appelle Raphaël Liogier. Vous connaissez bien le profil. Pas besoin donc d’en rajouter.

Ainsi, avec des prénoms comme Pierre, Christophe, Vincent et Raphaël, inscrits sur des affiches et des tracts d’un programme distillé en compte-gouttes, cela fait plutôt «open mind». La mouvance islamiste « Musulmans de France » (ex-UOIF) — la branche française des Frères musulmans, organisation politico-religieuse classée «organisation terroriste» par de nombreux états souverains (Émirats Arabes Unies, Égypte, … ) — jouit à Paris et en province, d’un «laissez faire, laissez passer» déroutant, qui trouve un écho dans cette façon, exprimée récemment par le porte-parole du gouvernement, de ne surtout pas les «stigmatiser». En témoigne aussi la facilité par laquelle cette mouvance arrive sans encombre à endoctriner des jeunes élèves, dans des établissements scolaires privés sous contrat d’association avec l’État, c’est à dire grâce à l’argent du contribuable. Sans parler des facilités administratives qui lui permettent de construire des « mosquées-cathédrales » grâce, entre autres, aux investissements prosélytes de la « Qatar Charity »: une autre organisation finançant le terrorisme islamiste. Depuis 35 ans, à Paris-Le Bourget, cette mouvance frérosalafiste organise tous les ans sa grande «messe», donnant (souvent) la parole à des radicaux islamistes venus, sous-traitant toujours la radicalisation islamiste à des internationaux venus d’ailleurs. Sans parler des dizaines de rassemblements régionaux qui ne dérogent pas à la règle frérosalafiste.

Oui, 35 ans de labour idéologique de jeunes cerveaux inoccupés. Ces 35 ans de victimisation à tout va et de discours séparatiste de haine à peine voilée, diffusé à doses conséquentes dans des lieux de culte transformés en QG politique, dans cette banlieue mise à l’écart, ne peuvent que conduire à la situation désastreuse que nous connaissons désormais. Ces islamistes redoutables semblent décider d’aller jusqu’au bout de leur stratégie de conquête et de domination islamiste : le Tamkine. Leurs moyens d’action pourraient paraitre «pacifiques». Cependant, ils n’ont du pacifisme qu’une apparence somme toute dérisoire. Les Frères musulmans n’ont jamais écarté, à n’en point douter, l’usage des armes quand les autres moyens deviennent inopérants. C’est leur guide-fondateur, Hassan al-Banna, qui le préconise dans son « Épître du jihad ». C’est aussi l’une des recommandations claires d’un essai intitulé « De l’islam et des musulmans », paru en 2014 et signé par le petit-fils d’Hassan al-Banna : le célèbre Tariq Ramadan. Celui-ci manquera cette année à l’appel. Toutefois, pour combler le vide réjouissant qu’il laisse, suite à sa détention pour viols présumés, ce dernier peut compter sur ses remplaçants. On annonce depuis plusieurs jours d’autres icônes : Pierre, Christophe, Vincent et Raphaël. Ces deux derniers m’excuseront, ils ne seront pas les «héros» de mon présent article.

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1- Pierre Conesa doit savoir qu’un jihadisme peut en cacher un autre.

La première icône, toujours annoncée sur le site de l’UOIF[1] comme invitée de marque à ce 35ème rassemblement annuel des Frères musulmans, est Pierre Conesa. Elle partagera la tribune avec l’islamiste Nabil Ennasri et d’autres. « Moyen Orient, le grand décryptage » est le titre du thème de son intervention. Bien que sa présence puisse interroger, alors même que le contexte national — suite à l’attentat de Trèbes et l’assassinat crapuleux et antisémite de Mireille Knoll — devrait lui conseiller au moins une prudence pragmatique, ce que l’on sait déjà de son profil en rappelle curieusement bien d’autres : celui du politiste François Burgat, que connait Vincent et Raphaël (et son élève Nabil Ennasri), et à qui j’ai déjà consacré un décryptage étayé, le 31 décembre 2017, intitulé: «les jalons de François Burgat sur la route des Frères»[2]. Je vous le recommande vivement : vous y trouverez d’autres clefs de compréhension du réseau islamiste national et international.

