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Mis en examen pour diffamation : Mon combat contre l’islamisme continue

20 11 2015
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(Temps de lecture estimé à : moins de 10 minutes)

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Ce matin, à onze heures, au TGI de Nanterre, j’étais convoqué par une Juge d’Instruction, à son bureau, pour une première comparution, accompagné de mon premier avocat Maître Richard Malka, suite à la plainte déposée contre moi, avec constitution de partie civile, par le « frère musulman » Amar Lasfar : président de l’Association Averroès – qui gère le Collège-Lycée Averroès – et président national de l’UOIF, la branche française des Frères Musulmans.

Dans le texte de la convocation que j’avais reçu, il y a quelques semaines, Madame la Juge d’Instruction m’avait déjà annoncé qu’elle « envisage une mise en examen » – avant même qu’elle n’entende ma version ou qu’elle procède à examiner les éléments de preuves matérielles, en ma possession, appuyant le contenu de mes articles. Les faits incriminés sont, je cite : « Diffamation publique envers un particulier par parole, écrit, image ou moyen de communication au public par voie électronique ».

La rencontre a duré moins de cinq minutes, le temps pour Madame la Juge d’Instruction de vérifier ma pièce d’identité, me rappeler mes droits et me poser trois ou quatre questions comme l’exige la procédure habituelle. Elle devait s’assurer que j’étais effectivement le propriétaire de mes deux blogs ; que je suis l’auteur des six articles incriminés (lire ici) et que « je sais lire et écrire le français ». La Juge souriait en me posant cette question. Je n’avais qu’une réponse dans ma bouche : Oui !

Aucune question sur le fond ne m’a été posée. Elle m’a expliqué, en marge, que particulièrement dans ce genre de plaintes, liées au Droit de la Presse, la procédure du Juge d’Instruction se limite uniquement à vérifier la recevabilité, ou pas, de la plainte visant des propos supposés diffamatoires. Aucune instruction « à charge » et « à décharge » n’est possible, à ce stade, et c’est aux Juges du Tribunal Correctionnel d’examiner ultérieurement le fond de l’affaire lors du procès. L’offre de preuve ne surviendrait que dans quelques mois selon mon avocat. A la fin, elle m’a signifié ma « mise en examen pour diffamation », tout en précisant que cela ne préjuge aucunement du fond. Une mise en examen n’est certainement pas une condamnation, faut-il encore le préciser.

Certains « frères » de l’UOIF seraient tentés d’instrumentaliser cette « mise en examen » à leur fin, en faisant croire aux gens, aux parents d’élèves et aux fidèles des mosquées, sous leur contrôle idéologique, qu’elle équivaudrait « condamnation ». Ce qui est totalement faux. La mise en examen, aujourd’hui, de Mohamed Louizi ne vaudrait ni plus ni moins que « la mise en examen » des MM. Edwy Plenel – très apprécié par les Frères Musulmans de France et du Qatar – et de Laurent Mauduit (ici), en 2008, suite à une plainte pour diffamation déposée, contre Mediapart, par la banque Caisse d’Epargne.

Ma mise en examen ne vaudrait, ni plus ni moins, que celle de Monsieur Xavier Bertrand, candidat du parti LR aux prochaines élections régionales dans le Nord-Pas-de-Calais-Picardie – pour qui voteraient, naturellement, les Frères musulmans de la métropole lilloise, comme signe de gratitude pour services rendus par des membres de la section locale des LR, dont l’un d’eux est aussi celui qui a permis la création de ce lycée islamiste et est devenu son conseiller pédagogique rémunéré. En effet, en 2011, Mediapart avait porté plainte pour diffamation publique, contre Monsieur Xavier Bertrand, lorsque ce dernier avait qualifié de « méthodes fascistes », les investigations menées par le site, pour informer, au sujet de l’Affaire Bettencourt (ici).

Encore faudrait-il rajouter que ma « mise en examen » ne vaudrait, ni plus ni moins, qu’une récente « mise en examen » de Monsieur Edwy Plenel ainsi que de deux autres journalistes, suite à la plainte déposée à leur encontre par Madame Michèle Tabarot et son frère (ici). Pour justifier sa mise en examen, Monsieur Edwy Plenel avait réagi sur son compte Twitter, je cite : « Ces mises en examen sont automatiques pour les plaintes avec partie civile dans les affaires de presse. Elles ne préjugent aucunement du fond ». Je ne pourrais écrire mieux. Je retweete donc le message du co-fondateur de Mediapart, sans aucune réserve.

Par ailleurs, la plainte du « frère » Amar Lasfar a ciblé quatorze passages, extraits de mes six articles, publiés entre le 10 février et le 5 avril 2015. Après cette mise en examen, et encore plus qu’avant, au vu de la dramatique situation de la France, je confirme tout ce que j’ai dit. Je l’assume et je ne souhaite que ce soit ouvert, au plus tôt, le procès de l’islamisme, et plus particulièrement des Frères Musulmans en France : celui de l’UOIF.