En effet, depuis la mise au ban du Qatar par ses voisins[3], le 5 juin 2017, lui reprochant de financer le terrorisme et de soutenir les Frères musulmans, Pierre Conesa multiplie les prises de parole médiatique pour relativiser tout rôle du Qatar, alors que les faits sont têtus. Il met toute la faute sur l’Arabie Saoudite bien que cette monarchie semble s’engager sur la voie d’une réforme plus que souhaitable. Ici, Pierre Conesa affirme: «L’Arabie saoudite mène un projet planétaire d’expansion du totalitarisme religieux wahhabite»[4]. Là, il explique que: «L’Arabie Saoudite est le véritable perturbateur régional»[5]. Ailleurs, il explique: «Le terrorisme qui nous frappe nous, en tout cas Européens, ne fait aucun doute: c’est du terrorisme salafiste jihadiste. C’est-à-dire, c’est une branche du sunnisme qui se raccroche au wahhabisme, à l’idéologie religieuse qui est celle de l’Arabie saoudite.»[6] Pierre Conesa a même signé un essai à charge contre les saoudiens, intitulé: «Dr. Saoud et Mr. Djihad»[7], paru le 8 septembre 2016. Un «expert» de sa taille ne doit pas omettre des vérités bien factuelles, établies hier comme aujourd’hui.

fabrication de l'ennemi.pngIl ne devrait pas ignorer, par exemple, le fait que la fatwa justifiant et légitimant le jihad en Afghanistan, contre les soviets, était le fruit de l’idéologie jihadiste des Frères musulmans, et en particulier d’un frère musulman palestinien, Abdallah Azzam de son nom. En effet, au milieu des années 80, lors de son pèlerinage à la Mecque, le surnommé «imam du jihad», le frère musulman Abdallah Azzam (1941-1989), avait rédigé une fatwa appelant au jihad armé en Afghanistan, contre les soviets. Il l’avait proposée «bon pour validation» aux «dignitaires» fréristes et wahhabites, très présents au royaume saoudien à cette époque. Ceux-là n’en ont exprimé aucune objection, bien au contraire. Tous l’ont signée. Gilles Kepel en fait état dans: «Al-Qaïda dans le texte» (PUF-2008). Des revues islamistes, telle que la revue qatarienne Al-Oumma (مجلة الأمة), diffusée dans le monde arabe, jusqu’au Maroc, en ont amplifié le message violent. S’ensuit ensuite une vague de départs massifs d’une jeunesse islamiste endoctrinée — les fameux «moudjahidines arabes» — vers les montagnes afghanes. Leurs frais de départs furent pris en charge par les levées de fond d’un certain Oussama ben Laden, l’élève du frère musulman Abdallah Azzam. Quand ces «moudjahidines» se sont retournés chez eux, on a vu ce qu’ils étaient (et sont) capables de faire en Algérie, surtout lors de la « décennie noire », entre autres. Depuis, l’Afghanistan est devenue ce qu’elle est. Al-Qaïda est née. Pierre Conesa, au nom de son « expertise », devrait tenir compte de cette vérité historique !

Plus proche de notre époque, une autre vérité historique semble étrangement échapper à Pierre Conesa. Le 13 juin 2013, une centaine d’autoproclamés «savants musulmans», tous frérosalafistes sans exception, issus de l’internationale islamiste, se sont rassemblés autour du nonagénaire qataro-égyptien Youssef al-Qaradawi, dans un hôtel de luxe au Caire — le président égyptien s’appelait Mohamed Morsi ! — pour soutenir leurs Frères musulmans syriens, contre le régime de Bachar al-Assad. Ils ont appelé officiellement, publiquement, expressément, dans une fatwa, les «sunnites» du monde entier à partir faire le jihad armé en Syrie, au nom d’Allah, prenant le risque d’entrainer ce pays, et toute une région, dans un conflit confessionnel, entre «sunnites» et «chiites», entre «musulmans» et «chrétiens» et de créer, directement ou indirectement, le terreau fertile qui a permis, un an plus tard, à un certain Abou Bakr al-Baghdadi, de proclamer son califat: le 29 juin 2014. L’organisation Daesh est née après une année de la fatwa jihadiste des Frères musulmans. De l’aveu même de Youssef al-Qaradawi dans une vidéo virale sur Youtube, en arabe, Abou Bakr al-Baghdadi était lui aussi … Frère musulman. Pierre Conesa, cet ancien haut fonctionnaire du Ministère de la Défense, devrait aussi tenir compte de cette vérité historique !