En attendant, et au grand dam du « frère » Amar Lasfar et de ses « frères et sœurs », je confirme ceci :

1- Je fais totalement confiance en la Justice Française pour dire la loi ;

2- L’UOIF est la branche française des Frères Musulmans et le porte-parole de son idéologie islamiste ;

3- L’UOIF s’inscrit activement dans la stratégie islamiste globale dite Tamkine, que mènent les Frères Musulmans dans le monde entier ;

4- L’UOIF instrumentalise l’enseignement privé, dit musulman, et l’enfance pour préparer ses élites et leaders islamistes de demain. L’objet est de faire de l’entrisme dans les différentes sphères de l’Etat pour faciliter l’influence et la domination rêvée, au nom d’Allah.

5- L’UOIF bénéficie de l’argent du contribuable français et de l’autre argent rapatrié du Golfe, particulièrement du Qatar (La Qatar Charity), pour avancer, étape par étape, dans sa stratégie globale ;

6- J’assume totalement, et sans aucune réserve, les quatorze passages incriminés par le « frère » Amar Lasfar dans sa plainte. Mon livre : Pourquoi j’ai quitté les Frères Musulmans en expliquera toutes les raisons et révélera de nombreuses informations inédites ainsi que d’autres faits incroyables, se passant réellement dans l’arrière-boutique de cette structure idéologique, salafiste, jihadiste et sectaire.

Pourquoi_jai_quitte_les_Freres_Musulmans.png Amar LASFAR dans Associations

Sera éclairé aussi, sur la base de documents internes officiels, la dimension salafiste et jihadiste du discours idéologique de l’UOIF, qu’il ne cesse de transmettre insidieusement et subtilement à la jeunesse française. Ici, je me permets d’en citer quelques passages traduits des « Epîtres » d’Hassan Al-Banna. Ces mêmes Epîtres utilisées par le « frère » Makhlouf Mamèche, le président de la FNEM et le directeur du Collège Averroès, pour promouvoir la pensée du guide-fondateur de la mouvance (lire ici). Dans ces Epîtres, au sujet du Jihad armé, Hassan Al-Banna dit :

« Allah a prescrit le Jihad à tout musulman de manière ferme, indispensable, inéluctable et inévitable. Il en a appelé de Ses vœux vigoureusement. Il a promis une récompense exubérante aux moudjahidins et aux martyrs.

Ne peuvent atteindre cette même récompense que ceux qui œuvrent comme eux et qui les prennent comme exemples à suivre dans leur Jihad. Il leur a octroyé, ce qu’Il n’a jamais octroyé à quiconque, à savoir de nombreux avantages spirituels et matériels, dans la vie d’ici-bas et dans l’au-delà. Il a fait de leurs sangs immaculés et odorants la caution de la victoire dans ce bas-monde et le titre du succès dans l’autre monde.

Il a promis à ceux qui restent à l’arrière les pires châtiments, en leur attribuant les pires qualificatifs, et en les réprouvant pour leur lâcheté et désertion. Il a blâmé leur faiblesse et leur abandon. Dans l’ici-bas, ils vivront dans l’ignominie et le déshonneur que seul l’engagement sur la voie du Jihad peut empêcher. Dans l’au-delà, Il leur a préparé un châtiment qu’ils ne peuvent éviter même en donnant comme offrande l’équivalent en or du Mont d’Uhud. Il a considéré la fuite du combat et la désertion comme l’un des sept péchés capitaux. »

Pour étayer et argumenter son propos, Hassan Al-Banna a choisi 8 passages coraniques, 31 attribués au Prophète et a résumé les avis consensuels des 5 principales écoles juridiques sunnites concernant le Jihad armé.

Parmi ces passages violents, écris par Hassan Al-Banna et transmis dans les cercles internes des « frères » de l’UOIF, qui ont une signification très particulière au vu de la triste actualité française, l’on trouve :

1- Le Coran dit : « Combattez ceux qui ne croient ni en Allah ni au Jour dernier, qui n’interdisent pas ce qu’Allah et Son messager ont interdit et qui ne professent pas la religion de la vérité, parmi ceux qui ont reçu le Livre, jusqu’à ce qu’ils versent la capitation par leurs propres mains, après s’être humiliés » !

2-  Abdelkhayr ben Thabet raconte : « Une femme qui s’appelait Oum Khallâd est allée voir le Prophète,  le visage couvert par un niqab, pour se renseigner au sujet de son fils tué dans le sentier du Jihad pour la cause d’Allah. Certains compagnons du Prophète ont dit : « Tu poses des questions sur ton fils alors que tu as le visage couvert ? » Elle a répondu : « Si je suis affligé par la perte de mon fils, je ne souffrirai jamais de la perte de ma pudeur ». Le Messager d’Allah lui a dit : « Ton fils a la récompense de deux martyrs ». Et la femme de l’interroger : « Et pourquoi ça ?» Il a dit : « Parce qu’il a été tué par les Gens du Livre ».  [Hadith rapporté par Abou Daoud, n° 2488]. Ce hadith – explique Hassan Al-Banna : « est une preuve de l’obligation de combattre les Gens du Livre [juifs et chrétiens]. Allah multiplie la récompense de celui qui les combat. Ainsi, le Jihad ne vise pas uniquement les polythéistes mais tous ceux qui ne sont pas musulmans ».