Tous les experts objectifs, au Mashreq comme au Maghreb, pointent dans la fatwa frérosalafiste de juin 2013, en particulier, la responsabilité évidente et directe des Frères musulmans et, plus qu’accessoirement, celle du Qatar. Bien sûr que l’Arabie Saoudite est autant responsable que le Qatar. Bien sûr que l’Arabie Saoudite (soutenu au début par le Qatar et les Frères musulmans) porte une lourde responsabilité dans l’attaque qu’elle conduit depuis quelques années contre le Yémen, par exemple. Cela ne fait aucun doute. Toutefois, l’on ne pourrait que se demander pourquoi Pierre Conesa relativise la dangerosité de l’islamisme des Frères musulmans, et en même temps, fustige, curieusement, le wahhabisme de l’Arabie Saoudite ? Alors que l’Arabie Saoudite semble vouloir faire des efforts contrairement au «Vilain petit Qatar» qui s’enfonce dans le déni, dans l’immaturité: l’adolescence gâtée dans toute sa splendeur. Comme si les Frères musulmans n’étaient pas la faction salafiste la plus dangereuse, la plus criminelle des temps modernes. S’il ne le sait pas, ce que je ne puisse imaginer, je l’invite à lire mon article du 13 décembre 2016: «Le drame syrien: la liste des signataires de la terreur»[8]. Il constatera qu’on n’y trouve que des frérosalafistes, que des salafistes-Frères, si on veut. Un «expert» de la lutte contre la radicalisation islamiste devrait-il faire fi à tous ces éléments factuels et incontestables ?

2- Conesa et le Qatar: le « cadeau » qui altère l’objectivité.

Cependant, l’objectivité voudrait que l’on soit factuel. A moins que cette objectivité ne soit, elle-même, altérée par une proximité dangereuse entre Pierre Conesa et le … Qatar. On ne peut que s’interroger sur le sens de la traduction en arabe, en 2015, de l’essai de Pierre Conesa «La fabrication de l’ennemi, ou comment tuer avec sa conscience pour soi»[9], paru en France en 2011. En effet, cet essai a été traduit en arabe, en 2015, sous le titre (صنع العدو أو كيف تقتل بضمير مرتاح)[10]-[11], par le centre: «The Arab Center for Research & Policy Studies», que finance personnellement l’émir Tamîm du Qatar[12] et que dirige un certain Azmi Bishara, ex-membre du Knesset israélien, devenu, depuis son installation très confortable à Doha, un très puissant conseiller de l’émir du Qatar[13]. Par ailleurs, souvenons-nous, qu’en 2015, le Qatar avait aussi traduit l’essai d’Edwy Plenel: «Pour les musulmans»[14]. Simple coïncidence ? Peu importe. Cette traduction a réjouit bien des sites islamistes,à l’image du site Islam Online[15] et le site de la chaîne qatarie Al-Jazeera[16], pour ne citer que ces deux-là. L’essai d’Edwy Plenel, traduit par un Frère musulman grenoblois, comme le précise une note du renseignement français, évoquée dans l’enquête de Vanity Fair (n°54-Février 2018), avait lui aussi été repris par des sites islamistes. Ainsi, si les Frères musulmans en France invitent Pierre Conesa à leur rassemblement, c’est peut-être au nom de sa proximité avec le Qatar !

Aussi, il se pourrait que les Frères musulmans aient invité Pierre Conesa en raison de ses autres écrits qui paraissent, par ailleurs, très en phase avec leurs éléments de langage. Pour s’en rendre compte, je recommande vivement la lecture de la conclusion du rapport: «Quelle politique de contre-radicalisation en France ?», remis par Pierre Conesa à la « Fondation d’aide aux victimes du terrorisme », en décembre 2014. Le site de «La revue géopolitique» a rendu public cette conclusion, le 9 janvier 2015, deux jours après l’attentat de Charlie Hebdo[17]. Là aussi, il met en perspective la responsabilité des wahhabites et semble épargner les responsabilités du Qatar. Il dénonce les actes des jihadistes wahhabites et passe sous silence le jihadisme des Frères musulmans.

3- Conesa, un autre «blanchisseur» des Frères musulmans ?

Pis, Pierre Conesa considère «maladroit de parler de «Mouvance radicale islamiste» car, selon lui, le terme «islamiste», trop vague et trop connoté par rapport à l’Islam, est rejeté par certaines organisations »[18]. Mais lesquelles ? Les Frères musulmans ? Il lui préfère l’expression «Mouvance radicale salafiste»[19], voire l’expression «salafisme jihadiste»[20]. On l’a bien compris, pas question, pour lui, d’assimiler les Frères musulmans aux salafistes wahhabites. Au contraire, tout en considérant les termes «islamisme» et «laïcité» comme «des termes guerriers qui opposent monde occidental et monde arabo-musulman»[21], il va dans le sens des islamistes en disant: «le terme de Laïcité renvoie pour beaucoup de Musulmans aux heures sombres des répressions antireligieuses d’Atatürk abolissant le Califat, de Nasser emprisonnant les Frères musulmans, de Hafez el Assad les massacrant en Syrie ou de Saddam Hussein.»[22] Ou comment la propagande victimaire des islamistes se voit validée par un «expert» de la «déradicalisation» et comment la « laïcité » est assimilée, malgré une ou deux précautions, à un terme guerrier.

L’on peut regretter ses oublis. Au lieu de prendre pour argent comptant le discours victimaire des islamistes, il devrait faire l’inventaire des crimes et attentats terroristes commis, hier, par des Frères musulmans, en Égypte comme en Syrie, bien avant que les deux régimes syrien et égyptien, ne décident de riposter avec la manière dure pour assurer la sécurité de leurs populations respectives. Il ne devrait pas ne pas savoir ce que le Tanzim secret paramilitaire (التنظيم الخاص) des Frères musulmans avait commis comme crimes et attentats en Égypte, à l’époque d’Hassan al-Banna et puis à l’époque de Sayyid Qutb. Ces crimes et ces attentats se poursuivent, hélas, aujourd’hui, avec les mêmes modes opératoires, en Syrie mais aussi en Égypte. L’Égypte, après s’être débarrassé des Frères musulmans en 2013, pleure, depuis quelques mois, de nombreux assassinats de militaires, de policiers et de magistrats, commis par des jeunes Frères musulmans. Ces récents attentats ont convaincu, il y a quelques semaines, le Royaume-Uni et les États-Unis*** de mettre sur leurs listes des organisations terroristes deux groupes fréristes égyptiens: le groupe « Hasm » (حسم) et le « Liwa Al-Sawra » (لواء الثورة). Un « expert » dans la lutte contre « radicalisation » islamiste ne doit pas ignorer de tels données. Peut-être, dans son « décryptage » du Moyen-Orient annoncé ce week-end au milieu des islamistes, Pierre Conesa va tenir, enfin, un discours de vérité et dévoiler le nombre de Frères musulmans qui ont rejoint les terroristes de Sinaï depuis la chute de Morsi …

On l’a très bien compris, tout comme François Burgat, Pierre Conesa relativise l’islamisme des Frères musulmans et minimise ses dangers. Pour lui, le mot « islamisme » serait un « un mot générique qui a recouvert plusieurs sens et conceptions politiques qui vont depuis la révolution iranienne, jusqu’à la démocratie turque d’Erdogan »[23]. Et quelle démocratie, me diriez-vous ! Le despote frérosalafiste Erdogan applaudira des deux mains. Certainement pas les kurdes d’Afrin. Certainement pas les journalistes, les enseignants, les juges, les policiers, emprisonnés depuis le soi-disant « putsch raté ». Quand on sait que Pierre Conesa propose désormais son « expertise » à des organismes luttant contre la radicalisation islamiste, l’on ne peut qu’être (très) dubitatif pour ne pas dire un poil révolté.

4- Christophe Oberlin, l’ami du Hamas.