3-  Al-Miqdam ben Ma’ad Yakrib raconte que le Prophète a dit: « Le martyr a six faveurs: Il sera pardonné dès la première goutte qui s’écoulera de son sang ; Il verra sa place dans le Paradis au moment de sa mort et n’endurera pas les supplices de la tombe ; Il sera épargné du Grand Horreur le jour du Jugement. Une couronne de magnificence contenant beaucoup de diamants très luisants sera placée sur sa tête. Chacun diamant est plus précieux que la vie d’ici-bas et tout ce qu’elle contient. Il aura soixante-douze houris. Et, il lui sera permis d’intercéder auprès d’Allah pour sauver de l’Enfer soixante-dix membres de sa famille». [Hadith rapporté par At-Tirmidhi].

4- Abou Hourayra rapporte que le Prophète a dit : « Quiconque meurt sans avoir combattu et sans en avoir jamais eu le désir, meurt sur une branche d’hypocrisie ». [Hadith authentique rapporté par Muslim]. Hassan Al-Banna rajoute : « Ainsi, cher frère, vous pouvez vous référer à d’autres hadiths similaires, à ceux préférant et encourageant le Jihad maritime au Jihad terrestre, et à ceux appelant à mener la conquête et l’invasion des territoires des Gens du Livre (juifs et chrétiens)… ».

68Bis.png diffamation dans Politique

5- L’auteur du livre Majama’a al-anhour fi shrhi moultaqa al-abhour (مجمع الأنهر في شرح ملتقى الأبحر), en affirmant le statut du Jihad au sein de l’Ecole Hanafite, a dit :

« En langue arabe, le terme Jihad veut dire fournir le maximum d’effort, par la parole et par l’acte.

Au sens de la Sharia islamique, le Jihad veut dire : Tuer les mécréants ainsi que les frapper, voler leurs biens, démolir leurs temples et détruire leurs statues. Le but étant de s’efforcer à consolider la religion, par le fait de combattre et les guerriers, et les dhimmis qui auraient trahi le pacte, et les agresseurs ainsi que les apostats, qui sont plus insidieux que les mécréants, car ils ont renié la religion après l’avoir embrassé.

Il nous est ordonné, collectivement, d’être les premiers à engager le combat contre eux, après la transmission de notre message, même lorsqu’ils ne nous agressent pas.

L’imam (le calife) a le devoir d’envoyer une expédition à la Demeure de la guerre (Dar al-Harb) une ou deux fois par an. Ses sujets doivent l’aider dans cette mission. Cette ordonnance collective (فرض كفاية) est considérée accomplie, si elle est exécutée par quelques membres de la communauté. Si elle ne l’est pas, il incombe au plus proche de le faire. Si elle ne peut être satisfaite que par l’engagement de toute la communauté, elle devient une obligation individuelle (فرض عين) comme la prière. Car Allah dit : « Tuez les polythéistes ! » et son Prophète a dit : « Le Jihad demeure une prescription d’Allah jusqu’au Jour de Résurrection ». Si toute la communauté le délaisse, tout le monde aura commis un péché […] ».

Il dit ensuite : « Si l’ennemi s’empare d’un pays musulman ou d’une zone d’un territoire musulman, le Jihad devient une obligation individuelle. Tout le monde devra donc répondre à son appel. Ainsi, la femme doit s’y engager sans l’autorisation de son mari. L’esclave sans celle de son maître. L’enfant sans celle de ses parents et l’endetté sans l’autorisation de son créancier » !

La traduction intégrale de L’Épitre du Jihad (رسالة الجهاد), d’Hassan Al-Banna, fera parti de mon essai autobiographique, à paraître le 7 janvier 2016. Enfin, être « mis en examen » pour avoir consciencieusement éclairé quelques zones obscures de l’idéologie et du projet islamiste en France, ne peut être qu’un honneur pour ma petite personne. L’Humanité, la République et la Jeunesse, musulmane en particulier, méritent tous les sacrifices. Le mien ne représente rien face à ce qu’endurent les familles endeuillées. L’islamisme a de sombres jours devant lui. Que son procès commence au plus tôt !

Pour l’anecdote, j’ai quitté le Maroc le 19/11/1999, j’étais islamiste, frère musulman. Seize ans plus tard, jour pour jour, le 19/11/2015, je suis mis en examen pour avoir « commis » six articles, critiquant l’islamisme et les Frères Musulmans. La déradicalisation et l’auto-déradicalisation pacifiques sont possibles. Mais, à quel prix !


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