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Quant à la deuxième icône (annoncée) qui partagera la même tribune avec Pierre Conesa, et reviendra le lendemain pour présenter son essai « Les chrétiens de l’Orient », elle s’appelle Christophe Oberlin. Celui qui se rend à Gaza tous les ans, et qui a cosigné, en février 2009, le récit «Survivre à Gaza», raconté par son ami, le palestinien Mohamed al-Rantissi, le frère d’Abdelaziz al-Rantissi, le cofondateur du mouvement politico-jihadiste le Hamas, la branche des Frères musulmans dans les territoires palestiniens, classée «organisation terroriste» par l’Union Européenne[24]: depuis sa création, le Hamas a conduit des attentats, y compris suicides, contre des civils israéliens tout en bloquant toute solution de paix durable par des procédés ultra-violent et des attaques aux couteaux. L’on se rappelle que suite à l’assassinat du leader frériste Ahmed Yassine par l’armée israélienne[25], le 22 mars 2004, Abdelaziz al-Rantissi — le frère de Mohamed al-Rantissi que fréquent Christophe Oberlin — a été désigné à la tête de la direction locale du Hamas à Gaza. Il n’est resté à son poste de commande que quelques semaines, jusqu’à son assassinat[26] à son tour, la nuit du 17 avril 2004. Un raid de l’armée israélienne avait ciblé sa voiture.

Les frères Rantissi.png

Par ailleurs, en plus de cette proximité avec le médecin frérosalafiste al-Rantissi — qui a obtenu en 2016 un diplôme de la faculté de la Charia à Gaza[27] — le chirurgien français Christophe Oberlin ne cache pas ses liens très «amicaux avec des hauts responsables du Hamas»[28], comme avec les «ministres» islamistes Bassim Naïm[29], chargé de la santé, et Mahmoud al-Zahar[30], chargé des affaires étrangères. Dans une interview accordée au site Oumma.com, le 15 juillet 2013, suite à la destitution de la présidence de l’Égypte du frère musulman Mohamed Morsi, c’était bien le français Christophe Oberlin, en personne, qui a pris le soin d’expliquer au lectorat francophone de ce site, ce que pense le mouvement jihadiste le Hamas de la destitution de leur Frère égyptien. Tel un porte-parole du mouvement, certainement à titre bénévole, il a même tenu à donner le point de vue du Hamas concernant le conflit syrien. Il a dit : « je tiens à profiter de cette interview sur Oumma — disait-il — pour rétablir la vérité à ce sujet et battre en brèche toutes les allégations mensongères: le Hamas se veut totalement neutre dans le conflit syrien, et affirme ne prendre parti pour personne. »[31] On ne sait plus ni où s’arrête l’humanitaire, ni où commence l’engagement militant, en soutien au mouvement islamiste le Hamas.

Son engagement politique, notamment au sein du mouvement islamistogauchiste BDS, va encore plus loin, toujours à l’ombre des Frères musulmans. En effet, le 30 mars 2016, Christophe Oberlin avait animé une conférence intitulée «Le chemin de la Cour: les dirigeants israéliens devant la Cour pénale internationale»[32]. C’est la branche étudiante lyonnaise des Frères musulmans à l’université française, l’association EMF (Étudiants Musulmans de France), qui l’avait invité à discourir. L’association EMF — que je connais de l’intérieur: j’ai dirigé l’une de ses grandes sections en Métropole, la section lilloise quand j’étais étudiant — avait pris ses précautions, pour préserver son image. Elle n’avait pas réservé un amphithéâtre à la fac à cette occasion. Loin des regards, elle a organisé ladite conférence au « 8, rue Notre Dame à Lyon », à la librairie des « Éditions Tawhid » que dirige l’islamiste Yamine Makri (au passage, un polygame, en France (!) selon des sources concordantes): le fidèle disciple protecteur de Tariq Ramadan.

Oberlin-EMF.png

Enfin, …

Il était une fois, quatre petits amis des Frères musulmans, invités au RAMF à Paris-Le Bourget, pour partager plus que des moments sympathiques avec les islamistes Amar Lasfar, Hassan Iquioussen, Ahmed Miktar, Abdellah Dlioueh, Soufiane Meziani, Nabil Ennasri et j’en passe. Mon amie, Céline Pina, avait bien décrit le décor dans son essai «Silence coupable»[33] dont le sous-titre est: « Islamistes: ils ne sont grands que parce que nos élites sont à genoux ». Certainement, cette posture « à genoux » est une autre façon de s’asservir pour se servir au passage. Un tandem gagnant-gagnant qui ne trompe que celui qui s’entête à imaginer l’islamisme tel une action souterraine, un spectre invisible alors que les Frères musulmans agissent à visages découverts, depuis 35 ans, à Paris-Le Bourget, comme cette année lors de la fête de Pâques. Il suffit peut-être d’ouvrir les fenêtres de l’Élysée pour les voir drainer des milliers de jeunes dans leur filet. Il suffit peut-être d’ouvrir ses yeux pour les voir attablés dans l’un des salons de l’Élysée. Ils étaient là quand le président avait critiqué la soi-disant « radicalisation de la laïcité ». J’entends leurs rires au fond de la salle. Ce qui reste invisible, pour l’instant, c’est l’action ferme de l’Exécutif pour vaincre le totalitarisme islamiste. Rendez-vous, dans un an, au 36ème rassemblement des Frères musulmans à Paris-Le Bourget. Je vous raconterai un autre épisode de l’histoire « Il était une fois, quatre petits amis des Frères musulmans » …

Notes :

*** Lire ici l’article « États-Unis: Hasm et Liwa Al-Sawra sur sa liste terroriste » : http://hebdo.ahram.org.eg/…/EtatsUnis–Hasm-et-Liwa-AlSawra…
[1] https://www.ramf-uoif.fr/
[2] http://mohamedlouizi.eu/…/les-jalons-de-fr…/comment-page-1/
[3] https://www.facebook.com/mohamed.louizi/posts/10213481387054016
[4] https://www.lopinion.fr/…/pierre-conesa-l-arabie-saoudite-m…
[5] https://fr.sputniknews.com/…/201711101033829498-arabie-sao…/
[6] http://www.rfi.fr/…/20170523-pierre-conesa-terrorisme-finan…
[7] https://www.amazon.fr/Dr-Saoud-Djihad-Pierre-C…/…/2221195647
[8] https://www.facebook.com/mohamed.louizi/posts/10211772677497345
[9] https://www.amazon.fr/Fabrication-lennemi-Pier…/…/2221126785
[10] https://bookstore.dohainstitute.org/p-662.aspx
[11] A télécharger en arabe ici : https://www.books4arab.com/2016/02/pdf_799.html
[12] https://www.dohainstitute.edu.qa/…/hh-the-emir-officially-i…
[13] http://www.jeuneafrique.com/…/azmi-bishara-au-coeur-de-la-…/
[14] https://blogs.mediapart.fr/…/bl…/110615/mediapart-la-qatarie
[15] https://islamonline.net/13005
[16] http://midan.aljazeera.net/intellect/sociology/2017/1/17/ الطريق-للحرب-في-صنع-العدو-وتفكيكه
[17] https://www.diploweb.com/Contre-radicalisation-que-faire.ht…
[18] Ibid.
[19] Ibid.
[20] Ibid.
[21] https://www.diploweb.com/Contre-radicalisation-que-faire.ht…
[22] Ibid.
[23] Ibid.
[24] http://www.france24.com/…/20170726-justice-europeenne-hamas…
[25] http://www.liberation.fr/…/rantissi-l-enfant-de-gaza-eleve-…
[26] http://www1.rfi.fr/actufr/articles/052/article_27506.asp
[27] https://www.youtube.com/watch?v=s9LFZQOzFDc
[28] https://oumma.com/christophe-oberlin-de-retour-de-gaza-le-…/
[29] https://arretsurinfo.ch/la-maison-de-mon-ami-bassem-naim-a…/
[30] http://memri.fr/…/lofficiel-du-hamas-mahmoud-al-zahar-nous…/
[31] https://oumma.com/christophe-oberlin-de-retour-de-gaza-le-…/
[32] http://abdelmalik.vefblog.net/172.html
[33] https://www.amazon.fr/Silence-coupable-C%C3%A9…/…/2366581963


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